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Un timide démarrage pour le Nutri-Score
Luxembourg 2 min. 08.07.2021
Consommation

Un timide démarrage pour le Nutri-Score

Seules six entreprises sur les 151 que compte le secteur agroalimentaire au Luxembourg ont décidé d'appliquer le système français.
Consommation

Un timide démarrage pour le Nutri-Score

Seules six entreprises sur les 151 que compte le secteur agroalimentaire au Luxembourg ont décidé d'appliquer le système français.
Photo: Getty Images
Luxembourg 2 min. 08.07.2021
Consommation

Un timide démarrage pour le Nutri-Score

Marie DEDEBAN
Marie DEDEBAN
L'indice permettant de connaître la qualité d'un produit peine à faire l'unanimité au Luxembourg: moins de 5% des entreprises ont adhéré au projet à ce jour. Celles qui l'ont adopté en revanche le voient comme un outil au service du consommateur.

Quatre ans après la France, le Luxembourg adopte à son tour le Nutri-Score. Destiné à renseigner les consommateurs sur la qualité des aliments, l'indice coloré connaît pourtant un timide démarrage au Grand-Duché. Ainsi, selon le ministère de la Protection des consommateurs, seules six entreprises sur 151 du secteur se sont portées volontaires pour adopter le dispositif. Soit moins de 5% de l'agroalimentaire luxembourgeois.


«Le Nutriscore pourrait faire évoluer les mentalités»
Destiné à permettre aux consommateurs de comparer la valeur nutritionnelle des produits, le dispositif déjà en vigueur en Allemagne, en Belgique et en France deviendra bientôt réalité au Luxembourg. Avec comme ambition, notamment, de lutter contre l'obésité.

Si ce premier pas ne change pas grand-chose pour les consommateurs, habitués à voir le logo sur certains produits allemands, belges et français, le système doit surtout convaincre les producteurs. Sur la dizaine d'entreprises contactées, seules deux ont joué la carte de la transparence, avec des avis bien tranchés. 

La mesure a beau viser en priorité les multinationales comme Coca-Cola, Ferrero ou Nestlé, les Moulins de Kleinbettingen y ont trouvé leur compte. Perçu comme «un outil supplémentaire au service du consommateur», le dispositif n'a pas vocation à être exhaustif. Il s'agit plutôt d'un complément d'information nutritionnel qui ne préjuge pas de la qualité du produit, l'entreprise mettant en avant «son fonctionnement en circuit court» et son attention particulière au taux de pesticides dans ses produits.


Wirtschaft, Aktivitätsplan 2019, Paulette Lenert,  Aktivitätsplan 2019,  Foto: Anouk Antony/Luxemburger Wort
La sécurité alimentaire sous un seul et même toit
Une campagne d'information sur le nutriscore, un projet de loi sur le recours collectif et un premier jalon posé pour créer une seule administration pour contrôler la sécurité alimentaire. La ministre de la Protection des consommateurs a du pain sur la planche.

Un argumentaire qualitatif également prôné par Oikopolis, maison mère de Naturata, qui considère que le barème de couleur «peut facilement induire les consommateurs en erreur en raison de son caractère unidimensionnel». Pour Änder Schanck, responsable marketing du groupe, «dire qu'un produit est plus riche en graisse ou en sucre n'est pas un gage de qualité». Car pour la firme spécialisée en produits bio, les critères du dispositif impliquent «qu'une pizza surgelée ou une crème glacée puissent obtenir un A tandis qu'un fromage artisanal ou une huile d'olive vierge obtiennent un D».

Une remarque dont le ministère de la Protection des consommateurs a conscience, puisqu'en mai dernier il prévenait que le système excluait «les additifs ainsi que les édulcorants» et ne tenait pas non plus compte du degré de transformation des produits. «Nous allons informer les consommateurs en leur expliquant notamment que les produits qui ne disposent pas du Nutri-Score ne sont pas nécessairement plus mauvais», indiquait alors Jeannette Muller. 

Le ministère a justement lancé lundi une campagne d'information à ce sujet, en direction des consommateurs et des producteurs. A noter toutefois que si le Luxembourg et ses voisins ont adopté le dispositif français, sept autres pays européens s'opposent fermement à son déploiement en Europe, préférant conserver leur propre système. Pourtant, il faudra bien s'entendre: la Commission européenne envisage de son côté d'adopter un étiquetage nutritionnel harmonisé d'ici fin 2022.


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