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Comment manger local au Luxembourg?
Luxembourg 13 6 min. 05.11.2018 Cet article est archivé

Comment manger local au Luxembourg?

Comment manger local au Luxembourg?

Photo: Chris Karaba
Luxembourg 13 6 min. 05.11.2018 Cet article est archivé

Comment manger local au Luxembourg?

Sophie WIESSLER
Sophie WIESSLER
Nous continuons notre série sur les initiatives proposées, même à petite échelle, pour lutter concrètement contre le réchauffement climatique au Luxembourg. Aujourd'hui, nous allons vous donner des astuces pour consommer des produits locaux et réduire ainsi votre impact sur l'environnement.

Tous nos choix de consommation ont un impact sur l’environnement, la société et la faim dans le monde. On estime, selon SOS Faim, qu’environ un quart de l’empreinte écologique d’un Luxembourgeois est dû à ses habitudes alimentaires. Alors, à l'heure où le réchauffement climatique bat des records et où plusieurs associations luxembourgeoises se mobilisent pour «donner des pistes» aux citoyens, d'autres mouvements continuent d'agir aux quatre coins du pays.

1 - La Maison de la Transition à Esch/Alzette


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La maison de la Transition d'Esch/Alzette, unique au Luxembourg, a ouvert ses portes en mars 2016, bien que «les bénévoles engagés dans ce projet y réfléchissent depuis 2013. Les projets citoyens aussi ambitieux soient-ils prennent du temps!», souligne en riant Delphine Dethier, coordinatrice du réseau Transition Luxembourg.

L'idée ici est d'offrir une épicerie bio, avec des produits luxembourgeois ou issus de la Grande Région mais aussi un lieu de rencontres pour ceux qui souhaitent s'engager, «se réapproprier leur nourriture». C'est une coopérative alimentaire, pour «inciter les gens à être acteurs de leur futur dans une optique de post-croissance», explique Delphine.

En plus de l'espace épicerie, un bar-restaurant propose chaque jour des menus locaux, de saison, à déguster au déjeuner et des boissons locales, d'autres mets à grignoter tout au long de la journée.

Des soirées-débats, ateliers - "do it yourself" par exemple, pour apprendre à créer son propre dentifrice ou déodorant; ou encore comment faire son propre jardin - et autres lectures, concerts sont également organisés très régulièrement.

«Nous voulons offrir un moment de partage et d'échanges; pouvoir rencontrer des personnes avec les mêmes idées. Parce que c'est aussi un soulagement de voir que l'on n'est pas tout seul à penser dans son coin! Et qu'il existe plein d'alternatives, il suffit de les voir, de s'y intéresser», souligne Delphine, prospectus à la main.

Cette initiative fait partie de sept projets réalisés par le CELL - Centre for Ecological Learning Luxembourg - qui fait lui-même partie du mouvement de la Transition Luxembourg. Ce mouvement est citoyen et regroupe des centaines de bénévoles dans tout le Grand-Duché.

C'est surtout un réseau qui réunit nombre d'initiatives locales et thématiques engagées dans le changement à la fois social, écologique et économique. Nous parlons donc ici de projets en matière d'alimentation, d'énergie et de consommation.

Le terme "Transition" désigne les changements à faire en vue d'une société moins dépendante du pétrole par exemple, mais aussi plus heureuse et solidaire. «Sans être naïfs, nous voulons nous concentrer sur le positif», résume Delphine Dethier.

2 - Le réseau TERRA, au plus près des agriculteurs locaux

La maison de la transition n'est que l'un des moyens disponibles au Luxembourg pour se mobiliser. Plusieurs autres alternatives sont possibles, notamment si vous souhaitez manger local. Un grand problème au Luxembourg, qui importe énormément de l'étranger (95% de ses produits).


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«Le pays ne produit que 3% de fruits et légumes, contre 103% de lait. Il y a un réel déséquilibre, et c'est notre mission d'alerter le gouvernement et les citoyens de cette situation urgente», analyse Delphine Dethier.

Pour la coordinatrice de Transition Luxembourg, l'une des alternatives possibles serait d'investir dans des coopératives alimentaires. «On ne va pas changer le monde comme ça, tout à coup. Seul dans son coin, on n'y arrivera pas. C'est en s'engageant ensemble, avec une communauté qui a un but commun, que nous ferons avancer les choses», appuie-t-elle.

Et elle n'hésite pas à donner un exemple concret: «Nous avons conscience que les personnes manquent de moyens et d'alternatives, qu'elles sont un peu perdues. C'est normal, il faut leur donner une certaine visibilité pour qu'elles puissent se réapproprier leur nourriture!»

Le réseau TERRA semble donc être l'exemple parfait pour ce type de requêtes.  

«Vous achetez un panier pour l'année, à 800 euros, et chaque semaine, vous venez le remplir dans les points de collecte du pays avec des produits issus des récoltes des agriculteurs locaux. Ce sont des légumes frais et bio chaque semaine, du printemps jusqu'à la fin de l'automne», explique Delphine.

Pour aller dans ce sens, un marché des alternatives alimentaires est d'ailleurs organisé ce dimanche 18 novembre de 11 heures à 18 heures au Tramsschapp de Luxembourg, avec de nombreux acteurs, producteurs locaux pour vous permettre de trouver des alternatives de ce type.

3 - Une carte interactive pour vous aider

Nous avons donc en main une arme redoutable: celle de pouvoir changer les choses grâce à de nouveaux modes de consommation. En tant que consommateurs, en optant pour une alimentation responsable, nous pouvons donc agir positivement sur notre santé, la nature et la faim dans le monde.


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«Les gens ne sont pas aveugles, ils voient la sécheresse, les problèmes climatiques autour d'eux. Il faut à présent prendre les choses en main et se tourner vers les coopératives alimentaires et énergétiques, avoir son propre jardin, manger local etc. Ce sont ces petites choses qui au final, réalisées ensemble, pourront avoir un impact sur le climat. Il faut montrer la voie», martèle Delphine Dethier.

SOS Faim a justement mis en ligne une carte interactive très intéressante, qui expose, en un clin d’œil, les différentes alternatives possibles autour de chez vous, au Luxembourg, pour "manger responsable": producteurs locaux, points de vente, initiatives citoyennes, toutes sortes d'alternatives aux multi-nationales y sont proposées.

SOS Faim

Une carte réalisée dans le cadre de la campagne "Changeons de menu!" de SOS Faim au Luxembourg. «Au Grand-Duché, notre niveau de consommation de viande, de produits laitiers, de sucre et de produits riches en matières grasses nécessite énormément d’énergie et détruit des écosystèmes précieux au détriment des conditions de vie des plus pauvres. Mieux manger et moins gaspiller pourra avoir un impact considérable sur les ressources de la planète dont dépendent les existences de tous les êtres humains», explique l'association.

Découvrez cette carte de l'alimentation responsable en cliquant sur ce site.

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