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Dans l'assiette plutôt qu'à la poubelle
Luxembourg 4 3 min. 17.01.2022
Gaspillage alimentaire

Dans l'assiette plutôt qu'à la poubelle

Gaspillage alimentaire

Dans l'assiette plutôt qu'à la poubelle

Photo: Alain Piron
Luxembourg 4 3 min. 17.01.2022
Gaspillage alimentaire

Dans l'assiette plutôt qu'à la poubelle

Les foodsavers luttent contre le gaspillage alimentaire. Le groupe Foodsharing de Dudelange a distribué gratuitement des denrées alimentaires samedi dernier.

(pj avec Franzisja JÄGER) Ni l'heure matinale pour un samedi, ni le froid n'ont découragé Yolande Kraus. Ce 15 janvier, elle est venue de Belvaux à Dudelange de bonne heure pour prendre sa place dans la queue qui se forme à l'entrée de la salle Schapp. Avec elle, sa fille et une vingtaine de personnes attendent l'ouverture des portes pour venir remplir leur cabas avec des aliments qui auraient dû être mis au rebut. «J'ai élevé six enfants, rapporte Yolande. J'ai toujours fait attention à ne rien jeter. Je trouve cette initiative géniale.»


Quand appli rime avec... anti-gaspi
F4A s'est imposée tout naturellement auprès de consommateurs luxembourgeois soucieux d'éviter le gâchis alimentaire et désireux de faire des économies. Maintenant, la start-up veut populariser son application à l'international.

Selon l'ONG allemande Welthungerhilfe, chaque année 1,3 milliard de tonnes de nourriture finissent ainsi à la poubelle. Soit un tiers de la production alimentaire! Autant de fruits, légumes, conserves et autres uniquement jetés parce qu'ici le produit a été abîmé dans le transport, durant son stockage ou approche ou dépasse les dates limite de vente stipulées. Rien qu'en Allemagne, environ 1 million de tonnes de nourriture seraient ainsi gaspillées chaque mois. Un chiffre qui, par ménage, approcherait les 75 kg par an. 

Pour lutter contre ce phénomène, plusieurs actions se sont mises en place au Grand-Duché. Des initiatives entrepreneuriales, comme avec Food4all, ou associatives comme ici depuis septembre dernier. Manuel Scheitle est l'un des initiateurs du mouvement dudelangeois, lui qui, étudiant à Fribourg, avait vu s'organiser sur le campus une (re)distribution d'invendus de boulangeries qui sans cela auraient été détruits.

A la Schapp, vient qui veut depuis six rendez-vous. Les bénévoles à la tête du mouvement de foodsharing ne veulent rien savoir des conditions de ressources de celles et ceux qui se présentent devant leurs étals; le but premier étant la lutte contre le gaspillage comme ce jour-là où pains, sauces, yaourts, produits laitiers, barres chocolatées ou produis secs doivent trouver preneurs. Autant de références que les grandes surfaces devaient retirer de leurs rayonnages principalement en raison d'une date de péremption proche ou dépassée.  «Pourtant, ces aliments sont encore loin d'être mauvais», milite Manuel Scheitle. Et de bien distinguer date de vente et celle de consommation...

«Beaucoup de choses se conservent plus longtemps que la date ne le laisse penser», explique le jeune homme. Et puis, à défaut, chacun peut aussi compter sur ses sens (vue, odorat, toucher...) pour juger de la ''fraîcheur'' de tel ou tel aliment proposé. L'aliment a-t-il changé de couleur? De la moisissure s'est-elle formée en surface? L'odeur dégagée est-elle étrange? Autant de signaux d'alerte pertinents.

Pour l'heure, les «sauveteurs alimentaires» ont réussi à convaincre cinq supermarchés et deux boulangeries du Sud du pays à participer à leur projet. En fin de semaine, les bénévoles font le tour de ces adresses, avant de redistribuer ce stock dans la foulée. «Malheureusement, nous manquons toujours de légumes, les grandes surfaces ne jouent pas encore totalement le jeu», constate l'équipe. Pour preuve, à peine trois patates douces, six citrons, une aubergine, une botte de carottes et un peu de chicorée sont sur les tables.


Le frigo antigaspi en a régalé plus d'un
Huit semaines après son lancement, les initiateurs de ce projet pilote peuvent se réjouir du succès de la formule. Plus de 300 kilos de nourriture ont pu être reconditionnés et faire le bonheur de consommateurs de Tuntange et environs.

«Les légumes finissent généralement dans la poubelle verte des magasins, puis dans l'installation de biogaz, parce que les marchés reçoivent de l'argent pour cela», suppose Manuel Scheitle. Mais il ne désespère pas de rallier à sa cause les responsables de ces commerces alimentaires de participer à la bonne action des foodsavers.

Mais pour Mia, qu'importe si l'offre n'est pas encore si diverse, cela fait déjà bien ses affaires. C'est toujours un plus. «Chez nous, tout est consommé, s'il n'y a pas de charcuterie ou de fromage, on met le reste de confiture sur le pain». Si le pain a déjà quelques jours, «il est grillé». Et ainsi de suite pour éviter de gâcher des aliments de base, et surtout économiser quelques euros à l'heure où les prix (de l'alimentaire notamment) remontent fort.

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