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D'ici 2023, se former devrait être «plus attrayant»
Luxembourg 5 min. 12.06.2019

D'ici 2023, se former devrait être «plus attrayant»

D'ici 2023, se former devrait être «plus attrayant»

Photo: Shutterstock
Luxembourg 5 min. 12.06.2019

D'ici 2023, se former devrait être «plus attrayant»

Marc AUXENFANTS
Marc AUXENFANTS
En dévoilant ce mercredi les six priorités gouvernementales en matière de formation professionnelle, Claude Meisch le ministre de l’Education nationale entend faciliter l'apprentissage de tous les métiers, et surtout la reconversion des jeunes et des adultes.

«La formation professionnelle doit évoluer avec son temps, devenir plus attrayante pour les jeunes et mieux communiquer sur ses atouts. Elle doit les préparer à s’intégrer avec succès sur le marché du travail ou à poursuivre les études supérieures au plus haut niveau de leurs capacités». C'est en ces termes que Claude Meisch, le ministre DP de l’Education nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse a présenté ce mercredi les six priorités de son gouvernement dans ce domaine.   

Sa feuille de route s’articule autour de trois axes. Celui tout d’abord d’une accessibilité simplifiée aux diplômes, afin de donner des perspectives de réussite accrues à chaque jeune. Dans cette optique, le ministère entend mettre en place un double diplôme d’aptitude professionnelle (DAP) et de fin d’études secondaires générales: «Celui-ci permettra aux élèves de poursuivre des études universitaires initiales après une formation professionnelle initiale réussie, et inversement», a précisé Claude Meisch. Des passerelles entre diplômes seront par ailleurs instaurées: un élève pourra ainsi passer d’une voie de formation (par exemple un certificat de capacité professionnelle, CCP), à celle d’un niveau supérieur (comme le Diplôme d’aptitude professionnelle), et ce jusqu’au master. L’accès au brevet de maîtrise sera en outre facilité, «afin de stimuler l’esprit d’entreprise et d’encourager l’entrepreneuriat», a indiqué le ministre.

Diversification linguistique

Le second axe prioritaire du gouvernement porte sur l’adaptation des 120 formations professionnelles actuellement proposées aux défis et besoins du pays. Le principal d’entre eux est la digitalisation, la «priorité transversale de la politique éducative du ministère de l’Education nationale», selon Claude Meisch. L’objectif est d’intégrer les Technologies de l’Information et de la Télécommunication (TIC) dans les méthodes d’enseignement actuelles, et de mieux préparer les jeunes à la digitalisation des métiers et des professions.

Face aux évolutions sociétales du Luxembourg, la priorité en termes de formation sera également mise sur la diversification linguistique: avec un enseignement accru en français et en anglais. Par exemple, dès septembre prochain, la formation d’agent administratif et commercial (Diplôme d’Aptitude professionnelle, DAP) sera également proposée en anglais dans les Lycée techniques de Bonnevoie et de Lallange.

Développement durable

Et afin d’adapter la formation professionnelle aux évolutions d’un monde du travail en pleine mutation, le ministère prévoit notamment la modernisation et le renouvellement des contenus des formations, la mise en place de nouveaux cursus d’enseignement, avec une emphase forte sur le développement durable et sur un apprentissage des langues orienté sur la pratique. 

La formation continue sera elle aussi rendue plus accessible et valorisée: avec par exemple un accès facilité à des formations de requalification, pour les personnes dont les qualifications n’ont pas été sanctionnées par un diplôme. Les centres nationaux de formation professionnelle continue (CNFPC) seront en outre dynamisés et rapprochés du monde du travail: «Ils feront également office de centres de compétences où chacun pourra venir compléter son parcours et sa formation», a détaillé Claude Meisch. La procédure de validation des acquis de l’expérience (VAE) sera par ailleurs simplifiée, afin que davantage de personnes puissent valoriser leurs années de travail par l’obtention d’un diplôme. Enfin, une agence d’accréditation sera créée, avec pour mission de promouvoir la formation professionnelle continue et de garantir la transparence sur le marché de la formation continue.


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Agenda 2030

Troisième axe ministériel enfin, la promotion de la diversité des métiers et des talents. Il vise à «nourrir les talents dès le plus jeune âge», selon le ministre. Dans ce contexte, la démarche prévoit des projets pédagogiques, des campagnes de sensibilisation, un Festival des Métiers (en 2020). Le Luxembourg Science Center sera aussi sollicité, à travers des projets ponctuels, qui contribueront au travail d’éveil des jeunes aux métiers et aux professions.

Ces six priorités, dont le coût de mise en place n'a pas été divulgué, s’inscrivent dans la stratégie gouvernementale initiée en 2008 en vue de moderniser le système éducatif et scolaire luxembourgeois. Elles sont contenues en filigrane dans l’Accord de coalition 2018-2023. Selon ce programme du gouvernement Bettel II, «l’actuelle législature fonctionnera désormais sous le signe de la consolidation, de l’évaluation des effets desdites réformes et, en cas de besoin, de leur adaptation. Aussi l’engagement en faveur du renforcement de l’école publique et du développement prioritaire des offres scolaires publiques est réitéré», énonce le document.

Dans ce domaine, le Grand-Duché entend ainsi aligner son action politique avec les objectifs de l'éducation au développement durable de l’Agenda 2030 de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Ceux-ci obligent les pays à «assurer à tous une éducation équitable, inclusive et de qualité et des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie».


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