Coup de blues pour les étudiants de l'Uni
Coup de blues pour les étudiants de l'Uni
Entre difficultés financières, stress des examens et isolement, les étudiants de l'Uni ne recevront jamais trop d'aide psychologique en ces temps de pandémie. Stefanie Knill, directrice des services étudiants, et Joanna West, psychologue et inclusion officer, reviennent sur la plateforme destinée à aider les étudiants et personnels de l'Université de Luxembourg depuis le début de la pandémie.
Comment se portent les étudiants de l'Uni depuis le début de l'épidémie ?
Stefanie Knill - «Pour ce qui est du virus en lui-même, il n'y a pas eu de gros cluster à l'Uni, seulement quelques cas dus, à mon sens, à des activités annexes des étudiants plutôt qu'à la tenue des classes. Depuis la deuxième vague, les cours se font principalement à distance, sauf certains travaux pratiques comme ceux qui se déroulent en laboratoire. L'ensemble des examens se sont également passés à distance, à de très rares exceptions. Néanmoins, beaucoup d'étudiants sont en demande d'une aide psychologique en cette période.
Quelles solutions apportez-vous aux étudiants dont le moral est en baisse?
Joanna West - «Au début de la pandémie, nous avons anticipé des potentiels problèmes à venir et nous avons donc mis en place la plateforme Umatter qui propose des ressources au sein de l'université, mais aussi dans le reste du Luxembourg pour les étudiants qui ont besoin d'aide. Nous avons aussi créé la plateforme Karaconnect, qui permet aux étudiants de contacter une équipe de quatre psychologues pour discuter de leurs craintes et trouver des solutions par mail, par téléphone ou par visioconférence. Nous faisons des rendez-vous physiques seulement pour des cas très particuliers, comme les étudiants qui n'ont pas du tout d'intimité chez eux.
Voyez-vous transparaître un véritable blues chez ces étudiants?
Joanna West - «Les étudiants sont effectivement en demande d'aide, puisque nous enregistrons entre quatre et six requêtes par jour sur la plateforme. Durant le premier confinement, les étudiants étaient stressés par cette situation inédite qu'ils ne comprenaient pas. Pour la deuxième vague, ils étaient davantage préparés. Leurs craintes sont désormais tournées vers leur sensation d'isolement, l'obtention de leurs examens et les difficultés financières que connaissent certains. Des bourses ont été octroyées à ceux qui ne parvenaient plus à payer leur loyer ou même à se nourrir. Beaucoup de jeunes ont perdu leur job étudiant. La famille n'est pas d'une grande aide pour certains, car elle subit également des problèmes économiques.
Cette situation inédite induit-elle davantage de décrochages cette année?
Stefanie Knill - «Nous n'avons pas plus de décrochages que d'habitude, car nous sommes une petite université, qui compte moins de 7.000 étudiants, avec des professeurs et des personnels administratifs qui les connaissent bien. Nous leur envoyons chaque semaine un message pour leur rappeler qu'une aide leur est offerte s'ils en ressentent le besoin et s'ils se sentent seuls.
Existe-t-il une aide spécifique pour les étudiants étrangers qui sont encore plus isolés ?
Stefanie Knill - «50% de nos étudiants viennent en effet de pays étrangers, dont 20% hors de l'Union européenne. Un programme a été mis en place cet été pour ceux qui ne pouvaient pas retourner dans leur pays d'origine. Quatre ou cinq activités avaient lieu par jour pour aller découvrir le Luxembourg et garder le lien social. Même si la plupart des services de l'Université étaient fermés durant les fêtes de fin d'année car les personnels avaient besoin de repos après dix mois de travail intense, une permanence a été mise en place pour assurer aux étudiants une réponse à leurs craintes.
Comment apaisez-vous les peurs exprimées par les étudiants ?
Joanna West - «C'est déjà important pour eux d'avoir une oreille attentive, ou même une réponse à un mail. Nous ne faisons pas de véritable thérapie clinique, nous les aidons à trouver les ressources qui leur permettront de se sentir mieux. Certains préfèrent par exemple passer par un service plus large pour des questions d'intimité, alors on leur fournit les informations pour faire appel à SOS Détresse. Nous les aidons aussi à comprendre les schémas psychologiques qui les mènent à se sentir mal. Il faut qu'ils arrivent à identifier ce qu'ils peuvent faire. Nous leur donnons parfois des sortes de petits devoirs entre chaque séance, en les encourageant à trouver chaque jour un élément pour améliorer leur situation.»
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