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Confinement ou pas, l'alcool reste un fléau
Luxembourg 4 min. 20.10.2020 Cet article est archivé

Confinement ou pas, l'alcool reste un fléau

Pour compenser le manque de relations imposé, certains avaient pris l'habitude des apéros entre voisins.

Confinement ou pas, l'alcool reste un fléau

Pour compenser le manque de relations imposé, certains avaient pris l'habitude des apéros entre voisins.
Photo : Pierre Matgé
Luxembourg 4 min. 20.10.2020 Cet article est archivé

Confinement ou pas, l'alcool reste un fléau

Faute d'étude, le ministère de la Santé ne dispose pas de chiffres concernant les incidences du confinement sur les addictions. Mais l'alcoolisme demeure pointé du doigt alors que les symptômes dépressifs sont en augmentation.

(DH) - La peur de la pandémie de covid-19, l'isolement, les situations professionnelles précaires, mais aussi les apéritifs via les réseaux sociaux ont-ils eu un impact significatif sur la consommation d'alcool et de psychotropes? Pour Paulette Lenert, la ministre LSAP de la Santé, la réponse est loin d'être évidente.

Pour ce qui est de la consommation d'alcool, Paulette Lenert mentionne le rapport de l'OMS de 2019 où la consommation par habitant est calculée sur la base de la production annuelle d'alcool (importation et exportation) divisée par le nombre de résidents âgés de plus de 15 ans. La ministre précise ainsi qu'il convient de noter que le Luxembourg compte «un nombre élevé de passages frontaliers (environ 45% de la population active) et que le prix de l'alcool au Luxembourg est relativement bas». 

Selon elle, un pourcentage élevé d'alcool vendu au Grand-Duché est acheté et consommé par des non-résidents. Mais l'enquête EHIS, sur laquelle s'appuie la ministre, n'établit pas de chiffres précis quant au nombre de personnes dépendantes à l'alcool au Luxembourg.   


Confinement et alcool forment un mauvais cocktail
Le stress lié à la situation sanitaire, aux craintes de perte d'emploi ou aux tensions du confinement ont poussé certains à trouver refuge dans la boisson. Un choix d'autant plus préoccupant que la prise en charge de cet alcoolisme a été suspendue pendant de longues semaines.

Par contre, un rapport, commandité par la Commission européenne, et daté de l'an dernier, apparaît plus incisif. En effet, ce dernier stipule que «les efforts engagés pour enrayer la consommation excessive d'alcool ont donné des résultats limités», et cette consommation «continue de représenter un problème de santé publique majeur».

Le rapport indique en outre que le pourcentage d'adultes ayant fait état d'épisodes de consommation d'alcool excessive (6 boissons alcoolisées ou plus par un adulte, et 5 boissons alcoolisées ou plus par un adolescent lors d'une soirée) compte parmi les plus élevés de l'UE, plus d'un adulte sur trois. En termes de consommation, le Luxembourg détient même la troisième place au sein de l'UE après le Danemark et la Roumanie.  


80% de contacts sociaux en moins avec le confinement
Une étude menée par le Laboratoire national de Santé montre combien les restrictions de sorties et rencontres ont été suivies. Avec leur traduction directe sur le ralentissement de la diffusion du covid-19 au Luxembourg.

Une note plus positive vient toutefois égayer ce tableau: seulement un adolescent de 15 ans sur sept déclare avoir été ivre au moins deux fois dans sa vie, ce qui est la proportion la plus faible de l'UE.  

A la question de savoir s'il y a suffisamment de places dans le pays pour soigner cette addiction, Paulette Lenert indique qu'il est prévu, au sein du «Plan d'action du Luxembourg pour la réduction de la consommation d'alcool, 2020-2024», «d'analyser le besoin d'offres nouvelles ou complémentaires et pour adapter les structures existantes».

Les médecins davantage consultés

Interrogée sur les cas de dépression, la ministre indique que les deux campagnes de sensibilisation, organisées dans le cadre de la mise en œuvre du plan de prévention du suicide, ont donné «plus de visibilité». «Globalement, on a pu constater que plus d'un tiers de personnes ont consulté un généraliste, et ce quelle que soit la situation covid-19».  D'autre part, Paulette Lenert constate que le site Internet dédié aux problèmes de dépression a été consulté plus fréquemment ces derniers mois qu'avant la pandémie, et ce, par toutes les tranches d'âge.

La ministre a également indiqué que 8,3% des jeunes de 15 ans ou plus avaient fait part de symptômes dépressifs au cours des deux dernières semaines avant l'enquête. Dans 50% des cas, il s'agissait de symptômes dépressifs sévères. 

«En termes de consommation de psychotropes, le Luxembourg est en dessous de la moyenne par rapport aux pays de l'OCDE, mais globalement le taux a augmenté ces dernières années», a-t-elle encore ajouté. 

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