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D'ici un an, le pays comptera une prison de plus
Luxembourg 3 min. 05.11.2021 Cet article est archivé
Justice

D'ici un an, le pays comptera une prison de plus

Le nouveau centre de détention provisoire devrait accueillir dans un premier temps une partie des personnes déjà en cellule à Schrassig.
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D'ici un an, le pays comptera une prison de plus

Le nouveau centre de détention provisoire devrait accueillir dans un premier temps une partie des personnes déjà en cellule à Schrassig.
Photo : Gerry Huberty
Luxembourg 3 min. 05.11.2021 Cet article est archivé
Justice

D'ici un an, le pays comptera une prison de plus

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Au 1er janvier prochain, l'administration pénitentiaire recevra les clés de la nouvelle maison d'arrêt de Sanem. Les premiers occupants ne sont attendus en cellule que pour l'automne 2022.

Le centre pénitentiaire de Luxembourg affiche souvent complet. Et cela même si depuis son ouverture, en 1984, le site a fait l'objet de plusieurs agrandissements. Seulement, sa capacité de 600 places est maintenant insuffisante pour gérer correctement condamnés mais aussi hommes et femmes en attente de jugement. D'où l'impatience du ministère de la Justice de voir, enfin, s'achever le chantier du nouveau centre pénitentiaire d'Uerschterhaff, à Sanem.


Gefängnis - Prison - gefangenschaft - strafvollzug - Schrassig - Gefangener  - prisonnier-Détenu - Uhaft - u-haft -  Foto: Pierre Matgé/Luxemburger Wort
Plus de voleurs que de violeurs derrière les barreaux
Ils (et elles) sont un peu plus d'un demi-millier à séjourner en prison au Luxembourg actuellement. Et la ministre de la Justice vient de détailler les infractions qui avaient mené ces condamnés en cellule.

Et, bonne nouvelle, l'équipement décidé en 2014 devrait être livré dans les temps, avec même un peu d'avance par rapport aux dernières prévisions. Mais si Serge Legil, directeur de l'administration pénitentiaire, s'attend à recevoir les clés de la structure pour le 1er jour de 2022, ce n'est pas le jour de l'An que les 300 places à disposition se verront attribuées. D'ici là, il faudra en effet parachever les travaux mais, surtout, tester, vérifier, contrôler que tout le dispositif fonctionne bien.

Avant que le premier ''prisonnier'' ne soit accueilli, il faudra certainement attendre l'automne 2022. Début octobre selon l'agenda actuel. Auparavant, une inauguration avec Grand-Duc et autorités a d'ores et déjà été fixée pour le 20 septembre. Ensuite, sans tapis rouge les détenus arriveront au fur et à mesure des jours. 

Le site a été construit en priorité pour recevoir des prévenus en attente de jugement. L'idée étant de soulager les cellules de Schrassig d'une partie de leur population, et de ne laisser là-bas que les condamnés jugés. On imagine que le transfert d'un site à l'autre ne sera pas de tout repos pour les gardiens qui ont maintenant un an pour imaginer (répéter?) la manœuvre. Tout comme auparavant les personnels en uniforme et autres administratifs vont devoir se familiariser avec les lieux, les chemins de ronde, les miradors et les systèmes de surveillance high-tech mis en place.


Deux chiens renifleurs attendus en prison
Quatre nouveaux effectifs vont bientôt entrer dans les rangs de l'administration pénitentiaire : deux malinois et leurs maîtres-chiens chargés de traquer les stupéfiants dans les prisons luxembourgeoises.

Pour l'heure, Serge Legil peine à obtenir les écrans de contrôle relayant les images du moindre recoin des 45.500 m2 du centre pénitentiaire. Cela ne saurait tarder. Ensuite, chacun évaluera les systèmes automatiques autant que les aspects pratiques qui permettront de gérer au mieux le quotidien des détenus, la gestion informatisée des fermetures de portes ou encore évaluer les temps de parcours des uns et des autres dans la nouvelle construction. 

D'ailleurs, certains déplacements de détenus se feront en dehors de toute présence humaine. Seul l’œil des caméras veillera sur le trajet effectué, avec un badge électronique en guise de clé pour accéder à tel ou tel lieu. L'informatique se chargeant de déterminer à quelle zone le détenu peut accéder, voire même l'empêcher de croiser tout autre personne en chemin. 

Au Tageblatt dernièrement, Serge Legil ne manquait pas de rappeler combien l'ouverture de Uerschterhaff allait offrir «des perspectives complètement nouvelles pour Schrassig». En effet, une fois libérée de l'ensemble des individus en attente de jugement (normalement pour janvier 2023), l'ancienne prison entamera une mue plus que nécessaire.


«Schrassig n'est pas la solution pour les mineurs»
Interrogée mardi à la Chambre sur le récent cas de délinquants âgés de moins de 18 ans relâchés faute de place dans la structure fermée de Dreiborn, la ministre de la Justice s'oppose à l'incarcération dans la prison pour adultes. Une position contestée par le procureur général adjoint.

Un bloc pourrait alors être totalement évacué, les gardiens affectés à de nouvelles missions et permettre l'amélioration des conditions d'incarcération des femmes, des primo-délinquants, des sujets toxicomanes ou des détenus seniors. Tout comme à l'avenir Schrassig devrait disposer, si besoin, de cellules spécifiques pour des prisonniers à haut risque. Par ailleurs, des plans ont déjà été imaginés pour améliorer les conditions de visite, notamment pour les rencontres entre un parent incarcéré et ses enfants. 

Globalement, les investissements envisagés à Schrassig pourraient s'étendre jusqu'en... 2037. 

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Baustelle Gefängnis Sanem -  Chantier vum Prisong zu Suessem  - Chantier Prison Sanem -  Foto: Pierre Matgé/Luxemburger Wort
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