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Déjà une centaine de troisième dose administrées
Luxembourg 4 min. 05.08.2021
Pandémie au Luxembourg

Déjà une centaine de troisième dose administrées

Avec une ou deux doses, déjà 355.891 personnes disposent d'un schéma vaccinal complet. Complet pour l'instant...
Pandémie au Luxembourg

Déjà une centaine de troisième dose administrées

Avec une ou deux doses, déjà 355.891 personnes disposent d'un schéma vaccinal complet. Complet pour l'instant...
Photo : dpa
Luxembourg 4 min. 05.08.2021
Pandémie au Luxembourg

Déjà une centaine de troisième dose administrées

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Depuis début juillet, le Luxembourg permet à certains patients immuno-déficients de recevoir une troisième injection anti-covid. Avant une ouverture à la population générale? Rien n'est décidé en ce sens.

Il y a un mois, l'information avait surpris. Un Luxembourgeois s'était vu administrer trois doses de vaccin anti-covid, et sans que cela ne soit une erreur de posologie. Et il faut croire que ce type d'injection fait désormais partie intégrante du dispositif de lutte contre les effets de l'infection virale puisque, rien que du 26 juillet au 1er août, 91 personnes ont obtenu cette même piqûre supplémentaire.


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En juillet, la ministre de la Santé se contentait d'assurer qu'il s'agissait d'un «cas très particulier (et exceptionnel)». Il faut croire que depuis cette déclaration de Paulette Lenert le bénéfice de la troisième injection a été démontré. Il s'agirait de compenser par cet apport la perte d’immunité et d’anticorps, au fil du temps, notée chez certains sujets.

Mais il y a quatre semaines de cela, le Conseil supérieur des maladies infectieuses (CSMI) était loin d'être convaincu à 100% d'une utilité de la généralisation de la mesure. Certes, dans un avis publié le 2 juillet, l'instance reconnaissait que «pour des personnes ayant une immunité altérée, l’administration de deux doses de vaccin contre le covid n’est pas suffisante pour entraîner une protection satisfaisante», mais elle limitait aussi la portée d'une triple dose.

Une limitation médicale, et dans la mesure des connaissances d'alors. Ainsi, le CSMI estimait alors que le dispositif n'avait pas forcément fait ses preuves «pour les patients atteints d’insuffisance rénale sous dialyse, les seniors ou les personnes particulièrement exposées».

Par contre, s'appuyant sur plusieurs études (notamment concernant les sujets greffés), le Conseil et sa présidente la Dr Thérèse Staub recommandaient la possibilité d'une troisième dose de vaccin (ARN messager) à plusieurs catégories de patients immunodéprimés. A savoir des hommes et des femmes 

  • ayant reçu une transplantation d’organe ou de cellules souches hématopoïétiques ;
  • sous chimiothérapie lymphopéniante ;
  • sous traitements immunosuppresseurs, comme les antimétabolites (acide mycophénolique, mycophénolate mofétil, azathioprine) et les AntiCD20 (rituximab) 
  • au cas par cas, les personnes sous immunosuppresseurs ne relevant pas des catégories susmentionnées ou porteuses d’un déficit immunitaire primitif.

Reste que maintenant, plusieurs pays s'interrogent sur la possible extension de cette vaccination puissance 3 à l'ensemble de leur population. Spécialiste des maladies infectieuses aux Hôpitaux Robert-Schuman, le Dr. Gérard Schockmel n'y voit guère d'intérêt. Il l'a réaffirmé, mercredi, au micro de RTL en estimant qu'une troisième vaccination n'avait de sens que «pour les personnes qui ne répondent pas bien au vaccin ou les personnes vulnérables» et non à la majorité des citoyens.

Une prise de position qui diffère quelque peu du point de vue de la Dr Staub. La spécialiste, travaillant au Service national des maladies infectieuses basé au CHL, a déjà fait savoir que cet appoint de sérum serait probable pour l'automne parmi la population. Et cela afin de s'adapter au mieux aux nouvelles souches en circulation désormais.

Si besoin

Une hypothèse que Luc Feller, du Haut-commissariat à la Protection nationale, a déjà envisagée. Car même si, à compter du 9 août, plusieurs centres de vaccination vont cesser leur activité (et les généralistes ou pédiatres reprendre la main sur une partie des injections), rien ne dit que ces structures ne pourraient pas reprendre du service après la rentrée. Notamment si une campagne massive de piqûres devait être relancée. 

Avec déjà plus de 715.000 administrées en huit mois, le Luxembourg saurait comment s'organiser si besoin. Mais, mercredi, la ministre de la Santé Paulette Lenert (LSAP) a signifié que pour le moment «la troisième vaccination n'est pas une priorité».   


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