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Dans les coulisses du traçage du virus
Luxembourg 4 3 min. 12.08.2020

Dans les coulisses du traçage du virus

Depuis début juillet, près de 9.000 contacts ont pu être tracés et placés en quatorzaine.

Dans les coulisses du traçage du virus

Depuis début juillet, près de 9.000 contacts ont pu être tracés et placés en quatorzaine.
Photo: Guy Wolff
Luxembourg 4 3 min. 12.08.2020

Dans les coulisses du traçage du virus

Chaque jour, la cellule de traçage de l'Inspection sanitaire luxembourgeoise tente d'identifier les personnes ayant été en contact avec le covid-19. Un véritable travail de détective avec un objectif précis : briser la chaîne de transmission du virus.

(ASdN avec Diana HOFFMANN) - Ces dernières semaines, l'Inspection sanitaire s'est transformée en central téléphonique. Dans ses locaux de Hamm, quelque 70 employés, le visage masqué, enchaînent les coups de fil. Leur rôle : tracer toute personne ayant été possiblement en contact avec le virus. A commencer par la personne diagnostiquée positive elle-même.

Ce premier contact se fait «toujours par un personnel médical formé», explique Sandra Sidon, membre de la Direction de la santé. Autrement dit, par un médecin ou une infirmière. Et la conversation peut prendre du temps, «jusqu'à une heure». Au téléphone, les personnes infectées sont informées de leur obligation de s'isoler pendant deux semaines. Et pour mesurer les risques, des questions sont posées à chaque patient sur son état de santé. 

Puis, vient le tour de l'entourage du cas positif au covid. Les équipes de l'Inspection sanitaire interrogent ainsi la personne infectée pour savoir avec qui elle a été en contact au cours des 48 dernières heures. Sont concernées toutes les personnes à qui la personne a parlé pendant plus de 15 minutes sans masque, sans qu'une distance minimale de deux mètres ne soit maintenue. Et ce n'est qu'une fois cette conversation terminée que le travail de tracing commence véritablement. 

Le but : retrouver et informer toutes les personnes susceptibles d'avoir été en contact avec la personne infectée. Ces derniers ont alors obligation de se mettre en quatorzaine. Et pour chaque personne infectée, le nombre de contacts varie. En moyenne, ils sont entre 10 et 15. «Il y a aussi des personnes qui n'ont aucun contact pendant cette période», souligne l'épidémiologiste Joël Mossong. Bien qu'il existe aussi quelques cas à l'extrême inverse. Il y a quelques jours, «une personne a eu 265 contacts...», révèle-t-il, un brin consterné. 

Un colis pour chaque contact

Et si les réactions sont très différentes, la plupart des personnes contactées se disent «soulagées par l'information», affirme Sandra Sidon. Bien que la plupart aient déjà été mises au courant par la personne elle-même. Elles ont alors obligation de se placer en quatorzaine. Un isolement généralement bien accepté.

«Ce n'est que dans de très rares cas qu'il y a un manque de compréhension», souligne-t-elle. Une fois repérée et isolée, chaque personne contactée reçoit ensuite un colis comprenant un code pour se faire tester, un certificat d'arrêt de travail pour l'employeur ainsi que du gel désinfectant et différentes informations. 

Le nombre d'infections augmentant à nouveau ces dernières semaines, les journées s'avèrent souvent longues pour l'équipe composée de bénévoles, de membres de la réserve sanitaire et d'employés de différents ministères. Si la ministre de la Santé juge les capacités «suffisantes pour le moment», Paulette Lenert (LSAP) n'exclut pas la possibilité de les augmenter. 

Car selon elle, la recherche des contacts s'avère être une méthode très efficace pour maîtriser la pandémie. Peut-être même davantage que les applications mobiles disponibles, qui ont beaucoup fait parler d'elles à la sortie du confinement. «40 à 50% des personnes testées positives étaient déjà en quarantaine avant d'être notifiées d'un résultat positif au test», précise la ministre. Début août, 3.229 personnes se trouvaient en quatorzaine, dont 1.900 contacts informés grâce au traçage. 


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