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Le harcèlement de rue ne figurera pas dans le code pénal
Luxembourg 2 min. 17.06.2021
Condition des femmes

Le harcèlement de rue ne figurera pas dans le code pénal

A ce jour, le gouvernement ne dispose d'aucune donnée quantifiant le harcèlement de rue, indique la réponse parlementaire.
Condition des femmes

Le harcèlement de rue ne figurera pas dans le code pénal

A ce jour, le gouvernement ne dispose d'aucune donnée quantifiant le harcèlement de rue, indique la réponse parlementaire.
Photo: AFP
Luxembourg 2 min. 17.06.2021
Condition des femmes

Le harcèlement de rue ne figurera pas dans le code pénal

Marie DEDEBAN
Marie DEDEBAN
Les ministres de la Justice et de l'Egalité entre les femmes et les hommes estiment ce jeudi que la lutte contre ces comportements sexistes passe plutôt par l'éducation à l'égalité des genres.

En matière d'harcèlement de rue, la position des ministres de la Justice, Sam Tanson (Déi Gréng), et de l'Egalité entre les femmes et les hommes, Taina Bofferding (LSAP), est claire: elles misent sur les actes. C'est pourquoi les deux ministres ont indiqué ce jeudi que l'inscription de l'outrage sexiste dans le code pénal luxembourgeois n'était pas d'actualité. 


Le harcèlement de rue trouve écho sur Insta'
Anne Maria Schmitz, Luxembourgeoise de 23 ans, vient de lancer un compte où les filles peuvent pointer du doigt tels insulte ou commentaire désobligeant faits à leur encontre dans l'espace public.

Si elles ne nient pas «l'effet d'annonce» que pourrait avoir pareille décision, les deux femmes indiquent dans leur réponse parlementaire qu'elle pourrait s'avérer inefficace dans les faits. Citant pour exemple les législations française et belge, elles précisent que leur efficacité n'était à ce jour «pas démontrée», les infractions enregistrées donnant rarement lieu à une amende forfaitaire ou des poursuites judiciaires. «Le pourcentage de femmes ayant déjà été victimes de harcèlement de rue est plus élevé que le taux d'infractions enregistrées», souligne la réponse parlementaire.

Face à la difficulté des forces de l'ordre de ces deux pays de rassembler des preuves irréfutables, le gouvernement luxembourgeois préfère miser sur la sensibilisation à plus grande échelle. «Parler et faire prendre conscience de la portée de ces agissements sont des éléments clés pour faire cesser les outrages sexistes», stipule la réponse des ministres. 

Pour ce faire, le ministère de l'Egalité rappelle intervenir auprès des jeunes, lors d'ateliers dans les écoles et foyers, notamment sur la thématique des stéréotypes de genre. La plateforme Rokmega met également à disposition des outils et webinaires pour épauler parents et enseignants. Taina Bofferding indique également travailler «étroitement» avec des associations lors de grands évènements, pour prévenir ce genre de comportements et «éveiller les consciences sur les violences et insultes».

Un travail qui doit selon les deux ministres encourager les témoins de ces insultes ou comportements sexistes «à intervenir» pour soutenir les victimes. Lesquelles, faute de recours judiciaire, peuvent toujours partager leur vécu sur les réseaux sociaux

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