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Demandes d'asile: l'année 2019 commence fort
Luxembourg 4 min. 04.02.2019 Cet article est archivé

Demandes d'asile: l'année 2019 commence fort

En 2018, 978 personnes ont obtenu le statut de réfugié, ce qui est une baisse par rapport à 2017 où 1.152 accords ont été octroyés par le ministère des Affaires étrangères.

Demandes d'asile: l'année 2019 commence fort

En 2018, 978 personnes ont obtenu le statut de réfugié, ce qui est une baisse par rapport à 2017 où 1.152 accords ont été octroyés par le ministère des Affaires étrangères.
AFP
Luxembourg 4 min. 04.02.2019 Cet article est archivé

Demandes d'asile: l'année 2019 commence fort

Virginie ORLANDI
Virginie ORLANDI
En 2018, 2.205 personnes ont fait une demande de protection internationale au Luxembourg mais le ministère des Affaires étrangères enregistre d'ores et déjà 284 nouvelles demandes d'asile uniquement pour le mois de janvier 2019.

En 2018, 2.205 personnes ont fait une demande de protection internationale, un chiffre en baisse par rapport à l'année 2017 où 113 personnes de plus faisaient la même demande. D'après le ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn, c'est plutôt la «migration secondaire» qui est en hausse: les demandes d'asile depuis l'Italie vers le Luxembourg sont plus nombreuses qu'auparavant.

Début décembre, près de 200 personnes sont arrivées par le train au Luxembourg alors qu'elles étaient des cas «Dublin» en procédure en Italie. Dix d'entre elles ont été transférées vers l'Italie entre le 5 décembre et le 5 janvier. Un phénomène qui pose des problèmes au Luxembourg comme l'a rappelé une nouvelle fois le ministre, ce lundi matin.

«On ne peut pas accueillir la migration secondaire au Luxembourg», a tonné Jean Asselborn, «c'est l'affaire de Bruxelles de répartir les charges entre les différents pays présents dans le programme de solidarité européenne et cela ne doit pas se passer au niveau bilatéral». 

Pour rappel, suite à l'appel lancé par la Commission européenne fin 2017 pour la mise à disposition de 50.000 places pour des réfugiés sur une période de deux ans, le Luxembourg s'est engagé à accueillir 200 personnes en provenance du Moyen-Orient et de la route de la Méditerranée centrale.

978 statuts de réfugié

En 2018, 978 personnes ont obtenu le statut de réfugié, ce qui est une baisse par rapport à 2017 où 1.152 accords ont été octroyés par le ministère des Affaires étrangères. Depuis la crise des réfugiés en 2015, où 200 demandes aboutissaient sur les 2.447 introduites, les chiffres des demandes restent élevés et les accords ne cessaient d'augmenter. 

Selon le ministre des Affaires étrangères,  40% des demandes sont toujours en cours de traitement. Les refus se sont élevés à 361 en 2018.

De plus, il est à noter qu'au cours de janvier 2019, 284 nouvelles demandes d'asile ont été reçues par les services d'immigration. Pour le ministre, «si ce chiffre reste constant tout au long de l'année, l'année 2019 va être un nouveau record dans l'accueil des réfugiés. Les structures d'hébergement sont déjà d'ailleurs occupées à plus de 70%» .

3.429 arrivées dans le réseau OLAI

En ce qui concerne les structures d'hébergement, l'Office luxembourgeois de l'accueil et de l'intégration (OLAI) enregistre une évolution du nombre d'arrivées de nouvelles personnes depuis 2014 où elles étaient 1.091.

Les demandeurs d'asile étaient 2.447 en 2015, 2.474 en 2016, 3.004 en 2017 et 3.429 en 2018.

Le nombre de lits, lui aussi, augmente depuis juin 2015 passant de 2.825 à 3.739, fin 2018. En ce qui concerne les personnes hébergées, il y a eu un pic fin 2015 où on enregistrait 3.228 personnes. Ce chiffre décroît sensiblement jusqu'en 2017 pour remonter en 2018, avec 2.721 personnes hébergées.

Le taux d'occupation de 2018 est de 73%, quatre points au-dessous du début de la crise de 2015 où le ministère enregistrait un taux d'occupation de 77% .

L'Érythrée, premier pays d'origine

En ce qui concerne les nationalités de personnes ayant demandé une protection internationale en 2018, l'Érythrée est devenu le premier pays d'origine avec 392 demandeurs (17,8%). En 2017, il s'agissait de la Syrie avec 368 demandeurs. Syrie, qui est passée en deuxième position en 2018 avec 227 personnes. Ensuite, viennent l'Iraq (196), l'Afghanistan (176) et la Géorgie (141). Arrive juste derrière le Maroc avec 94 demandeurs. Sous la catégorie «autres nationalités», le ministère recense 413 personnes, soit un peu plus que la seule Erythrée. 

Autre phénomène notable dans ce rapport d'activités 2018, l'âge des demandeurs de protection internationale qui baisse. Le ministre a expliqué «que cette année a été marquée par l'apparition d'enfants encore plus jeunes qu'en 2017, en l'occurrence un enfant de quatre ans et un de dix ans».

En 2018, 36 mineurs non accompagnés ont introduit une demande de protection internationale pour le Grand-Duché de Luxembourg. Un chiffre qui a baissé par rapport à 2017 où 50 demandes similaires avaient été initiées. Là encore, on retrouve les mêmes pays de provenance: l'Érythrée, suivi de l'Afghanistan, l'Albanie et l'Iraq.


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