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Déjà plus de 75.000 visiteurs à la BnL
Luxembourg 6 min. 01.01.2020 Cet article est archivé

Déjà plus de 75.000 visiteurs à la BnL

Les jeunes lycéens ont investi massivement les allées et les tables de la nouvelle BnL au Kirchberg

Déjà plus de 75.000 visiteurs à la BnL

Les jeunes lycéens ont investi massivement les allées et les tables de la nouvelle BnL au Kirchberg
Photo: Pierre Matgé
Luxembourg 6 min. 01.01.2020 Cet article est archivé

Déjà plus de 75.000 visiteurs à la BnL

Jean-François COLIN
Jean-François COLIN
Ouverte au public depuis trois mois, la nouvelle Bibliothèque nationale du Luxembourg au Kirchberg connaît un franc succès. Monique Kieffer, la directrice dresse un état des lieux, avant de céder le témoin courant 2020.

Monique Kieffer, quel bilan pouvez-vous tirer après trois mois d'existence de la nouvelle BnL sise au Kirchberg?

Monique Kieffer - «Nous sommes toujours dans une période test de six mois au cours de laquelle nous analysons la façon dont les visiteurs s'approprient les lieux. Pour l'heure, je ne relève que des points positifs. Le principal est que le public soit venu en nombre. Et nous ne recevons que des commentaires laudatifs de la part des visiteurs.

La Bibliothèque nationale nouvelle version n'a connu aucune panne, ni aucun couac. Nous devrons certes ajuster l'un ou l'autre petit point du règlement, comme le fait de ne pas pique-niquer sur les tables de travail. Pour le personnel de la bibliothèque, ce déménagement représente aussi un énorme changement, et un mode de fonctionnement très différent. L'idée est d'abord de maîtriser nous-mêmes à la fois le bâtiment, les flux dans les salles de lecture et le back-office.

A combien estimez-vous la fréquentation de la nouvelle BnL? 

«Nous avons enregistré 75.411 entrées du 1er octobre jusqu'à samedi dernier.  Cela représente un chiffre considérable. Dans l’ancien bâtiment, le total pour les douze mois de 2018 s’élevait à 79.443 personnes. Dès le premier jour, nous avons reçu beaucoup de monde. Très rapidement, nous avons régulièrement enregistré plus de 1.000 entrées quotidiennes dans la bibliothèque (ouverte cinq jours sur sept, ndlr), avec une pointe à plus de 1.700 entrants.

En comparaison avec l'ancienne bibliothèque, cela donne une fréquentation multipliée par plus de deux fois et demie, voire trois. Pour tous ceux qui doutaient de l'utilité d'investir encore dans une nouvelle bibliothèque à l'ère du numérique roi, voilà la preuve qu'il existe un besoin dans la société. 

 Quel est le profil type du visiteur?

«Toutes les générations et les milieux professionnels sont représentés, avec une large majorité de jeunes. Ce sont en effet surtout les jeunes qui se sont appropriés les lieux, et qui y restent pendant plusieurs heures. Il n'y a donc pas seulement un flux important d'entrées et de sorties, mais aussi un taux d'occupation élevé des salles de lecture. Pour moi, c'est cela qui est déterminant.

Le public varie aussi en fonction des jours. En semaine, nous accueillons énormément de très jeunes lycéens, venant travailler, souvent en groupes. Cette extrême jeunesse du public représente un phénomène nouveau, car auparavant, il s'agissait de tranches d'âge plus élevées. Le samedi, par contre, le public est beaucoup plus mixte, avec de nombreux adultes. Et on remarque que ces adultes circulent beaucoup plus que les jeunes entre les rayonnages.

Le tram comme adjuvant

Quelle part représentent les frontaliers dans ce public?

«Nous enregistrons entre 10 et 12% de frontaliers. Ce chiffre n'est pas nouveau, c'était déjà le cas avant. A l'avenir, ce chiffre devrait croître, vu la présence de nombreux salariés belges, français ou allemands dans les sociétés installées au Kirchberg. 

Le passage du tram, avec arrêt juste devant la bibliothèque, a-t-il aussi un impact sur la fréquentation?

«Nous constatons effectivement qu'une grosse partie de notre public débarque du tram, y compris les adultes. Lorsque le gouvernement a pris la décision d'installer la nouvelle bibliothèque au Kirchberg, beaucoup de voix se sont élevées, disant que cela allait être excentré et difficile d'accès. Or, depuis le 1er octobre, ces critiques n'existent plus. 

La salle familiale, aménagée pour que les parents puissent travailler tout en permettant à leurs enfants de s'amuser, recueille-t-elle un vif succès?

«Elle plaît, surtout les samedis, le jour où de nombreuses familles poussent la porte de la BnL. Mais cette innovation a été à l'origine d'un malentendu: certains parents ont cru que par «salle familiale», nous entendions un département pour enfants. Ce que nous ne possédons pas. Nous restons une bibliothèque scientifique, ouverte à tous. Mais nous ne sommes pas équipés pour être un outil pour enfants et jeunes adolescents. Au Luxembourg, cette fonction incombe aux bibliothèques communales, qui poursuivent davantage une mission sociale.

Monique Kieffer souhaite développer la thématique de la «bibliothèque troisième lieu»
Monique Kieffer souhaite développer la thématique de la «bibliothèque troisième lieu»
Photo: Pierre Matgé

La salle de musique, dotée d'un piano, connaît-elle aussi une forte fréquentation?

«Elle est occupée pratiquement chaque après-midi. A l'origine, elle a été créée pour les musicologues, afin de leur offrir la possibilité de se mettre au piano et de tester une œuvre. Car je rappelle que nous faisons aussi office d'Archives musicales nationales. A ce titre, nous collectons donc les créations de tous les compositeurs luxembourgeois.

Or, nous constatons que ce sont surtout pas mal des jeunes, qui louent la salle parfois pour une demi-heure seulement, soit pour se détendre en jouant au piano, soit pour préparer une leçon au Conservatoire ou à l'École de musique.

Les échos que l'on reçoit font état d'un manque de ce genre de salle au pays, où il est possible de répéter ses gammes sans gêner ni être gêné. Cela correspond à la thématique de la «bibliothèque troisième lieu», que nous souhaitons développer. Ce n'est ni le domicile, ni l'école ou le lieu de travail; c'est un troisième lieu, public, où l'on peut vaquer à des occupations privées à caractère intellectuel.


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«En effet, ce sont des espaces clos de deux, quatre ou six places que les gens peuvent louer pour travailler en groupe. Ils connaissent eux aussi un succès fou depuis trois mois et sont tous presque toujours pleins en après-midi. A cet égard, nous allons devoir moduler le règlement, car certains groupes occupent un espace sur de trop longues durées, au détriment d'autrui. 

Comment se portent les finances de la BnL?

«Je ne peux pas me plaindre, nous avons reçu les budgets dont nous avions besoin pour assurer la prise en charge du nouveau bâtiment (16,5 millions d'euros, soit près de 11% du budget global du ministère de la Culture, ndlr). Le grand enjeu pour nous, c'est le numérique afin que les gens utilisent encore plus la part non visible de nos collections.

Nos projets ont juste été un peu freinés, tout simplement parce que tout le personnel informatique est très sollicité dans la mise en place de la nouvelle bibliothèque. Il faut dire que tout, tout, tout y est informatisé. De l'ouverture des portes à la climatisation.»


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