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Claude Meisch: cinq ans d'Éducation, mais pas que
Luxembourg 4 min. 26.07.2018 Cet article est archivé

Claude Meisch: cinq ans d'Éducation, mais pas que

Le ministre de l'Éducation nationale, de l'Enfance et de la Jeunesse a fait le bilan de ses cinq ans au gouvernement, ce jeudi 26 juillet 2018, au Casino Luxembourg.

Claude Meisch: cinq ans d'Éducation, mais pas que

Le ministre de l'Éducation nationale, de l'Enfance et de la Jeunesse a fait le bilan de ses cinq ans au gouvernement, ce jeudi 26 juillet 2018, au Casino Luxembourg.
Photo: Jean Vayssières
Luxembourg 4 min. 26.07.2018 Cet article est archivé

Claude Meisch: cinq ans d'Éducation, mais pas que

La fin de la législature 2013/2018 approche pour le gouvernement Bettel-Schneider. Dans ce contexte, le ministre de l'Éducation, Claude Meisch, a fait le bilan de cinq années passées au sein d'un ministère réunissant pour la première fois l'Éducation, l'Enfance et la Jeunesse.

Par Jean Vayssières

Ce jeudi 26 juillet, Claude Meisch, ministre de l'Éducation nationale, de l'Enfance et de la Jeunesse, a dressé un bilan positif de ses cinq années de service. 

«Nous avons réussi à intégrer le système éducatif au centre de la société luxembourgeoise, avec des crèches, écoles et maisons relais de qualité», a-t-il résumé, enthousiaste. «Mais également une diversification des méthodes pédagogiques et des régimes linguistiques. Car, si le Luxembourg est une société diverse, son paysage éducatif se doit de l'être aussi». 

Au cours de cette période, 43 nouvelles lois et 138 règlements grand-ducaux furent votés et adoptés en matière d'éducation, dans une multitude de domaines: de l'apprentissage de la langue au numérique, en passant par l'inclusion. 

Éducation nationale, Enfance et Jeunesse: cinq ans de fusion des ministères

Assez pour satisfaire le ministre ? «Certains dossiers n'ont pas vraiment avancé, d'autres auraient pu aller plus loin», déplore-t-il, «mais c'est tout à fait normal, et je demeure globalement satisfait». Surtout, Claude Meisch se montre fier d'avoir «su dynamiser le secteur de l'éducation en donnant assez de liberté aux acteurs de terrain».  

Son mandat de ministre n'est pas tout à fait similaire à ceux des gouvernements précédents: depuis 2013, au sein de la coalition DP, LSAP et Déi Gréng, le ministère de l'Éducation a fusionné avec d'autres pour devenir l'actuel ministère de l'Éducation nationale, de l'Enfance et de la Jeunesse. 


Inauguration de l'Institut national des langues, Karin Pundel, le 29 Juin 2018. Photo: Chris Karaba
L'Institut National des Langues répond à l'explosion de la demande
Le nouvel Institut National des Langues (INL) de Luxembourg a été inauguré, ce vendredi 29 juin, après trois ans de travaux. L'occasion d'aborder un souci qui concerne directement les établissements d'enseignement: comment faire face à la pénurie actuelle d'enseignants en luxembourgeois, face à une demande d'apprentissage qui explose ?

Un amalgame qui, selon lui, fut d'un «grand profit pour tout le monde en unissant l'éducation formelle de l'école, plus stricte, qui demande des résultats, avec l'éducation non formelle, qui use d'autres méthodes, plus axées sur l'expérience». 

Au Luxembourg, contrée pluriculturelle s'il en est, l'apprentissage de la langue demeure, plus encore que chez ses voisins européens, un sujet majeur. 

En ce domaine, nombre d'initiatives furent prises au cours des années passées: un programme d'éducation plurilingue a par exemple été instauré dans les crèches, à l'intention des enfants âgés de un à quatre ans, afin de familiariser les plus jeunes, particulièrement réceptifs à cet âge, à l'apprentissage des langues.

«Proposer des formations adaptées à tous» 

Une nouvelle approche de l'apprentissage du français est également poursuivie à l'école dès le cycle 1 et promet, selon le ministère, de «transmettre aux enfants le plaisir de s'approprier un vocabulaire de base et de communiquer en français avant de lire ou d'écrire dans cette langue». 

L'Éducation nationale a également élargi son offre avec plusieurs alternatives linguistiques au système scolaire traditionnel. L'objectif: «proposer des formations adaptées à tous» au sein d'un pays qui voit se côtoyer, au quotidien, de nombreuses cultures et langues. 

Au cours de cette législature, concernant l'éducation formelle et non formelle, 43 lois ont été votées, et 138 règlements grand-ducaux ont été adoptés.
Au cours de cette législature, concernant l'éducation formelle et non formelle, 43 lois ont été votées, et 138 règlements grand-ducaux ont été adoptés.
Photo: Jean Vayssières

Ont été mises en place, par exemple, des classes européennes, avec pour objectif de répondre aux besoins des non-Luxembourgeois. Mais également un enseignement britannique, international, ou encore germano-luxembourgeois. 

Cependant, pour être à même d'enseigner les langues, encore faut-il disposer d'un nombre suffisant de professeurs. Face à un fort accroissement de la demande ces dernières années, le Grand-Duché a récemment dû faire face à une pénurie d'enseignants, notamment dans l'enseignement du luxembourgeois. 

«Nous pourrons organiser la rentrée prochaine avec assez de personnel»

Mercredi 25 juillet, le ministère annonçait le recrutement de 459 enseignants, donc 314 titulaires d'une formation à l'enseignement. Un chiffre suffisant pour affronter l'explosion de la demande?


314 des 459 enseignants fraîchement recrutés disposent d'un diplôme en sciences de l'éducation.
Le Luxembourg a recruté 459 enseignants
La procédure de recrutement dans le fondamental est terminée. Le ministère de l'Éducation a recruté 222 enseignants qualifiés dans le cadre du concours, ainsi que 237 chargés de cours, selon le ministère de l'Éducation.

Claude Meisch est confiant. «Heureusement, nous pourrons organiser la rentrée prochaine avec assez de personnel qualifié», rassure-t-il. «Nous recrutons des enseignants de niveau bachelor, avec des perspectives de formation continue, afin d'assurer l'avenir à moyen et long terme. Il faut continuer à convaincre les jeunes de se lancer dans l'enseignement, qui est un vrai métier !»

La diversification des offres d'enseignement ne se limite pas à des formations adaptées aux différentes langues: selon le ministère, la période 2013/2018 a également vu naître de nouvelles initiatives d'enseignement, parallèles au système classique. 

La Luxembourg Tech School par exemple, dont la phase pilote a été lancée en septembre 2016, a pour objectif d'apporter un apprentissage extrascolaire de la programmation aux élèves intéressés par le numérique. «En dehors de l'école, les élèves peuvent y apprendre à coder dans des domaines variés, comme le jeu vidéo ou le big-data», précise le ministre.

«Actuellement, la politique prime souvent sur l'éducation»

Nul ne sait encore qui prendra la suite de la coalition du gouvernement Bettel-Schneider, le 14 octobre 2018. Pour l'heure, il est encore temps de se questionner sur les grands défis que les cinq prochaines années réserveront en matière d'enseignement. 

«Il faudra pérenniser les projets déjà existants», explique Claude Meisch, «et implémenter les projets déjà votés par la Chambre. Il serait également bénéfique de parvenir à débattre de politique éducative de façon plus sereine. Actuellement, la politique prime bien souvent sur l'éducation et sur certaines décisions pragmatiques». 

Rendez-vous en 2023 donc, pour déterminer si ces objectifs auront été atteints.

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