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De plus en plus de résidents «sous-compétents»
Luxembourg 17.09.2020

De plus en plus de résidents «sous-compétents»

Les entreprises qui n’allouent pas suffisamment de moyens aux ressources humaines risquent de recruter une personne qui ne répond pas complètement aux attentes.

De plus en plus de résidents «sous-compétents»

Les entreprises qui n’allouent pas suffisamment de moyens aux ressources humaines risquent de recruter une personne qui ne répond pas complètement aux attentes.
Photo: dpa
Luxembourg 17.09.2020

De plus en plus de résidents «sous-compétents»

Une étude du Luxembourg Institute of Socio-Economic Research (Liser) démontre que les compétences pour exercer un emploi sont un élément clé de la compétitivité d'un pays.

(ER) - Laetitia Hauret et David Marguerit, deux chercheurs du Liser, se sont penchés sur l'inadéquation des compétences sur le marché du travail au Luxembourg. «En 2015, près d'un travailleur résident sur deux déclare ne pas avoir les compétences en adéquation avec leur poste de travail», évoque le communiqué du Liser. 

En l'espace de dix ans, la part des travailleurs ayant des compétences en inadéquation avec leur poste a diminué de 6,5 points de pourcentage mais pour les chercheurs, «la part des travailleurs sous-compétents et la part des travailleurs sur-compétents n'ont pas connu la même évolution». 


La guerre des talents menace les entreprises
Le déséquilibre entre l'offre et la demande en matière de main-d'œuvre n'est pas neuf. Mais avec l'apparition des nouvelles technologies, la transformation des compétences au sein d'une entreprise a renforcé la tendance, notamment pour les postes très qualifiés.

En effet, alors que la part des travailleurs sous-compétents a augmenté (+ 7 pp), celle des travailleurs sur-compétents a diminué (-13,5 pp). «Cette hausse des travailleurs sous-compétents est préoccupante», estiment les chercheurs. Si par le passé, les salariés pouvaient faire face à une augmentation des compétences requises pour leur poste, cela semble être plus difficile aujourd'hui.

Au cours des dernières années, le marché du travail évolue vers des métiers qui se transforment rapidement et demandent aux travailleurs de faire preuve d'adaptation rapide. A la lecture de l'enquête du Liser, il existe différents leviers qui peuvent expliquer ce constat et sur lesquels il est possible d'agir.

Impact sur la productivité

Outre le contexte économique, les entreprises diminuent leurs exigences face à la pénurie de candidats, les politiques de ressources humaines jouent un rôle dans l'inadéquation des compétences. «Les entreprises qui n'allouent pas suffisamment de moyens au processus de recrutement ont un plus fort risque de recruter une personne qui ne correspond pas aux besoins de sa fonction», rappelle le Liser.

Troisième et dernier facteur: les aspects structurels. «Si les dépenses en matière d'éducation et de formation diminuent l'inadéquation des compétences, les politiques publiques, qui limitent la concurrence sur les marchés, l'augmentent», relève encore cette étude. En réduisant le niveau d'inadéquation, «certains pays pourraient ainsi augmenter leur productivité entre 2 et 10%», pointe encore le Liser. 

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