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Débat électoral au Centre: comment les partis veulent régler la crise du logement
Luxembourg 18 2 5 min. 09.10.2018

Débat électoral au Centre: comment les partis veulent régler la crise du logement

Débat électoral au Centre: comment les partis veulent régler la crise du logement

Photo: Pierre Matgé
Luxembourg 18 2 5 min. 09.10.2018

Débat électoral au Centre: comment les partis veulent régler la crise du logement

Maurice FICK
Maurice FICK
Préoccupation première des électeurs lors de cette campagne des législatives 2018, la crise du logement au Luxembourg a été «le» sujet central des têtes de liste qui ont participé, mardi soir à la table ronde du «Wort» pour la région Centre. Mais comment veulent-ils, concrètement, régler le manque de logement? Réponses face à la caméra.

Le développement du réseau routier et pas seulement du train pour améliorer la mobilité, le tram et les soucis annoncés pour la construction imminente de sa ligne en centre-ville, le tourisme à la pompe, le télétravail, les coalitions impossibles... les sujets abordés mardi soir par les six têtes de liste de la circonscription du Centre étaient nombreux mais c'est bien la crise du logement qui a été au centre du débat.


Qu'est-ce qui doit changer au Luxembourg selon vous?
Quelques jours avant les élections législatives, wort.lu s'est rendu à Luxembourg-Ville, Esch-sur-Alzette et Differdange pour demander aux résidents, tout comme aux frontaliers, ce qu'ils aimeraient voir changer au Luxembourg.

Le marché saturé du logement et la difficulté à trouver un toit au Luxembourg sont les préoccupations les plus souvent exprimées par les résidents mais aussi frontaliers que nous avons rencontrés dans la rue en ce début de semaine, dans les trois plus grandes villes du pays.

C'est aussi le thème électoral le plus important devant être débattu aux yeux des électeurs luxembourgeois, indique clairement le tout récent sondage Politmonitor, commandé par le Luxemburger Wort et RTL à une semaine des élections législatives de ce dimanche 14 octobre.

«Comment votre parti veut-il résoudre le problème crucial du logement au Luxembourg?» C'est la question que nous avons posée, face à la caméra aux six têtes de liste: Michel Erpelding (Déi Lénk), Claude Wiseler (CSV), Sam Tanson (Les Verts), Etienne Schneider (LSAP), Corinne Cahen (DP) et Roy Reding (ADR):

Sur le plateau du Parc Hôtel Alvisse à Dommeldange, la soirée de débat s'est déroulée dans une tension contenue, ponctuée de quelques «pertes de fil» des idées - vert ou rouge -  sans doute dues à la fatigue de la course électorale, mais a aussi été marquée par l'absence de Xavier Bettel. Le Premier ministre se présentant comme tête de liste du parti démocratique (DP) dans la région Centre.

«Nous avons deux têtes de liste au Centre dont «une» tête de liste, c'est-à-dire moi. Et le parti a décidé que c'est moi qui devais venir ici ce soir», l'a défendu Corinne Cahen, actuelle ministre de la Famille, de l'Intégration et de la Grande Région. Xavier Bettel était annoncé à la soirée mais a décommandé sans autre précision.

«Personne ne veut parler des magouilles sur la place bancaire»

En l'absence de leur principal rival, Claude Wiseler (CSV) et Etienne Schneider (LSAP) ont occupé le terrain. Chacun avec son naturel. Claude Wiseler se montrant solide dans l'argumentation de son «Plan» pour le Luxembourg en tous points. Et Etienne Schneider, à l'aise dans son costume de ministre de l'Economie, ne se laissant jamais décontenancer même s'il lui a fallu changer de micro à deux reprises.


Les élections législatives 2018
Le 14 octobre 2018, les électeurs du Grand-Duché sont appelés aux urnes pour élire leurs 60 députés. Les rapports de force entre les différents partis politiques qui découleront de ces résultats donneront le futur gouvernement.

La soirée n'a jamais viré au show électoral. La seule réelle surprise est venue du candidat de Déi Lénk (La Gauche), Michel Erpelding. L'enseignant-chercheur a crânement joué son va-tout sur le plateau rempli de pointures du paysage politique luxembourgeois.

«Notre ambition dimanche est de gagner des sièges, d'en avoir cinq (Déi Lénk en a actuellement deux, ndlr). Nous voulons aborder des thèmes que personne n'ose aborder» a-t-il lancé en se tournant vers le public de 250 convives.

«Personne ici ne veut parler des magouilles qui se déroulent sur la place bancaire, de notre principe devant l'égalité de l'impôt, de ce qu'il faut faire pour atteindre l'objectif climatique et éviter le réchauffement de la planète d'1,5°C. Nous avons besoin d'un Etat beaucoup plus présent dans les quinze années à venir, c'est très clair, et non davantage de libéralisme économique».

Jeu de séduction dans la perspective d'une coalition

Si le parti socialiste n'était pas en bonne posture dans les sondages préélectoraux, «je veux vous rappeler que les sondages ont toujours été en défaveur du LSAP», ne s'est pas dégonflé Etienne Schneider (LSAP). Au détour d'une phrase le leader socialiste rappellera en cours de soirée que le vote du LSAP assurera l'apport social du futur gouvernement «à trois ou à deux». Défendant toute la soirée l'idée de prolonger l'aventure de la coalition tricéphale (DP-LSAP-Les Verts), il a finalement entrouvert par là la porte en direction du seul second possible: le CSV.

Claude Wiseler (CSV) a usé de la soirée-débat pour dire intelligiblement son message principal à cinq jours du glisser de bulletin dans l'urne: «La seule façon de faire une autre politique est de faire en sorte que l'actuelle majorité n'ait plus de majorité et que le CSV soit renforcé le plus possible, c'est l'enjeu de cette élection» pour son parti. Rappelons-le, évincé du pouvoir par l'actuelle coalition au lendemain des législatives anticipées d'octobre 2013.

Roy Reding (ADR) a carrément sonné à la porte du CSV, un bouquet de fleurs à la main:« Quand je vois la politique familiale, la politique fiscale, la politique financière, des thèmes centraux, alors je dois dire qu'il y a plus de zones de recoupement avec le CSV qu'avec d'autres partis». Claude Wiseler (CSV) en revanche, n'a pas ouvert cette porte: «Nous ne ferons pas de coalition avec l'ADR» notamment du fait de son euroscepticisme.

Sam Tanson (Les Verts) s'est bien gardée de faire des avances, ne faisant jamais allusion à la coalition sortante directement, préférant rejouer de la corde des compétences de son parti en matière de protection  du climat pour persuader les électeurs.

Tout comme Corinne Cahen (DP) qui a rappelé que pour le parti démocratique il importe de «mettre l'homme au centre des préoccupations. Si le pays va bien, les gens vont bien».

Michel Erpelding (Déi Lénk) a lancé: «Nous ne pouvons pas imaginer faire partie d'une coalition à quatre aussi longtemps que s'y trouve un DP car nous avons des différences fondamentales».

Le résumé de la soirée en vidéo (en luxembourgeois):


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