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Des chèques-repas «détournés aux dépens de l'Horeca»
Luxembourg 2 min. 14.05.2021

Des chèques-repas «détournés aux dépens de l'Horeca»

Selon l'asbl Don't forget us, ce sont pas moins de 50 millions d'euros annuels issus des chèques-repas qui n'arriveraient pas dans les caisses de l'Horeca en raison du non-respect de la loi.

Des chèques-repas «détournés aux dépens de l'Horeca»

Selon l'asbl Don't forget us, ce sont pas moins de 50 millions d'euros annuels issus des chèques-repas qui n'arriveraient pas dans les caisses de l'Horeca en raison du non-respect de la loi.
Photo: Anouk Antony
Luxembourg 2 min. 14.05.2021

Des chèques-repas «détournés aux dépens de l'Horeca»

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
Pour l'asbl Don't forget us, regroupant une centaine d'établissements du secteur, la sortie de crise devra s'accompagner de nombreux changements pour relever une branche d'activité particulièrement touchée. En ligne de mire, la législation sur les tickets-restaurant, mais aussi la fédération Horesca.

Si le flou reste de mise quant à l'application des nouvelles mesures sanitaires qui entreront en application ce dimanche, une partie des acteurs de l'Horeca anticipe déjà la situation post-covid. Et pour l'asbl Don't forget us, le futur se devra d'être différent. Non seulement pour réparer «le secteur qui a connu plus de 420 jours de restrictions dont 243 de fermeture administrative», mais aussi et surtout pour bénéficier d'«un meilleur équilibre des forces».


Le flou reste de mise pour les restaurateurs
Alors que la nouvelle version de la loi covid doit entrer en vigueur ce dimanche, les nouvelles dispositions prévues se trouvent toujours au cœur de nombreuses interrogations dans le secteur Horeca. En cause, la possibilité pour les clients de passer un test rapide.

Un vaste chantier qui débutera notamment par «une modernisation et une application de la loi sur les chèques-repas», assure vendredi Me Frank Rollinger, avocat de l'asbl. Datée de 1986 et précisée par une circulaire des Contributions directes de 1993, la loi prévoit en effet que le dispositif, mis à disposition des salariés qui ne disposent pas d'une cantine d'entreprise, serve à «prendre au cours d'une journée de travail tout ou partie d'un repas principal auprès d'un restaurateur». 

Une définition qui serait bien loin des usages actuels, puisque «les données des opérateurs indiquent que 60% des chèques-repas en circulation au Luxembourg sont détournés aux dépens de l'Horeca et servent à acheter autre chose qu'un repas principal», assure l'avocat de l'asbl en référence aux paiements de biens non alimentaires dans les supermarchés ou les stations-service notamment. Un manque à gagner pour les restaurateurs et cafetiers du pays qui s'élèverait à «une fourchette basse de 50 millions d'euros par an», selon les calculs de Me Rollinger.


Chèque-repas - Photo : Pierre Matgé
Les chèques-repas, un outil de la relance?
Alors que près d'un salarié sur cinq bénéficie de ces chèques-restaurant, la Fondation Idea propose de les repenser. Avec un objectif : aider les restaurateurs du pays, à la peine depuis le début de la pandémie.

Pour tenter de faire bouger les lignes, ce dernier a donc envoyé, ce vendredi, une lettre adressée à Pierre Gramegna (DP), ministre des Finances, et dont Lex Delles (DP), ministre des Classes moyennes, et Sam Tanson (Déi Gréng), ministre de la Justice ont été mis en copie. Objectif: amener le gouvernement «à prendre position et soutenir le secteur sans que cela ne coûte le moindre centime à l'Etat puisqu'il n'a qu'à faire appliquer la loi». Et donc veiller à ce que les 130 millions de chèques-repas émis chaque année au Luxembourg atterrissent «là où ils doivent arriver», selon le représentant de Don't forget us.

L'autre chantier mené par l'asbl tient dans sa remise en question de la fédération Horesca, jugée «pas représentative de la diversité du secteur Horeca». Dans le viseur, la «surreprésentation» des acteurs du secteur hôtelier dans les instances dirigeantes au détriment des cafetiers et restaurateurs, et la tenue d'assemblées générales et d'une assemblée générale extraordinaire qui n'auraient pas été organisées dans les règles de l'art. Interrogé sur ce point, François Koepp, secrétaire général de l'Horesca, réfute «tout problème» et indique que «seuls ceux qui ont payé leur cotisation sont membres de la fédération», en précisant bien que «beaucoup n'ont pas payé l'an passé».

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Avec un salarié sur cinq bénéficiant de cet avantage en nature, les chèques-repas représentent une manne financière estimée à quelque 140 millions d'euros. Une somme globale sur laquelle lorgnent les acteurs du secteur Horeca, fortement impactés par les effets de la pandémie.
Si l'annonce de la réouverture de l'ensemble de l'activité du secteur Horeca fait l'unanimité, la mise en oeuvre concrète des nouvelles mesures sanitaires reste encore un point d'interrogation. En cause, l'absence de répartition claire des droits et des devoirs de chacun.
Two waiters serve tables at an Argentine restaurant called Quebracho in Mexico City, on January 11, 2021. - A group of restaurant owners decided to open their businesses despite being banned by the city government in an effort to lower COVID-19 infections. (Photo by ALFREDO ESTRELLA / AFP) (Photo by ALFREDO ESTRELLA/AFP via Getty Images)
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