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Comment augmenter le nombre de votants étrangers
Luxembourg 4 min. 27.06.2017 Cet article est archivé

Comment augmenter le nombre de votants étrangers

Dans l'immédiat, les dix organisations partenaires qui travaillent notamment dans le domaine de l'intégration lancent un appel à l'ouverture des bureaux de la population de toutes les communes ce samedi le 1er juillet lors de la Journée nationale d'inscription.

Comment augmenter le nombre de votants étrangers

Dans l'immédiat, les dix organisations partenaires qui travaillent notamment dans le domaine de l'intégration lancent un appel à l'ouverture des bureaux de la population de toutes les communes ce samedi le 1er juillet lors de la Journée nationale d'inscription.
Photo: Archives LW
Luxembourg 4 min. 27.06.2017 Cet article est archivé

Comment augmenter le nombre de votants étrangers

Les étrangers, les femmes et les jeunes «sont sous-représentés dans les conseils communaux» au Luxembourg. L'ASTI en tête, dix organisations font des propositions concrètes aux 105 communes et aux partis politiques pour changer cet état de fait et augmenter le nombre d'étrangers sur les listes électorales en vue des élections communales du 8 octobre 2017.

(MF avec mig) – Les étrangers, les femmes et les jeunes «sont sous-représentés dans les conseils communaux» au Luxembourg. L'ASTI (Association de Soutien aux Travailleurs Immigrés) en tête, dix organisations luxembourgeoises font des propositions concrètes aux 105 communes et aux partis politiques pour booster la participation des étrangers à la vie communale et augmenter le nombre d'étrangers sur les listes électorales en vue des élections communales du 8 octobre 2017.

Deux chiffres permettent de mesurer le déficit démocratique à combler. D'après le dernier recensement de 2011, pas moins de 48 % -soit tout près de la moitié- de la population luxembourgeoise est étrangère. Seuls 17% des étrangers remplissant les conditions d'inscription figuraient effectivement sur les listes électorales lors des élections communales d'octobre 2011.

Un faible taux qu'une étude du CEFIS avait alors expliqué par un manque d'intérêt, l'ignorance de l'échéance, comme du système électoral et l'appréhension face à l'obligation de vote, voire des sanctions encourues.

Rappelons que les étrangers -qu'ils soient issus de l'UE ou pas- peuvent voter et être élus échevin et bourgmestre au Luxembourg, depuis la réforme de la loi électorale votée à la mi-mars 2012 à la Chambre des députés.

Dans l'immédiat, les dix organisations partenaires qui travaillent notamment dans le domaine de l'intégration (Association démocratique des Français de l'Etranger, Amitié Portugal-Luxembourg, Confédération Générale de la Jeunesse du Luxembourg, etc.) lancent un appel à l'ouverture des bureaux de la population de toutes les communes ce samedi le 1er juillet lors de la Journée nationale d'inscription. Rappelons que le temps presse puisque les résidents étrangers ont jusqu'au 13 juillet pour s'inscrire et pouvoir glisser un bulletin dans l'urne communale cet automne.

Abolir la condition de résidence de 5 ans

Aux partis politiques, ces dix organisations demandent de «s'ouvrir davantage aux étrangers et donner aux non-Luxembourgeois de réelles perspectives de responsabilité politique». Communes et politiques auront, sous peu, dans leur boîte aux lettres, les réflexions et propositions qui visent à renforcer la participation de toutes les couches de la population à la vie communale et par là à renforcer la cohésion sociale. «Il est essentiel pour la cohésion sociale que le plus grand nombre de résidents votent, sous peine de voir le déficit démocratique devenir tel, que nous ne pourrions plus parler de démocratie représentative», posent les dix signataires.

Pour parvenir à augmenter le nombre d'étrangers qui s'inscrivent sur les listes électorales là où ils vivent, l'ASTI et les neuf organisations préconisent clairement de supprimer la condition du délai de résidence de 5 ans au Luxembourg, condition sine qua non pour pouvoir s'inscrire sur une liste électorale. Les arguments sont limpides: d'une part, le Luxembourg est «le seul pays de l'Union européenne à avoir une telle disposition»; d'autre part «la très grande majorité des pays de l'Union n'exigent aucune durée de résidence». La condition de résidence avait par ailleurs déjà été abolie pour les élections européennes.

Il s'agit aussi de «faciliter au maximum l'inscription sur les listes électorales». Les signataires trouvent «regrettable» que l'initiative gouvernementale de changer la loi électorale pour permettre aux étrangers de s'inscrire par voie électronique ne devienne déjà réalité pour les élections de cet automne.

Quelques propositions concrètes

Si des préoccupations concernent tous les électeurs d'une commune, «certaines matières suscitent plus de préoccupation pour les étrangers. Certains aspects affectent davantage les migrants, faute de réseaux politiques, de faibles connaissances de leurs droits et devoirs, de manque de liens avec la vie locale, de méconnaissance des langues du pays, etc.», écrivent les dix organisations qui proposent, entre autres, aux communes et aux partis:

  • de mettre en place un plan communal à l'intégration, qui pourrait être le fil conducteur des politiques locales d'intégration.
  • d'assumer leurs responsabilités, en proposant des structures d'accueil pour demandeurs de protection internationale et des logements pour bénéficiaires de protection internationale.
  • de s'engager dans la construction conséquente de logements, notamment locatifs.
  • de prendre en compte les particularités linguistiques de la population de la commune.
  • de soutenir les associations locales pour stimuler des initiatives communes entre associations «luxembourgeoises» et «issues de l’immigration».
  • d'inciter les citoyens à la participation politique, en créant des discriminations positives (système de «récompenses»), par exemple, pour ceux qui s'inscrivent sur les listes électorales, sans discriminer les citoyens luxembourgeois.
  • d'œuvrer pour une présence accrue des résidents étrangers, des jeunes et des femmes dans toutes les commissions communales.
  • de consacrer, au moins, un conseil communal par an aux questions d'intégration des nouveaux résidents.
  • de mettre en place un poste d'agent à l'intégration locale dans la commune ou regroupement de communes.
  • de créer un guichet unique à l'Intégration auprès des bureaux de la population.

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