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Dans les manuels scolaires, les écrivaines manquent à l'appel
Luxembourg 3 min. 22.03.2022 Cet article est archivé
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Dans les manuels scolaires, les écrivaines manquent à l'appel

Le choix des livres étudiés en classe par les élèves luxembourgeois reste à la discrétion de chaque enseignant.
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Dans les manuels scolaires, les écrivaines manquent à l'appel

Le choix des livres étudiés en classe par les élèves luxembourgeois reste à la discrétion de chaque enseignant.
Photo : AFP
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Dans les manuels scolaires, les écrivaines manquent à l'appel

Laura BANNIER
Laura BANNIER
Dans les écoles fondamentales en 2019, les livres de littérature luxembourgeoise comportaient 84% de textes écrits par des écrivains contre 13% de textes écrits par des écrivaines.

Dans les manuels scolaires de littérature, l'égalité est loin d'être parfaite. Au cours de leur cursus, les jeunes Luxembourgeois sont davantage exposés à des textes dont les auteurs sont des hommes, qu'à ceux rédigés par des femmes. Un biais qui n'a rien de sexiste, selon Claude Meisch, qui dresse ce bilan dans une réponse à une question parlementaire adressée par la députée CSV Octavie Modert.


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Ainsi, le ministre attribue ce déséquilibre de représentation en faveur des auteurs masculins à une recherche de qualité. «Une chose est claire cependant: les élèves doivent être confrontés à une littérature de qualité. La littérature est un art et doit également être traitée comme un art. Dans ce cas, la qualité du texte n'est fondamentalement pas due au sexe de son auteur», argumente le ministre. 

Si la question d'Octavie Modert portait sur l'équilibre des œuvres étudiées dans les établissements d'enseignement secondaire, Claude Meisch n'a, en revanche, pu détailler uniquement les textes présents dans les manuels des élèves du fondamental. Pour ce faire, le ministre s'est basé sur une étude réalisée en 2019 par l'Université du Luxembourg pour le compte du ministère de l'Egalité entre les femmes et les hommes. Cette recherche visait à analyser les stéréotypes de genres dans 57 manuels de l'éducation fondamentale. Dans le cadre de cette étude, deux livres de littérature luxembourgeoise et huit livres de littérature allemande ont également été passés au peigne fin.

Dans les livres en langue allemande, 67% des textes avaient été rédigés par des hommes, 29% par des femmes, et 4% provenaient de sources inconnues. Les livres luxembourgeois, eux, comportaient 84% de textes d'écrivains contre 13% de textes d'écrivaines, et 3% de textes d'auteurs anonymes. «Une étude comparable pour l'enseignement des langues dans l'enseignement secondaire n'est actuellement pas envisagée avec le soutien de MEGA», fait savoir Claude Meisch. 

Le ministre souligne par ailleurs que la sélection des livres qui sont lus par les classes de secondaire reste à la discrétion de l'enseignant. Si des recommandations sont émises par les Commissions nationales de l'enseignement secondaire, il s'agit uniquement d'avis, non pas d'obligations. Plusieurs paramètres entrent ensuite en compte dans le choix du professeur, comme le niveau de langue de sa classe, les sujets qui sont traités dans les autres matières ou l'actualité. 

«Il n'est donc pas possible de déterminer le ratio entre les textes littéraires des écrivains et ceux des écrivaines, puisque le programme concret d'un enseignant à l'autre est différent», appuie Claude Meisch. Le ministre de l'Education indique cependant qu'il est possible d'estimer le déséquilibre de représentation en faveur des auteurs masculins à 80%, contre 20% pour les femmes, lors de ces dernières années. 


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En préambule de sa réponse, le ministre souligne toutefois que l'égalité des sexes est l'une des priorités du gouvernement. Une priorité qui ne s'inscrit pas seulement dans le cadre des œuvres étudiées pendant le cursus scolaire, donc, mais également au travers d'ateliers, de formation et d'événements. «Les enseignants sont encouragés à se concentrer sur l'égalité des sexes et à s'abstenir de représentations stéréotypées dans la classe», rappelle Claude Meisch.

Interrogé plus spécifiquement sur la proportion de textes et d'œuvres d'écrivains luxembourgeois dans l'enseignement secondaire, l'homme d'Etat révèle de tout autres pourcentages. En effet, lors des cours de luxembourgeois, les textes et les œuvres étudiés proviennent à 100% d'auteurs luxembourgeois. «Dans les autres matières linguistiques, cependant, cette proportion est difficile à déterminer, car des textes très différents sont lus», nuance le ministre. Ce dernier n'a pas été en mesure de livrer une liste précise des livres et textes étudiés, car, là aussi, l'équipe enseignante conserve une grande liberté quant à la sélection des lectures de sa classe.

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