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SIDA: baisse de la contamination chez les HSH
Luxembourg 2 min. 30.08.2016 Cet article est archivé
Derniers chiffres au Luxembourg

SIDA: baisse de la contamination chez les HSH

Pour la troisième année consécutive, le Comité de surveillance Sida enregistre une baisse des contaminations au sein de la population homosexuelle et bisexuelle.
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SIDA: baisse de la contamination chez les HSH

Pour la troisième année consécutive, le Comité de surveillance Sida enregistre une baisse des contaminations au sein de la population homosexuelle et bisexuelle.
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SIDA: baisse de la contamination chez les HSH

Virginie ORLANDI
Virginie ORLANDI
Pour la troisième année consécutive, le comité de surveillance Sida enregistre une baisse des contaminations au sein de la population homosexuelle et bisexuelle. Henri Goedertz, président de Stop Aids Now/Acces, nous en explique les raisons.

Par Virginie Orlandi

Pour la troisième année consécutive, le Comité de surveillance Sida enregistre une baisse des contaminations au sein de la population homosexuelle et bisexuelle. Henri Goedertz, président de Stop Aids Now/Acces, nous en explique les raisons.

Pourquoi la population homosexuelle est-elle la seule a présenter une baisse de contamination alors que  chez les hétéros et les toxicomanes les nouvelles contaminations au virus du Sida sont en hausse?

Pour Henri Goedertz, le phénomène a deux raisons: le dépistage et l'engagement de cette tranche de la population à se soigner.

«Entre 2005 et 2012, on a enregistré un nombre croissant de nouvelles contaminations chez les HSH * du fait que de nombreux hommes sont venus se faire dépister. Depuis 2014, les personnes infectées se font traiter et risquent moins de contaminer les séronégatifs ayant une conduite à risque».

Pourtant, les chiffres luxembourgeois ne sont pas bons: 93 nouvelles infections sont à déplorer en 2015 dont 57 patients qui n'étaient pas diagnostiqués dans un autre pays.

Le rapport du Comité de surveillance montre que le nombre de nouvelles infections est stable auprès de cette population et que le mode de contamination provient de rapports hétérosexuels.

"Le travail de sensibilisation auprès des HSH porte ses fruits", note le psychologue, "ils se font dépister régulièrement et suivent leur traitement. On espère que le gouvernement va statuer sur la PrEP".

La Prophylaxie pré-exposition sexuelle est également appelée «préservatif chimique», il s'agit d'un médicament destiné aux séronégatifs qui peut se prendre de manière continue ou ponctuelle.

Il n'existe pas de consultation pour la PrEP et le ministre de la Santé, Lydia Mutsch, avait parlé en décembre 2015, de proposer le médicament sur le marché luxembourgeois. Ce n'est pas encore le cas: le ministère est actuellement en discussion avec la CNS pour un éventuel financement du médicament.

La Commission Européenne vient d'autoriser le 22 août, l'indication de prise du médicament anti-HIV « Truvada » dans un but de prévention d’une infection HIV

"Ce médicament est très cher, il faut compter 500 euros les 30 comprimés", poursuit le président de Stop Aids Now/Acces, "il existe un marché noir, il circule déjà au sein de la communauté HSH".

50 nouvelles infections en trois ans

Pour le psychologue, c'est auprès de la population toxicomane que les efforts doivent se porter: "On ne sait pas pourquoi mais en trois ans, on enregistre 50 nouvelles infections auprès de cette tranche de la population. Le plus inquiétant est qu'il s'agit de personnes qui s'infectent maintenant".

La prévention est-elle un échec auprès des toxicomanes?

Pour Henri Goedertz, c'est la précarité des toxicomanes qui rend difficile leur prise en charge: "Des dépistages sont régulièrement faits mais les séropositifs ont du mal à suivre leur traitement. C'est notre prochain objectif: prendre davantage en charge cette population".

* HSH: Hommes ayant du Sexe avec d'autres Hommes

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