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Des capteurs citoyens pour appréhender le changement climatique
Luxembourg 3 min. 27.06.2018

Des capteurs citoyens pour appréhender le changement climatique

Pavlos Georgiadis,community manager chez GROW Observatory, a présenté le projet ce mercredi 27 juin, sur les hauteurs de Luxembourg-Ville.

Des capteurs citoyens pour appréhender le changement climatique

Pavlos Georgiadis,community manager chez GROW Observatory, a présenté le projet ce mercredi 27 juin, sur les hauteurs de Luxembourg-Ville.
Photo: Caroline Martin
Luxembourg 3 min. 27.06.2018

Des capteurs citoyens pour appréhender le changement climatique

Apprendre à mieux appréhender le changement climatique en mobilisant les citoyens, c'est le projet que propose l'observatoire GROW. Mis en place au Luxembourg par l'organisation CELL, il propose à chacun de récolter ses propres données grâce à un capteur.

(JV) - «Notre objectif: créer un mouvement massif de "growers", partout dans le monde. Montrer que les citoyens peuvent participer à la création d'un observatoire de la terre». C'est ainsi que Pavlos Georgiadis, community manager chez GROW, un observatoire européen des sols et des cultures, définit la mission de ce projet. 

Karine Paris et Tania Walisch, du CELL.
Karine Paris et Tania Walisch, du CELL.
Photo: Caroline Martin

Avec 18 partenaires au sein de 9 pays, de l'Irlande à l'Autriche, en passant par le Portugal et le Luxembourg, l'observatoire a pour but d'améliorer notre compréhension du changement climatique, mais également notre façon de prévenir certains événements météorologiques extrêmes, pouvant conduire à des sécheresses, des incendies ou des inondations. Et, pourquoi pas, influencer les décisions politiques à venir, pour les inciter à adopter des mesures en faveur du respect des sols. 



Tout le monde peut participer, ou presque

Pour ce faire, GROW compte collecter de grandes quantités de données à propos de la qualité de la terre en Europe, en créant des communautés de "growers": des citoyens européens qui acceptent de participer à la collecte. 

Ainsi, chacun peut désormais contacter l'association afin de recevoir en mains propres un capteur nommé «flower power» qui, une fois fiché dans le sol, collecte toutes les 15 minutes des informations sur le taux d'humidité, la température et l'intensité lumineuse de la terre. 

Une poignée de volontaires a répondu à l'appel du CELL, qui leur a appris à bien utiliser les capteurs.
Une poignée de volontaires a répondu à l'appel du CELL, qui leur a appris à bien utiliser les capteurs.
Photo: Caroline Martin

Ces dernières sont ensuite récoltées par les satellites du «programme européen de surveillance de la Terre» Copernicus, avant d'être envoyées à l'Université de Dundee, en Écosse, où elles sont analysées. 

Cependant, ces données, qui appartiennent au volontaire qui a installé le capteur, demeurent en open-data; autrement dit, elles sont accessibles à tous. Chacun peut d'ailleurs accéder aux informations de son propre capteur grâce à l'application éponyme, «Flower Power». 

La réunion de ce mercredi 27 juin s'est tenue au beau milieu des plantations de TERRA, une coopérative de maraîchers qui participe au projet de GROW.
La réunion de ce mercredi 27 juin s'est tenue au beau milieu des plantations de TERRA, une coopérative de maraîchers qui participe au projet de GROW.
Photo: Caroline Martin

L'installation d'un capteur dans son propre terrain nécessite toutefois une unique condition: posséder un espace homogène d'une superficie d'au moins 30 mètres, espace nécessaire pour ne pas fausser les résultats du capteur.

Impossible, donc, d'en planter un dans un petit jardin ou une cour exiguë. En revanche, les vergers, champs, forêts, prairies et grands jardins sont tout à fait à même d'être scrutés à la loupe par les appareils de GROW. 

 «Connecter les communautés de "growers" à travers toute l'Europe»

Le capteur «Flower Power» nécessite, pour son bon fonctionnement, une trentaine de mètres d'espace «homogène»: pas de routes, de cabanons, de bâtiments...
Le capteur «Flower Power» nécessite, pour son bon fonctionnement, une trentaine de mètres d'espace «homogène»: pas de routes, de cabanons, de bâtiments...
Photo: Caroline Martin

Au Luxembourg, c'est le «Center for Ecological Learning Luxembourg» (CELL) qui s'occupe de la distribution des capteurs. Cette organisation, fondée en 2011, fait partie du «mouvement des villes en transition», qui a pour objectif de faire de nos villes des environnements plus résilients face aux défis climatiques des décennies à venir, mais également face à «un futur post-carbone et post-hydrocarbures», selon Karine Paris, coordinatrice de projets au CELL. C'est donc tout naturellement qu'ils ont adhéré à la mission climat de l'observatoire GROW. 

Pour obtenir un capteur, donc, rien de plus simple: il suffit de contacter le CELL via son site internet. Une rencontre sera ensuite organisée afin de remettre le capteur en mains propres, moyennant une signature de contrat.

Une vingtaine de personnes participent déjà au projet dans le Grand-Duché, où un millier de capteurs attendent d'être distribués. À terme, conclut Pavlos Georgiadis «le but est de connecter les communautés de "growers" à travers toute l'Europe».  

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