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Cinq millions d’euros pour soutenir l'agriculture
Luxembourg 3 min. 16.06.2020

Cinq millions d’euros pour soutenir l'agriculture

Le bien-être animal figure parmi les objectifs de la réforme de la «loi agraire».

Cinq millions d’euros pour soutenir l'agriculture

Le bien-être animal figure parmi les objectifs de la réforme de la «loi agraire».
Photo: Lex Kleren
Luxembourg 3 min. 16.06.2020

Cinq millions d’euros pour soutenir l'agriculture

Eddy RENAULD
Eddy RENAULD
Romain Schneider a présenté ce mardi son plan de relance pour le secteur. La pandémie du covid-19 n'a épargné personne et certaines filières souffrent de la crise. Le paquet de mesures pour le secteur agricole fait la part belle au local et au bio.

«Pendant la crise nous avons vu que le secteur était toujours là pour assurer l’approvisionnement», s'est félicité le ministre de l'Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural devant les députés. Mais ce n'est pas parce que l'ensemble du secteur a continué à produire pendant l'état d'urgence que tout va pour le mieux. Au contraire.

Certaines filières ont souffert  d'où la nécessité d’un plan de relance. Cinq millions d'euros ont donc été mis sur la table et les différentes mesures destinées à aider le secteur agricole s'articulent autour de trois axes: promouvoir, consolider et innover. 


Politik, Pressekonferenz mit Lex Delles und Frantz Fayot, Corona virus, Civid-19, foto: Chris Karaba/Luxemburger Wort
Franz Fayot pousse à l'investissement
Le ministre de l'Economie, via les mesures du plan "Neisttart Lëtzebuerg", ne souhaite pas voir les entreprises dans la crainte d'avancer et «rester assises sur leurs liquidités».

C'est ainsi que des aides directes non remboursables d'un montant de 2.500 ou 5.000 euros sont prévues pour les fermes pédagogiques, les manèges à chevaux mais aussi les locaux de dégustation de vins et crémants. Les formulaires devraient être disponibles dans quelques jours. 

Une des problématiques du secteur, concerne les prix du marché, surtout les prix du lait et de la viande. Un monitoring est en cours d'ici l'automne et des conclusions devront être prises à l'issue des «assises de l'agriculture» qui réuniront tous les acteurs autour de la table. 


Bio-Gemüse,Foto:Gerry Huberty
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Comme le prévoit l'accord de coalition, l'objectif du Luxembourg est d'atteindre au moins 20% des surfaces agraires exploitées sans pesticide à l'horizon 2025. Pour résorber son retard et réaliser son objectif, le gouvernement a décidé d'accorder un nouveau coup de pouce aux producteurs.

Au niveau de la promotion, Romain Schneider a insisté sur l'importance de mettre en valeur les produits locaux de saison et/ou bio. Une somme de 700.000 euros sera réservée à des campagnes de sensibilisation. Par ailleurs, un projet-pilote, qui est prévu par le plan d'action de promotion de l'agriculture biologique, verra le jour à la rentrée dans un lycée, une crèche, un hôpital et un centre intégré pour personnes âgées. L'objectif est d'introduire des produits locaux et bio dans la restauration collective pour un ratio de 2/5. 

Enfin pour Romain Schneider, il est temps «d'inventer l'agriculture de demain». Un certain nombre de moyens vont être consacrés à la mise en place d'un «Food policy council» (conseil pour la politique alimentaire). L'idée est de permettre au Luxembourg d'avoir une certaine indépendance alimentaire. Un projet de production de désinfectant que les viticulteurs et distilleries pourraient développer en collaboration avec Luxinnovation a également été annoncé. 

Lifting pour la «loi agraire»

En complément de ces différentes mesures, le ministre a également rappelé que les entreprises agricoles étaient également éligibles pour les aides prévues par «Neistart Lëtzebuerg», le fonds de relance et de solidarité «à condition qu'elles  remplissent les critères», a souligné le ministre.   

Ce dernier a également évoqué l'adaptation de la «loi agraire». Pour Romain Schneider, l'objectif de cette modification est «de mettre l'accent sur la qualité». Et le ministre d'insister que les «subventions ne devront plus suivre autant la logique du volume de production ou de la taille d'une exploitation». 

Le bien-être animal, la protection de l'eau ou de l'environnement figurent entre autres parmi les objectifs recherchés. La mise en place de cette nouvelle approches de subsides est prévue pour le 1er janvier 2021. Près de 4,3 millions d’euros seront d'ailleurs prévus à cet effet. Certains plafonds de subvention devraient notamment être augmentés.

Par ailleurs, le ministre a attiré l'attention sur un phénomène qui est en hausse: les  microentreprises de l'agriculture solidaire. De plus en plus de personnes sont tentées par de nouvelles orientations professionnelles et se lancent notamment dans le domaine agricole ou alimentaire. Un domaine qui devrait faire l'objet d'un projet de loi très prochainement.

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