Deadline fixée au 31 mai

3,8 millions à saisir pour vos projets d'intégration

«Digital Inclusion» est un nouveau projet entre réfugiés et Luxembourgeois dont le but est de recycler des ordinateurs portables ou non et de les remettre ensuite aux plus démunis. Il développe à la fois l'intégration, l'apprentissage, la revalorisation et la préparation à l'emploi.
Photo: Christophe Olinger

Par Maurice Fick

L'idée de «mateneen» est de construire le Luxembourg avec tous ceux qui y vivent et les réfugiés qui viennent d'arriver. Pour relever ce défi de la cohésion sociale,  l'Œuvre nationale de secours Grand-Duchesse Charlotte a lancé un vaste appel à projets il y a six mois. Des 10 millions d'euros mis sur la table, il en reste 3,8 à saisir très vite!

«Le Luxembourg est aujourd'hui un pays formé de 50% d'étrangers et on peut se demander si les communautés le composant vivent effectivement ensemble ou pas? Une question qui se pose avec encore plus d'acuité depuis l'arrivée des réfugiés», avance Martine Neyen. La coordinatrice du projet en résume la philosophie: «Nous partons du principe que nous avons tous quelque chose à apporter et que c'est via l'échange et une coopération que ça marchera le mieux».

Ce plan d'aide lancé le 10 décembre 2015 par l'Œuvre nationale de secours Grand-Duchesse Charlotte a été doté d'une enveloppe de 10 millions d'euros.

Concrètement, 27 projets ont été introduits depuis l'appel. Et «21 projets ont été validés après réunion du jury. Jusqu'ici un montant de 1,7 million d'euros a été engagé de façon définitive. Cinq projets sont en suspens et vont être réintroduits à la fin du mois pour un montant total de 4,5 millions d'euros. Si ces cinq projets sont validés à leur tour, on a théoriquement dépassé les 6 millions d'euros», explique Martine Neyen.

Une semaine avant la clôture de l'appel à projets, le mardi 31 mai à minuit précisément, 3,8 millions d'euros restent donc à distribuer.

Martine Neyen: «La question de la langue et des langues est essentielle et c'est un vrai cauchemar pour celui qui arrive au Luxembourg».
Photo: Maurice Fick

L'initiative «mateneen» («ensemble» en français) veut soutenir et voir se concrétiser des projets d'accueil et d'intégration des demandeurs et bénéficiaires de protection internationale, mais aussi des projets favorisant l'accès au logement pour les réfugiés mais aussi pour les résidents.

Les 21 projets retenus pour l'heure montrent une tendance à développer des projets allant dans le sens de l'intégration, du vivre-ensemble et de la préparation des réfugiés à vivre au Luxembourg, à y travailler, s'y sentir bien, tout en donnant à mieux connaître leurs pays d'origine.

Des exemples de projets

Nombre de projets sont axés sur des rencontres artistiques, des échanges interculturels, mais aussi sur l'apprentissage des langues. L'ASTI bénéficiera du soutien financier de l'Œuvre nationale de secours Grand-Duchesse Charlotte jusqu'en juillet 2019 par exemple pour son projet baptisé «Mahan» («ensemble» en arabe). Y convergent des «gens très éduqués qui ont fait leurs études universitaires en langue arabe mais qui doivent d'abord passer par une alphabétisation en latin pour apprendre nos langues», témoigne Martine Neyen. «La question de la langue et des langues est essentielle et c'est un vrai cauchemar pour celui qui arrive au Luxembourg», sait-elle bien.

Il y a aussi parmi les projets validés, des «pépites» innovantes et multi-cordes comme celui de Patrick de la Hamette baptisé «Digital Inclusion». L'ingénieur rassemble des réfugiés et des Luxembourgeois branchés informatique qui vont recycler des ordinateurs portables ou non destinés à la casse. Relancés pour une deuxième vie, les ordinateurs sont ensuite remis aux plus démunis qui ne peuvent pas nécessairement se connecter. Un projet qui développe à la fois l'intégration, l'apprentissage, la revalorisation et la préparation à l'emploi.

«Nous n'avons par contre pas de projet dans le domaine de l'accès au logement», regrette Martine Neyen. Alors que «c'est un énorme problème au Luxembourg» et qu'«on estime à 5.000 le nombre de logements vides au Luxembourg. Si on arrivait à les mettre à disposition via des agences immobilières sociales on aurait déjà fait un grand pas».

Toute organisation qui souhaite encore participer à l'appel à projets a une semaine pour compléter un dossier de candidature sur le site dédié.

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