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Comment détecter la démence? Un psy nous explique: J'ai la mémoire qui flanche
Grâce à un système électronique relié à un tapis de marche long de six mètres, Jean-Paul Steinmetz peut analyser les mouvements de marche et les comparer avec ce qui se passe dans le cerveau de la personne qui se trouve sur le tapis.

Comment détecter la démence? Un psy nous explique: J'ai la mémoire qui flanche

Photo: Tania Bettega
Grâce à un système électronique relié à un tapis de marche long de six mètres, Jean-Paul Steinmetz peut analyser les mouvements de marche et les comparer avec ce qui se passe dans le cerveau de la personne qui se trouve sur le tapis.
Luxembourg 4 min. 17.10.2014

Comment détecter la démence? Un psy nous explique: J'ai la mémoire qui flanche

Depuis une dizaine d'années, on a remarqué que les problèmes liés à la marche prédisent très souvent un changement cognitif. En d'autres termes, la marche pourrait aider à détecter une pré-démence et à retarder l'apparition d'une maladie neurologique. Jean-Paul Steinmetz, docteur en psychologie nous explique comment détecter la démence.

(Virginie Orlandi) - Depuis une dizaine d'années, on a remarqué que les problèmes liés à la marche prédisent très souvent un changement cognitif. En d'autres termes, la marche pourrait aider à détecter une pré-démence et à retarder l'apparition d'une maladie neurologique. Jean-Paul Steinmetz, docteur en psychologie et chercheur au sein du département Recherche & Développement de ZithaSenior nous explique comment détecter la démence.

Il y a plusieurs types de maladies neuro-dégénératives et la maladie d'Alzheimer, dont on parle beaucoup, est loin d'être la seule. La perte de mémoire peut être due à une démence dans le cadre d'une maladie de Parkinson ou une démence vasculaire résultant d'un ou de plusieurs micro-accidents vasculaires cérébraux comme l'explique Martine Hoffmann, docteur en psychologie et spécialiste de la vieillesse: «L'apparition de la maladie neurologique diffère d'une personne à une autre car cela dépend des ressources cognitives de chacun: certaines personnes mettent en place des stratégies pour pallier d'éventuelles pertes de mémoire, d'autres sont dans le déni et puis, il y a les hypocondriaques qui vont consulter pour le moindre petit oubli... Détecter la pré-démence, c'est très compliqué».

La maladie neurodégénérative affecte le cerveau ainsi que le système système nerveux et évolue progressivement et il se passe parfois de nombreuses années avant qu'un diagnostic précis soit posé.

Mais depuis une dizaine d'années, des recherches ont montré que ces maladies touchent tout autant les fonctions cognitives que motrices. En résumé: si la mémoire flanche, il y a de grandes chances que la marche vacille.

La marche pourrait aider à détecter une pré-démence et à retarder l'apparition d'une maladie neurologique.
La marche pourrait aider à détecter une pré-démence et à retarder l'apparition d'une maladie neurologique.
Photo: Tania Bettega

Jean-Paul Steinmetz est chercheur en psychologie au sein du Recherche & Développement de la société ZithaSenior à Luxembourg-ville. Grâce à un système électronique relié à un tapis de marche long de six mètres, il peut analyser les mouvements de marche et les comparer avec ce qui se passe dans le cerveau de la personne qui se trouve sur le tapis. En général, il teste des personnes de plus de 70 ans mais l'endroit est ouvert à tous.

«Normalement, la marche repose sur un automatisme mais avec l'âge, la marche requiert de plus en plus de ressources attentionnelles, des ressources qui ne sont souvent plus existantes. Cette perte de capacités ne peut pas seulement conduire à des chutes mais peut en même temps être symptomatique d'une maladie neurologique plus grave», explique le psychologue, «Le test consiste à observer la marche d'un patient et de lui faire résoudre une tâche de mémoire simple. Des recherches scientifique récentes ont pu démontrer qu'on arrive à détecter les premiers stades de développement de la démence par cette double tâche.  Une marche lente n'implique pas forcément une démence et peut être due, par exemple, à une arthrite mais l'association marche lente et troubles de la mémoire doit poser question».

Attention aux comportements inhabituels

Jean-Paul Steinmetz est chercheur en psychologie au sein de la Clinique de la Mémoire et de la Motricité à la Clinique Sainte Zithe à Luxembourg-ville.
Jean-Paul Steinmetz est chercheur en psychologie au sein de la Clinique de la Mémoire et de la Motricité à la Clinique Sainte Zithe à Luxembourg-ville.
Photo: Tania Bettega

Petit trou de mémoire ou démence en préparation? La fatigue ou le stress peuvent avoir raison de notre cerveau et nous jouer quelques tours et il est toujours plus sage de consulter si les symptômes persistent.

Les signes précurseurs de ce type de maladies sont souvent liés à des pertes de mémoire qui touchent des tâches familières ou quotidiennes, à des problèmes de langage ou d'orientation dans le temps et l'espace mais ce sont surtout les changements de personnalité qui alertent les médecins en général:

«Les comportements inhabituels, l'agressivité soudaine, la peur ou l'apathie, le désintérêt de la personne âgée pour son entourage peuvent être des signes précurseurs de la démence», note le psychologue, «Ces signes sont à prendre avec le plus grand sérieux», conclut Jean-Paul Steinmetz.

Retrouvez l'intégralité de notre série  «Pour qui sont tous ces psys?» dans notre dossier.

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