Changer d'édition

Claude Wiseler: «Il faut faire attention que cette croissance ne nous dépasse pas»
Claude Wiseler: «C'est presque charnel. J'adore parler le français. J'adore lire, écrire en français».

Claude Wiseler: «Il faut faire attention que cette croissance ne nous dépasse pas»

Photo : Caroline Martin
Claude Wiseler: «C'est presque charnel. J'adore parler le français. J'adore lire, écrire en français».
Luxembourg 17 min. 09.07.2018

Claude Wiseler: «Il faut faire attention que cette croissance ne nous dépasse pas»

Maurice FICK
Maurice FICK
Deux de ses aïeux étaient bourgmestres libéraux à Walferdange. Mais dès ses années de lycée, Claude Wiseler a opté pour le parti chrétien-social. Tête de liste du CSV pour les élections législatives d'octobre, Claude Wiseler, 58 ans, souhaite que le Luxembourg «garde le rythme de croissance à un niveau où la capacité d'intégration, nécessaire pour notre cohésion sociale, soit toujours possible». Il reste «ouvert sur les trois coalitions possibles pour le CSV» et «ne veut pas de campagne de revanchisme».

Le français: langue pivot dans le travail au Luxembourg mais aussi langue en perte de vitesse parmi les Luxembourgeois. Avant les élections législatives d'octobre prochain, nous avons décidé d'interroger les députés sur leur rapport à la langue de Molière, à travers une série d'interviews.

Quel est votre rapport à la francophonie?

Mon rapport à la francophonie passe directement par la littérature française. Comme je suis professeur de français de formation, spécialisé en littérature française moderne de l'entre-deux-guerres, j'ai un rapport très direct avec la culture française et la langue française. C'est presque charnel. J'adore parler le français. J'adore lire, écrire en français. De par ce rapport à sa culture, il est évident que la France, en tant que pays, avec tous ses forts et ses faibles, m'est proche et sympathique. Je suis, bien évidemment, de près, la politique française. J'ai donc des liens très directs, très personnels, très étroits avec la culture et la politique françaises. C'est une longue histoire.

Utilisez-vous la langue française pour vous exprimer au quotidien?

Non à la maison, nous parlons le luxembourgeois même si mon épouse est portugaise. Mais je parle français avec mes beaux-parents. Je ne parle pas portugais avec eux parce que mon portugais fait rigoler ma belle-mère... donc je préfère m'exprimer en français (rire franc). J'arrive à parler portugais mais pas de façon assez courante pour le parler pendant des heures.

Photo : Caroline Martin

Parlez-nous de vos études...

J'ai fait mes études à la Sorbonne à Paris de 1979 à 1983. Puis j'ai continué avec un doctorat jusqu'en 1989. Je travaillais au Luxembourg en allant tous les mois à Paris pour poursuivre ce travail de doctorat à côté de mon travail. Il s'agissait d'un doctorat mixte entre littérature, essentiellement, mais aussi sciences politiques, puisqu'il s'agissait de parler des écrivains de l'entre-deux-guerres, notamment de Pierre Drieu Larochelle et Antoine de Saint-Exupéry et de leur relation avec l'action et la politique. Parce que cette époque de l'entre-deux-guerres était une époque où la littérature avait sur la politique une énorme influence. Beaucoup plus qu'aujourd'hui où elle n'en a presque plus. A cette époque les écrivains étaient des gens qui influençaient la pensée, la pensée politique et philosophique mais aussi l'action politique. D'un autre côté, des écrivains voulaient aussi s'engager politiquement. Ça marchait dans les deux sens.

Mon analyse portait sur deux écrivains. D'un côté, Antoine de Saint-Exupéry qui était aviateur et voulait s'engager dans la guerre et considérait que l'action et l'écriture ne pouvaient pas exister l'une sans l'autre. De l'autre côté, Pierre Drieu Larochelle qui était soldat pendant la Première Guerre mondiale et qui pensait exactement la même chose. J'ai analysé ces deux parcours et c'était très particulier parce que l'un partait de la Gauche pour arriver vers  la Droite pour Pierre Drieu Larochelle et l'autre, Antoine de Saint-Exupéry, partait un peu de la Droite pour arriver tout de même après la guerre à un antigaullisme qu'on ne connaît plus aujourd'hui. Il considérait de Gaulle à l'époque comme un dictateur et un véritable danger pour la France. C'était donc -avec André Malraux- «le» résistant français. C'était tout à fait particulier de les voir tirer des conclusions tout à fait différentes sur les grands événements et de les voir influencer la politique.

Et vous-même vous êtes plutôt parti de la Droite ou de la Gauche?

Mon grand-père et mon arrière-grand-père étaient maires libéraux (aujourd'hui le DP) de Walferdange. L'un après la Première Guerre mondiale, l'autre après la Seconde Guerre mondiale. La famille de mon père était plutôt libérale, celle de ma mère plutôt chrétienne-sociale. J'ai choisi d'entrer au parti à 23 ans mais j'ai milité avant d'entrer au parti à l'époque où le CSV était dans l'opposition, c'est-à-dire entre 1974 et 1979. C'était mes années de lycée. Dans l'opposition, j'ai pris la décision d'adhérer au parti chrétien-social dont je me sentais plus proche.

Retour à la littérature: quel livre en français gardez-vous en mémoire?

«Courrier Sud» de Saint-Exupéry. C'est un style tellement édulcoré et une écriture du français tellement précise que j'en étais éberlué. Tout mot, toute virgule est à sa place. Il n'y a rien à changer. C'est génial. J'ai lu peu d'écrivains avec cette perfection sur la langue comme sur le style. Avec lui, j'ai compris que la littérature, ce n'est pas sortir des phrases du ventre mais c'est sortir des sentiments du ventre et fignoler ses phrases. Et voir que chaque mot soit juste. D'ailleurs Saint-Exupéry refusait d'apprendre d'autres langues. Il ne voulait pas parler anglais parce qu'il disait que l'anglais contaminait la pureté de sa langue française (sourires). Pour des Luxembourgeois multilingues, c'est très curieux. Mais il y a ce sentiment de considérer la langue française comme un trésor.

Photo : Caroline Martin

N'est-ce pas ce qui manque justement par rapport au luxembourgeois?

Souvent j'aurais dit que la langue luxembourgeoise n'a pas les mêmes moyens d'expression que la langue française. Aujourd'hui, j'ai lu un certain nombre de livres et celui de Nico Helminger, le lauréat du Prix Servais 2018 pour «Kuerz Chronik vum Menn Malkowitsch sengen Deeg an der Loge» («Chronique courte des jours de Menn Malkowitsch dans la loge») m'a donné le sentiment d'une langue luxembourgeoise tellement riche, puissante, bien utilisée que j'ai adoré ce livre. La langue luxembourgeoise peut être une langue de littérature permettant d'exprimer des sentiments, des choses très détaillées et très profondes. Nico Helminger l'a très bien fait.

Quel film français vous a marqué?

«Mammuth» avec Gérard Depardieu. C'est un film qui m'a touché. Mammuth est un personnage, avec sa vieille moto, tellement déplacé, à côté de la vie, désespéré et tout de même joyeux  qui traverse l'âge et la société, reclus sur soi avec un œil ironique... c'est merveilleux comme mélange. Gérard Depardieu est un acteur merveilleux.

Dans vos réflexions de député, quelle place accordez-vous aux résidents étrangers?

Je considère que le Luxembourg est depuis toujours un pays d'immigration. Une des grandes réussites du Luxembourg c'est d'être justement parvenu à faire un pays où quasiment la moitié des résidents sont des non-Luxembourgeois et à intégrer au fur et à mesure des années, énormément de monde et à créer avec autant d'apports de tous les pays -notamment les pays francophones- une société qui vit bien ensemble. L'intégration a très bien fonctionné, en fait, j'en suis très fier. J'ajoute, ce qui peut paraître comme une banalité, mais sans cet apport, le Luxembourg ne serait rien. Je ne sais même pas quoi répondre tant cette place est importante et cet apport me paraît tellement naturel, évident, enrichissant.

Aujourd'hui, une des grandes questions qui se posent politiquement -parce que nous connaissons une croissance tellement rapide- c'est: comment réussir à préserver ce que nous avons réussi à construire aux cours des cinquante dernières années? Il faut préserver cette capacité d'intégration du Luxembourg. Mais je dis qu'il faut tout de même faire attention à ce que cette croissance ne nous dépasse pas. Et qu'on garde le rythme de croissance à un niveau où cette capacité d'intégration, nécessaire pour notre cohésion sociale, soit toujours possible. Il faut faire très attention à ça.

Le résultat du référendum sur le vote des étrangers a-t-il, selon vous, changé la perception des étrangers au Luxembourg?

J'ai considéré avant que le référendum ne soit fait et je l'ai exprimé à de nombreuses reprises, que poser cette question-là dans un référendum était une erreur. Je le dis aujourd'hui également parce qu'on a posé une question dont la discussion risquait de faire une fracture dans la société. Et je sais que des deux côtés, beaucoup de gens se sont posé des questions et qu'une certaine fracture s'est tout de même créée à l'époque puisqu'on a commencé à poser beaucoup plus de questions sur l'identité, la langue, etc., il faut bien sûr y répondre car ce sont des questions importantes mais elles ont été posées suite à un référendum.

Lors de la prochaine législature, le nombre de résidents étrangers devrait dépasser le nombre de résidents luxembourgeois. Comment peut-on construire la cohésion sociale dans ce contexte?

Qu'on soit 48% de résidents étrangers, 49% ou 50%, je ne considère pas qu'il y ait de nombres magiques et puis ça veut dire quoi étranger? Est-ce seulement une question de nationalité? C'est aussi une question d'intégration, de bien se sentir au Luxembourg, de comment vivre ensemble. Ce que nous avons fait, ce sont deux choses: une loi sur la nationalité beaucoup plus ouverte et qui permet à beaucoup plus de monde de devenir Luxembourgeois, et surtout cette ouverture, qui m'a paru tellement importante sur une partie du droit du sol qui dit à tous les jeunes qui sont nés ici qu'à 18 ans, ils sont Luxembourgeois! 

Ça a tout de même changé l'attitude vers la nationalité luxembourgeoise. L'ouverture de la nationalité a également permis l'ouverture de la possibilité pour participer aux élections législatives. Les non-Luxembourgeois ne profitent pas assez aujourd'hui de l'offre de participation qu'ils ont au niveau communal et, comme les frontaliers, au niveau des élections sociales. Mais ça reste leur choix. Je crois qu'il faut faire des campagnes de sensibilisation beaucoup plus tôt et plus efficaces.

Photo : Caroline Martin

Quand le Luxembourg comptera près d'1 million d’habitants vers 2060, il comptera aussi environ 350.000 travailleurs frontaliers, selon les projections du Statec et de la Fondation Idea. Est-ce pour vous plutôt une richesse ou un défi pour le pays ?

Je considère que la croissance aujourd'hui, est un défi pour le pays. Si nous avons une croissance et qu'elle est uniquement démographique, et non pas une croissance de productivité, elle nous posera évidemment des problèmes. Au niveau des capacités d'intégration mais surtout au niveau du suivi infrastructurel: question de trafic, de prix du logement, de développement de la structure sociale, des écoles, des maisons de retraite et autres.

Que ce soit 700.000 ou 800.000 habitants -ce que je considère plus réaliste- ou 1 million d'habitants, ces chiffres nous posent des défis. La croissance d'aujourd'hui, c'est-à-dire 14.000 nouveaux résidents par an signifie qu'il faut construire une Ville de Luxembourg toutes les sept années,  avec les routes, les écoles, les maisons, etc. Donc le défi est énorme et les investissements à faire sont énormes. Je crois qu'il faudra faire des efforts pour que notre croissance devienne plus une croissance de productivité et qu'on essaye de contenir le rythme de croissance démographique. Je sais que c'est extrêmement difficile. Tout est à faire, rien que de développer l'offre scolaire ou l'offre en clubs de football dans les communes par exemple! C'est «le» grand défi de la prochaine législature.

Votre leitmotiv pour cette campagne électorale est: «De la croissance oui mais modérée». Expliquez-nous...

Je dirais «sélective». Il s'agit de choisir, pour le développement des entreprises qu'on veut au Luxembourg, quels créneaux on veut développer. Aujourd'hui on en développe cinq: la finance-assurance, la logistique, les technologies de l'information, la biotechnologie et le spatial qui n'est d'ailleurs pas une invention d'Etienne Schneider mais qui a une longue histoire au Luxembourg avec SES. Etienne Schneider le fait avec son style mais il le fait très bien.

Je considère qu'il y a deux autres créneaux qu'on peut pousser et qui donneraient encore un plus qu'on ne le fait aujourd'hui, c'est tout ce qui a attrait à l'économie circulaire et à la construction verte. Comme par exemple la recherche sur un toit intelligent qui peut capter le soleil tout en fournissant la maison en électricité et en stockant l'énergie dans des piles pour stocker l'électricité. Je crois que le Luxembourg a les capacités de jouer un rôle dans ce domaine. Le dernier créneau serait celui de développer une sorte de «medical hub» pour développer des techniques médicales au Luxembourg et faire des recherches sur les techniques médicales.

Cela veut dire bien choisir ses secteurs et faire en sorte que sa politique de promotion, de subventionnement et fiscale soit dirigée vers ces créneaux d'un côté et de l'autre côté, faire en sorte que le tissu économique et industriel des petites et moyennes entreprises (PME) soit aussi développé de façon prioritaire aujourd'hui. Parce que je crois beaucoup dans le développement des entreprises que nous avons déjà et qu'il faut soutenir dans leur croissance.

De nombreux frontaliers laissent tomber leur rêve d'une carrière professionnelle au Luxembourg car l'argent seul ne fait plus leur bonheur. Ils veulent retrouver une meilleure qualité de vie. N'est-ce pas un mauvais signal pour le pays?

Je comprends cela très bien. Si vous mettez une heure et demie à venir au Luxembourg tous les matins et à rentrer le soir ça vous prend trois heures tous les jours, c'est énorme! La question de la mobilité est une question centrale dans l'attractivité du pays et je crois que c'est un des défis majeurs qu'on ne peut pas ignorer. Je le mets au même niveau que le logement.


Frontaliers, ils ont décidé de quitter le Luxembourg
Ils sont chaque année plus nombreux à franchir les frontières pour travailler au Luxembourg. Si le pays continue d'attirer du monde, il existe aussi des personnes qui décident de tout arrêter et le quittent définitivement. C'est à ces anciens frontaliers que nous avons décidé de donner la parole. Pourquoi sont-elles venues au Luxembourg? A quoi ressemblait leur quotidien? Pourquoi sont-elles parties?

Pour ce qui est de la mobilité, il y a beaucoup de points à aborder. J'ai développé à l'époque le MoDu, le programme de Mobilité Durable travaillant sur tous les axes de la mobilité, que ce soit la voiture, le bus, le train, le tram, le vélo, les pôles d'échanges, les P&R, afin de faire un programme d'investissement cohérent qui puisse développer des chaînes de déplacement cohérent. Je crois qu'il faut continuer de cette manière et accélérer les investissements le plus possible. Par ailleurs, il faut développer le télétravail et voir comment décentraliser les postes de travail au Luxembourg pour les établir aux frontières et éviter les déplacements jusqu'à la ville de Luxembourg. Il n'y a pas une solution miracle mais une série de possibilités qu'on peut utiliser pour alléger ce problème.

Photo : Caroline Martin

Il y a cinq ans le CSV s'est fait éjecter des négociations par les 3 partis au gouvernement. Auquel des trois vous en voulez le plus?

Je n'en veux à personne. Je ne suis pas quelqu'un de vindicatif et qui remâche le passé sans cesse. J'ai un projet d'avenir et je veux avoir la possibilité de le mettre en place. Pour être très clair, je ne veux pas de campagne de revanchisme.

Les récents sondages indiquent qu'une coalition entre le CSV et les Verts est souhaitée. Qu'en pensez-vous franchement?

Je reste ouvert sur les trois coalitions qui , pour nous, sont possibles: les Verts, les libéraux ou les socialistes. Je ne veux pas exprimer de préférence aujourd'hui. Je considère Les Verts comme un partenaire possible, on va voir avec les élections, au même degré que les deux autres partis.

Si on gagnait les élections, il faut d'abord qu'on regarde les résultats, et puis qu'on discute sur les programmes électoraux. Sur les hommes je n'ai pas de préférence, je m'entends très bien avec beaucoup de gens. Et même si j'ai lu dans les sondages que les gens voulaient qu'on annonce les coalitions avant les élections, peut-être qu'on dit ça mais après les élections, si on ne tient pas compte des résultats des élections, on nous dira la même chose, à savoir: pourquoi va-t-on voter si vous ne tenez même pas compte de nos votes?

Que retenez-vous, en tant que fer de lance du CSV des cinq années passées dans l'opposition?

L'opposition c'était d'abord tout un apprentissage pour nous. Je considère qu'il nous a permis de nous renouveler avec beaucoup de jeunes qui ont pris une place importante dans nos structures et qui se sont fait une place importante aux élections communales. On a essayé d'en tenir compte sur nos listes pour les élections législatives sur lesquelles vous trouvez de nombreux jeunes auxquels on a clairement voulu faire une place sur nos listes pour symboliser le renouveau du CSV. On a fait les mêmes efforts au niveau de notre programme et de nos thèmes qu'on va présenter dans les prochaines semaines. Le 18 juillet on fera une première présentation des grandes lignes du programme.

Vous étiez par deux fois ministre sous l'ère Juncker qui s'est stoppée net. Si vous deveniez effectivement Premier ministre quel serait votre leitmotiv pour gouverner le pays? Votre plus grande ambition?

Ma plus grande ambition et mon leitmotiv c'est de faire une politique sur le moyen et sur le long terme. A chaque fois de voir ce que les actions que nous ferons auront pour conséquences sur cinq, dix, quinze, vingt années. Je crois que c'est facile à dire, difficile à faire mais je crois que c'est un bon défi.

A 58 ans, bon nombre de personnes songent plutôt à la retraite. Mais vous, vous  vous préparez à endosser la plus haute fonction gouvernementale. Vous faites cela dans quel état d'esprit ?

Je suis arrivé à un certain point de ma vie où je n'ai plus rien à prouver. Et je fais ce que j'ai envie de faire maintenant. Et j'ai envie aujourd'hui de mener cette campagne électorale. Je la gagne ou je la perds mais je la fais avec plaisir et puis, on verra. Ma liberté aujourd'hui c'est de pouvoir me dire: je n'ai besoin de rien. J'ai fait dix années au gouvernement, je n'ai pas besoin de revenir au gouvernement. Si je reviens au gouvernement c'est pour faire un certain nombre de choses et de réformes. Je n'ai aucun besoin personnel de quoi que ce soit. Ma vision est qu'il y a une nécessité à faire aujourd'hui un certain nombre de réformes. Et si je suis élu, je vais les faire. D'autre part, je sais que je n'ai pas trente années devant moi. Et donc ce que j'ai à faire il ne faut pas que je le retarde à beaucoup plus tard. La liberté d'un côté et la volonté de faire de l'autre. Et ça va très bien ensemble.

Racontez-nous ce que sera votre été 2018...

Je crois que ce sera une semaine de vacances en famille au Portugal. Pour le reste ce sera au Luxembourg pour voir ce qui se passe ici et essentiellement pour me préparer pour les cinq ou six semaines qui seront essentielles dans peu de temps.


Sur le même sujet

Laurent Zeimet: «Chaque nouveau résident ou frontalier représente une richesse»
La langue française «m'a posé pas mal de problèmes à l'école primaire», reconnaît le Secrétaire général du CSV et député-maire de Bettembourg qui a fait une bonne partie de ses études de droit à Paris. Dans un Luxembourg en pleine évolution démographique, Laurent Zeimet estime que «chaque nouveau résident ou chaque nouveau frontalier qui veut s'investir ici, représente une richesse». A un peu plus de quatre mois des élections législatives, celui qui œuvre au sein d'une coalition communale CSV-Les Verts-DP, «ne croit pas que les coalitions à trois soient recommandables au niveau national».
Bürgermeister / 30.05.2018
Marc Baum: «On est en train de payer la facture»
Verve et engagement politique, voici les deux passions de Marc Baum pour qui "le passeport importe peu" puisqu'il se bat pour tous les salariés. Pour lui, il est grand temps de réfléchir à ce que veut vraiment le Luxembourg et à la participation démocratique de ses résidents étrangers ou non.
Roy Reding: «La mixité ne se décrète pas, elle doit se vivre»
Roy Reding ne pratique pas la langue de bois. L'avocat est tête de liste de l'ADR et n'a pas particulièrement d'atomes crochus avec la langue française même s'il lui reconnaît une place de choix dans la société luxembourgeoise. Pour lui, "gouverner, c'est prévoir" et il nous explique comment l'actuelle législature a loupé le coche auprès des Luxembourgeois et des résidents étrangers.
ITV Roy Reding, ADR. Foto:Gerry Huberty
Michel Wolter: «Ce n'est pas une nécessité de revenir au gouvernement»
Le français, langue pivot dans le travail au Luxembourg mais aussi langue en perte de vitesse parmi les Luxembourgeois. Avant les élections législatives d’octobre prochain, nous avons décidé d’interroger les députés sur leur rapport à la langue de Molière, à travers une série d’interviews que nous publierons régulièrement jusqu’à l’été.