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Hames damné
Luxembourg 5 min. 21.09.2022
Politique

Hames damné

Pour Yves Cruchten (LSAP), la réaction du CSV suite aux propos de Josy Hames était «bien trop molle».
Politique

Hames damné

Pour Yves Cruchten (LSAP), la réaction du CSV suite aux propos de Josy Hames était «bien trop molle».
Photo: Anouk Antony
Luxembourg 5 min. 21.09.2022
Politique

Hames damné

Charles MICHEL
Charles MICHEL
Ce mercredi, le conseil communal de Bascharage se réunit au «Käerjenger Treff». Au menu notamment, les propos injurieux tenus sur Facebook à l'encontre de Déi Jonk Gréng par Josy Hames (CSV) auteur par le passé de saillies quelque peu lunaires...

À Bascharage, l'incompréhension est palpable. Dans cette commune d'à peine 5.795 âmes, personne ne s'explique vraiment le geste de cet homme que d'aucuns pouvaient croiser, jadis, au 135, avenue de Luxembourg. À l'agence locale de la Spuerkeess où il était caissier. Ce mercredi, l'ouverture des travaux du conseil communal est fixée à 8h15. Et pour Josy Hames, c'est l'heure de rendre des comptes.


Le CSV et son Hames (trop) sensible
Membre du conseil communal de Bascharage, Josy Hames (CSV) a enflammé la sphère politique en qualifiant samedi Déi Jonk Gréng (les jeunes verts) de «terroristes» qui vont «provoquer la fin de l'Europe et de sa culture». Rien que ça...

«Vraiment, on ne s'attendait pas à ça. Je ne sais pas ce qu'il lui a pris...» Anja Kihn (Déi Gréng) n'est pas d'humeur à sabrer. Membre du conseil communal depuis février 2020, elle dit n'avoir «jamais entendu Josy Hames tenir ce genre de propos». Alors, comme d'autres, elle aimerait comprendre les raisons qui l'ont poussé à poster au pied d'un reportage d'Eldoradio consacré à Déi Jonk Gréng, paru le 15 septembre sur Facebook et intitulé «Ne pas verser les générations futures dans la crise», ce commentaire: «Ce sont tous des terroristes verts et cette racaille va provoquer la fin de l'Europe et de sa culture.» 

Cela fait 18 ans que je suis au conseil et je l'ai entendu prendre trois ou quatre fois la parole. Et encore, une fois c'était pour souhaiter la bonne année...

Yves Cruchten (LSAP)

Première échevine, Josée-Anne Siebenaler-Thill (Déi Gréng) siège depuis quinze ans au conseil. De l'homme, sur le plan personnel, elle dit ceci: «Bon, ce n'est pas un bon ami, mais quand on se voit, on discute un peu. Avec moi, il a toujours été très gentil.» De son confrère, elle ajoute: «Au conseil communal, il ne parle pas beaucoup...»

Cour des droits de l'homme, porcherie et révolution

Tous les témoignages recueillis s'accordent sur au moins un point, Josy Hames n'est pas d'ordinaire du genre à se faire entendre. «Cela fait 18 ans que je suis au conseil et je l'ai entendu prendre trois ou quatre fois la parole. Et encore, une fois c'était pour souhaiter la bonne année...». Président du LSAP à la Chambre et conseiller communal à Bascharage, Yves Cruchten ne se dit toutefois pas surpris de cette affaire. C'est que Josy Hames semble bien plus actif sur les réseaux sociaux que lors des conseils communaux.

Automne 2020. En réaction à une publication sur sa page Facebook, liée aux mesures sanitaires, Yves Cruchten reçoit plusieurs commentaires injurieux de Josy Hames. Le Luxemburger Wort est parvenu à se procurer deux d'entre eux. Le premier est quelque peu lunaire: «Vous devriez tous vous retrouver devant la Cour des droits de l'homme. Cette porcherie qu'est la Chambre devrait être retournée de fond en comble. Vous avez détruit le Luxembourg.» Dans le second, le ton se veut plus véhément: «Vous êtes des antidémocratiques, vous manipulez les gens. Vive la révolution et vive la grève générale! Et crevez tous du coronavirus!»

De cette affaire, Yves Cruchten préfère en sourire. «Ma première réaction a été de me dire ''tiens, c'est encore une fois la zizanie au CSV''... Ici, à Bascharage, c'est une vraie pièce de théâtre. On ne s'ennuie jamais», lâche le député avant de se reprendre: «Je ris mais au fond, il n'y a rien de drôle. L'image qui est renvoyée de la politique est terrible...»

Lundi, Claude Wiseler, président du CSV, déclarait que «le choix des mots (était) inapproprié» sur RTL. Une formulation qu'Yves Cruchten juge «un peu molle». Ce mercredi, sur les ondes de 100.7, Gilles Roth (CSV) estime qu'il faut avoir une «certaine retenue» en politique tout en affirmant que Claude Wiseler a employé «les bons mots». Le bourgmestre de Mamer a également tenu à présenter ses excuses au parti écologiste, notamment envers déi jonk gréng.

Michel Wolter (CSV), lui, se serait bien passé de cette affaire. Mais le bourgmestre de Bascharage n'a pas donné suite, mardi, à nos sollicitations. Selon nos informations, il était toutefois prévu, ce mercredi, qu'il s'entretienne avec les membres de la coalition. Une réunion informelle prévue avant même l'ouverture du conseil communal. 

Un conseil communal au sein duquel Josy Hames compte bien continuer de siéger:  «D'ici la fin de la semaine, j'envoie ma lettre de démission au CSV. Mais je resterai au conseil communal comme indépendant.» Perspective tout à fait envisageable, mais qui pose toutefois des questions. Ainsi, comme il le laissait entendre lundi, il s'apprêterait à rejoindre l'ADR et pourrait donc siéger au conseil communal avec une autre étiquette que sous laquelle il a été élu. Yves Cruchten souligne que «ce ne sera pas la première fois qu'une pareille chose se produit». 

L'ADR s'exprimera «en temps voulu»

Cette perspective en interpelle plus d'un. «L'ADR fait comme il veut, mais s'il accepte un nouveau membre qui tient ce genre de propos, ça pose question», déclare Nico Funck (DP) alors que Josée-Anne Siebenaler-Thill souligne que l'adhésion à un parti politique ne se fait pas unilatéralement: «Le parti doit vous accepter. Mais, sans faire de généralité car en son sein, il y a aussi des gens très bien, des membres de l'ADR ont déjà, par le passé, tenu ce genre de propos.» Mardi, le président de l'ADR, Fred Keup, n'a pas souhaité s'exprimer. «Je vous remercie pour votre intérêt, mais nous communiquerons le temps voulu.»


IPO,ADR-Parlamentarische Bilanz.Jeff Engelen,Fernand Kartheiser,Fred Keup.Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
«Il n'y a pas d'extrême droite au Luxembourg»
L'ADR compte attaquer les prochaines élections législatives de manière offensive et s'est présenté comme une «alternative politique».

D'ici le 28 septembre, et cette conférence de presse qui doit se tenir, comme le confiait lundi Josy Hames au 25, rue Notre-Dame à Luxembourg, soit au siège du bureau parlementaire de l'ADR, les regards se tourneront ce mercredi matin vers le «Käerjenger Treff» où, dit-on, on est habitué à en voir de toutes les couleurs...

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