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Claude Wiseler face à sa défaite et au renouveau du CSV
Claude Wiseler, tête de liste du CSV lors des élections législatives 2018: «Décevoir tous ces gens qui me faisaient confiance. Ça m'a fait le plus mal.»

Claude Wiseler face à sa défaite et au renouveau du CSV

Photo: Christophe Olinger
Claude Wiseler, tête de liste du CSV lors des élections législatives 2018: «Décevoir tous ces gens qui me faisaient confiance. Ça m'a fait le plus mal.»
Luxembourg 2 3 min. 14.12.2018

Claude Wiseler face à sa défaite et au renouveau du CSV

Maurice FICK
Maurice FICK
Comment Claude Wiseler a-t-il vécu sa défaite? Le leader du CSV a-t-il manqué de charisme? Et si c'était à refaire, que changerait-il? Pile deux mois après les élections législatives, Claude Wiseler revient en homme libre sur sa défaite électorale. Il parle aussi de l'avenir de son parti et du sien.

Il est 22h30 dans la salle sombre des Rotondes à Bonnevoie en ce grand soir des élections législatives du 14 octobre 2018. La soirée électorale est ratée... pour un siège. Tête de liste battue du plus grand parti du pays, le CSV, Claude Wiseler, entre dans l'arène, avec un sourire coincé. Il n'est pas parvenu à redonner le premier rôle à son parti. Il ne le montre pas mais au fond de lui, il a mal.

«La chose la plus frustrante c'est d'avoir vu que beaucoup de gens vous faisaient confiance, espéraient que vous alliez avoir la responsabilité, et que vous les décevez. Ça m'a fait le plus mal», confesse-t-il aujourd'hui.

Deux mois après cette soirée, l'ancien n°1 du parti chrétien-social et ancien président de la fraction parlementaire a accepté de revenir sur cette défaite, de l'analyser et de raconter, l'œil humide, comment il a rebondi:

> L'interview en vidéo - première partie:

La défaite, reconnaît Claude Wiseler «est venue de façon très surprenante étant donné que les sondages disaient autre chose». Les sondages du Politmonitor au printemps 2018 présageaient que les électeurs replaceraient le CSV en position de gouverner à nouveau le pays.

Bien qu'«un peu frustré les premiers jours» qui ont suivi les élections, deux mois plus tard, ce qui «frustre le plus» Claude Wiseler c'est «de voir le programme gouvernemental aujourd'hui».

Le président du groupe parlementaire a déjà tiré ses propres conséquences de la défaite électorale et n'a pas tardé à rendre son tablier. Pour lui «c'était absolument évident que je ne continuerais pas à être président parce que je voulais que se fasse le renouvellement. C'est bon pour le parti et quelque part c'est aussi bon pour moi de prendre du recul pour pouvoir travailler sur d'autres dossiers» comme les affaires étrangères, la politique économique mais aussi la politique culturelle ou l'Education nationale, ne cache pas l'ancien professeur de français.

Mais Claude Wiseler lit dans le grand nombre de voix glanées lors des législatives (27.388 voix) une grande responsabilité donnée:«Il faut que je continue car les gens ont confiance en moi et que je fais un métier que j'adore». Celui qui est redevenu «simple» député, se présentera-t-il aux élections européennes en 2019?

> L'interview en vidéo - seconde partie:

Et si la campagne électorale était à refaire? «J'essaierais de changer le mode de communication», reconnaît Claude Wiseler qui ferait, en tous cas, «une campagne beaucoup plus spécifique pour toucher de façon directe les électeurs encore indécis encore quelques jours avant les élections».

Des électeurs qui s'intéressent à la politique juste avant de devoir glisser leur bulletin dans l'urne et qu'«il faut accrocher» avec une «façon plus simple d'expliquer la politique. Avec une, deux, trois, quatre idées très simples alors que notre "Plan" pour le Luxembourg était peut-être un peu trop complexe, trop général pour être transmissible à des gens éloignés de la politique à ce moment-là».

Que signifie renouveler le CSV? La remise en question de son parti passe, selon Claude Wiseler, par une réflexion sur la meilleure manière d'intéresser à la politique du CSV des électeurs, jeunes ou pas, qui sont éloignés de la politique en générale.

Il ne donne pas de nom de futurs présidentiables au sein du CSV mais verrait bien «quelqu'un de dynamique, de rassembleur et qui puisse contribuer à ce renouvellement tant dans la façon de fonctionner que dans les idées du parti. Quel que soit son âge».

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