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Comment Vauban pense avoir réglé ses problèmes de mobilité
Luxembourg 8 8 min. 20.02.2018

Comment Vauban pense avoir réglé ses problèmes de mobilité

Luxembourg 8 8 min. 20.02.2018

Comment Vauban pense avoir réglé ses problèmes de mobilité

Virginie ORLANDI
Virginie ORLANDI
Ce mercredi, ce sont 1.409 élèves supplémentaires qui arrivent sur le site du campus francophone Vauban à Gasperich faisant monter le nombre d'enfants sur le site à 2.205. Comment les questions liées à la mobilité ont-elles été gérées?

Transports en commun, subventions de la Ville de Luxembourg, augmentation du tarif du ramassage scolaire pour le primaire et gestion du trafic autour de 2.205 élèves, Bruno Lorrain, directeur exécutif, répond aux questions de mobilité concernant le campus Vauban.

Vous avez mené une étude de mobilité afin de définir au mieux les besoins et les contraintes autour du campus Vauban. Pouvez-vous nous expliquer en quoi elle consiste? 

L'étude initiale a été faite en 2012-2013 et conditionnait l'obtention du permis de construire du bâtiment. Depuis le début, la Ville de Luxembourg est très soucieuse de savoir comment nous allons gérer le flux de nos élèves. Tout le quartier du Ban de Gasperich a été pensé en fonction du tram et jusqu'en 2021, nous sommes en période transitoire.  Cette première cartographie nous a permis de nous faire une idée et nous l'avons complètement remise à plat en 2017.

"D'après l'étude de mobilité, nous pensons que 60% des élèves du campus vont venir en transports en commun, 5% vont venir à vélo et 35% en voiture", déclare Bruno Lorrain, directeur exécutif.
"D'après l'étude de mobilité, nous pensons que 60% des élèves du campus vont venir en transports en commun, 5% vont venir à vélo et 35% en voiture", déclare Bruno Lorrain, directeur exécutif.
Pierre Matgé


  • Qu'est-ce qui a changé entre-temps?

La géolocalisation des domiciles des familles a évolué. Pour les primaires, cette seconde étude nous a permis de développer des lignes de bus et un ramassage scolaire en fonction des lieux d'habitation des familles et depuis septembre 2017, 530 des 796 élèves du primaire utilisent le ramassage scolaire.

  • Les élèves du secondaire sont-ils concernés par ce service de ramassage scolaire?

Non, ils ne le sont pas car nous estimons qu'ils sont suffisamment âgés pour utiliser les services de bus de la capitale. D'après l'étude de mobilité, nous pensons que 60% des élèves du campus vont venir en transports en commun, 5% vont venir à vélo et 35% en voiture. A partir de mercredi, nous allons tester ce modèle afin de vérifier la justesse de ces hypothèses. Ensuite, nous allons regarder avec l'offre proposée par la Ville de Luxembourg, l'adéquation entre l'offre et le besoin.

  • La file d'attente pour déposer son enfant à l'école primaire le matin est longue. Les parents qui vont emmener leur adolescent au collège ou au lycée, vont-ils emprunter le même chemin?

Oui, les parents vont suivre le même itinéraire mais à des horaires différents. Le secondaire débute les cours à 8 heures et le primaire à 8 heures 30. Notre expérience nous montre qu'entre 7 heures 30 et 45, beaucoup d'élèves du secondaire sont déjà sur le site. L'accueil du primaire se fait, lui, à partir de 8 heures 15, ce qui permet de séparer les flux et d'éviter les embouteillages.

  • Vous êtes donc confiant quant au bon déroulement de la rentrée de ce mercredi?

Oui, nous sommes confiants d'autant plus que la police de Gasperich sera présente sur les boulevards Kockelscheuer et Raiffeisen pour se rendre compte si le cadencement des feux est en accord avec la réalité et intervenir au besoin. Par exemple, si 200 lycéens arrivent en même temps par le bus, peut-être que la programmation des feux ne sera pas assez longue et qu'il faudra l'adapter pour leur laisser le temps de traverser.

  • Cela veut-il dire que l'organisation des transports en commun et de la signalétique pourrait être soumise à des changements?

Oui, c'est possible. Le 7 mars, après 15 jours d'activité, nous allons faire un premier bilan de la rentrée avec la Ville de Luxembourg. Toute la circulation sur les deux boulevards doit être bien cadencée et des lignes supplémentaires sont effectives depuis ce lundi matin: il s'agit des lignes 21, 22, 24, 26 et 29.

  • Certains parents se disent anxieux à l'idée que leur enfant au collège prennent les transports en commun. Qu'avez-vous à leur dire?

Quand il y a un changement, il y a de l'appréhension car cela bouleverse les habitudes familiales. Mais il n'est pas rare en milieu urbain que les enfants à partir de 11 ans prennent le bus tout seuls. Tous les élèves des lycées techniques luxembourgeois se débrouillent seuls pour rejoindre leur école.

  • Dans quels quartiers ou communes les familles du secondaire sont-elles domiciliées?

La majorité des familles vivent en centre-ville et on remarque que les nouveaux arrivants s'installent dans les quartiers de Bonnevoie, Gasperich et Cessange et non plus à Belair ou au Limpertsberg.

  • Et pour les élèves de primaire?

Un certain nombre d'élèves vit en dehors de la capitale et huit lignes de ramassage et neuf bus couvrent ces destinations. Les bus desservent les communes de Bertrange, Strassen, Fentange, Hesperange et Howald et les quartiers du Limpertsberg, Belair, Merl, Hollerich, Gasperich. Au total, le service de ramassage scolaire dessert 40 arrêts et les bus arrivent tous entre 8h20 et 8h35 pour un début des cours à 8h45 au primaire.

  • Tous les parents des élèves de primaire participent à l'effort de mobilité et paient pour le ramassage scolaire même si leur enfant ne prend pas le bus. Cependant, la facture a augmenté entre septembre 2017 où elle était de 25 euros par enfant et par mois, et janvier 2018 où elle se chiffre à 52,30 euros par enfant et par mois. Comment expliquez-vous cette augmentation?

Le prix de 25 euros a été fixé avant de démarrer le service et ensuite il s'est avéré que nous avions sous-estimé les besoins en surveillance dans le bus. Avec la pratique, nous nous sommes rendu compte que le retour des enfants en bus demandait au moins deux personnes car il faut faire sortir les enfants au bon arrêt et les donner à la bonne personne en fonction d'une liste laissée par les parents.

La Ville de Luxembourg souhaite un ramassage scolaire qui utilise les arrêts de bus de la capitale.
La Ville de Luxembourg souhaite un ramassage scolaire qui utilise les arrêts de bus de la capitale.
Pierre Matgé
  • La Ville de Luxembourg va-t-elle vous accorder une subvention?

Aujourd'hui, nous n'avons pas la réponse mais si la Ville nous octroie une subvention, la somme de 52,30 euros pourrait être allégée. Le travail technique a été fait et maintenant, nous attendons la réponse. Maintenant, si notre modèle change en septembre prochain, nous adapterons la demande de subvention également.

  • Avez-vous imaginé abandonner le ramassage scolaire au profit de la navette qui coûterait moins cher?

C'était notre première idée de faire une navette avec des points de collecte mais avec les travaux du tram, la Ville de Luxembourg n'a pas souhaité que nous fassions ça. Des bus qui stationneraient durant dix minutes le temps que tout le monde monte n'était pas envisageable. Nous avions également proposé d'utiliser les P+R mais la Ville a également refusé.

  • Que souhaite la Ville de Luxembourg, finalement?

La Ville de Luxembourg souhaite un ramassage scolaire qui utilise les arrêts de bus de la capitale. Cependant, nous devons veiller à ce que nos bus ne gênent pas la circulation de ceux de la Ville. Aujourd'hui, de nombreux parents sont très contents qu'un tel ramassage existe.

  • Les containers de chantier ont-ils disparu afin de laisser la place à des emplacements de parking supplémentaires pour les classes de petite section?

Non, pas encore. Actuellement, nous avons 25 places sur les 50 de prévues ainsi que 30 places pour la dépose minute. Elles devraient être libérées à la fin du chantier.

  • Combien de foyers scolaires viennent chercher les enfants avec des navettes et comment circulent-ils?

A l'heure actuelle, 12 prestataires de foyers scolaires viennent chercher les enfants à la sortie de l'école. Ils sont équipés de mini bus et deux d'entre eux ont un grand bus. Les petits bus peuvent s'approcher au plus près de l'école mais les grands bus n'ont pas la place de circuler et doivent rester  à quelques mètres de la sortie. Les élèves montent vers le bus avec les éducateurs le long du trottoir protégé par un muret.

  • 250 professeurs enseignent à Vauban et 125 places de parking sont disponibles. Comment allez-vous gérer ceci?

L'arrivée au Ban de Gasperich était un gros défi pour nous car 70% de nos professeurs venaient en voiture travailler lorsque nous étions au Limpertsberg. Il faut savoir que 60% des enseignants du Secondaire sont frontaliers, c'est pour cette raison que nous finançons une partie de leur M-Pass. On a réussi à inverser la vapeur sur le taux d'utilisation des voitures et 47% du personnel vont utiliser ou utilisent déjà les transports en commun.

  • C'est vous qui avez décidé de construire un parking avec 125 places?

Non, c'est un quota qui se calcule en fonction de l'activité du bâtiment et du nombre de personnel. La Ville a des ratios qui sont très bas car tout est orienté vers les transports en commun. Au départ, nous avions le droit à 80 places et après négociations avec la Ville, nous avons obtenu 125 places.

  • Comment organisez-vous le planning du parking des professeurs?

Le personnel utilise un logiciel qui permet de gérer le partage de places de parking. Chaque salarié donne ses souhaits en début d'année scolaire, nous décidons ensuite qui a le droit à une place de parking ou pas. On privilégie les personnes ayant une amplitude horaire importante, les personnes à mobilité réduite, les personnes ayant de jeunes enfants à gérer. La bonne surprise pour cette rentrée, c'est qu'on n'a eu à refuser personne et que tous les professeurs qui le souhaitaient ont une place de parking.

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