Découverte [vidéo] en avant-première

Le Science Center testé par les premiers «cobayes»

Par Maurice Fick

«C'est un nouveau centre de découverte des sciences et des technologies interactif. Ici, il est interdit de ne pas toucher!», lance Guillaume Trap, le directeur scientifique du Luxembourg Science Center à Differdange. Dès ce mardi des élèves «cobayes» testeront les premières stations expérimentales qui seront ouvertes au grand public en octobre. Antoine, 11 ans, et Maxence, 8 ans, les ont testées en avant-première pour vous:

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Les deux frères suivent la consigne à la lettre et touchent à tout. Se laissant guider par leur seul instinct. L'envie de faire, de découvrir. De comprendre comment ça marche. Antoine déclenche d'un lancer le «pendule serpent» et tous deux observent, interloqués, comment il se synchronise puis se désynchronise. Maxence ne met que quelques secondes à comprendre comment actionner les cardans industriels de l'«harmonographe» dont les mouvements de rotation sont retranscrits par un simple crayon sur une feuille blanche: «ouah, délire!», d'un doigt, il peut bousculer toute la mécanique.

Tour à tour Antoine et Maxence trouvent comment faire tenir l'«Arc de chaînette» (sa forme permet l’auto portance), qu'ils peuvent aisément déplacer leur propre poids en étant assis, grâce aux poulies (c'est le rapport de démultiplication), qu'ils sont eux-mêmes des machines électriques (principe de la conductivité) ou peuvent produire du courant avec un simple mouvement (induction électromagnétique) et... même se faire surprendre par la décharge d'une dynamo! C'est trop rigolo.

Autres Galeries

«Tout ce qu'on expose ici est fonctionnel, ça bouge, ça vit!», insiste Guillaume Trap. «On n'expose pas des objets dans une vitrine mais des phénomènes à l'air libre» et le visiteur vient pour tester et apprivoiser techniques et sciences en s'amusant.

Ouvert au grand public le 4 octobre

Les différentes stations permettent aux jeunes visiteurs d'expérimenter les bases de la physique (électricité, électromagnétisme, électronique, thermodynamique), de la mécanique (statique, gravitation, fluides, constructions), de la robotique et de la chimie. Les mathématiques, la biologie, et d'autres branches de l'ingénierie suivront.

«Ce mardi 28 mars 2017, on démarre avec une cinquantaine de stations expérimentales. C'est environ la moitié de ce que nous proposerons d'ici l'ouverture officielle au grand public le 4 octobre 2017», avance le directeur scientifique de ce premier Science Center initié au Luxembourg et créé dans l'ancienne école professionnelle d'ArcelorMittal à Differdange. 

Des locaux entièrement rénovés dans lesquels «vivent» déjà des machines et inventions insolites comme ce moteur Deutz datant de 1907, une version géante et toujours fonctionnelle d'un moteur à combustion. Ou l'un des plus gros transformateurs de Tesla du monde qui génère de l'électricité de très haute tension (1,5 million de volts). D'autres comme le robot baby-foot, le canon à vortex, une cage de Faraday, etc., ne tarderont pas.

Enthousiasmer les jeunes pour les sciences

Le Luxembourg, comme tous les pays de l'OCDE, manque aujourd'hui de jeunes qui se lancent dans les sciences, l'ingénierie, les technologies. C'est l'objectif affiché du Luxembourg Science Center: éveiller l'intérêt des enfants -dès 5 ans- aux sciences et les rendre plus attrayantes aux yeux des jeunes; mais aussi «amuser l'opinion publique, les intéresser, leur permettre de s'épanouir, s'enthousiasmer pour les sciences et les technologies», comme l'explique son initiateur, Nicolas Didier:

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Papillonner librement d'une station expérimentale à une autre -toutes sont 100% made in Luxembourg- n'est pas la seule façon de partir à la découverte des sciences. Deux autres formats seront proposés aux visiteurs.

A heure régulière, «des médiateurs scientifiques feront des démonstrations étonnantes dans nos laboratoires qui porteront sur l'électricité spectaculaire (avec le grand générateur de haute tension ou l'électro-aimant avec grande intensité), la résistance des matériaux, la carboglace ou la technologie du vide! Le public pourra y participer en tant que volontaire», explique le directeur scientifique du centre.

Via des workshops, «les visiteurs ne seront plus spectateurs mais acteurs et fabriqueront eux-mêmes quelque chose. Ils pourront par exemple faire de la cuisine du futur et cuisiner à l'azote liquide ou découvrir la cuisson sous vide», nous met Guillaume Trap l'eau à la bouche, en parlant de «sorbet instantané».

500 stations expérimentales prévues à terme

Avec l'arrivée des premières classes cette semaine, s'ouvre en réalité une phase test de six mois durant laquelle le Science Center «accueillera exclusivement des groupes sur réservation. Ils viennent gratuitement et nous aident, en tant que "cobayes" à tester nos premières expériences pour que nous puissions affiner les réglages», explique Guillaume Trap. L'idée étant de peaufiner en situation réelle toutes les stations expérimentales réalisées par les mains expertes de l'équipe du Science Center et de la préparer à accueillir beaucoup de monde.

Car le Science Center vise bien plus haut et voit déjà bien plus loin. L'ouverture officielle du centre avec ses 100 premières stations expérimentales n'est que l'«entrée» d'un plat principal qui se mitonne encore dans les cuisines du centre, d'ArcelorMittal et des ministères concernés.

Dans une deuxième phase, le Science Center «veut présenter 500 stations expérimentales. Ici il n'y a que 3.000 m2 et pour cela il nous faudra 20.000 m2!», lance Guillaume Trap. L'asbl planifie déjà «d'intégrer à l'horizon 2020 deux bâtiments historiques exceptionnels qui se trouvent sur le site d'ArcelorMittal (toujours à Differdange, ndlr)», explique le directeur scientifique en parlant des  bâtiments de la centrale à gaz et de la centrale thermique qui restent à restaurer.

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