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«Chez papa-maman» reste une bonne adresse
Luxembourg 3 min. 13.08.2020 Cet article est archivé

«Chez papa-maman» reste une bonne adresse

En moyenne, les jeunes Luxembourgeois quittent le domicile familial vers 20 ans et un mois. Ils sont parmi les plus précoces d'Europe à sauter le pas.

«Chez papa-maman» reste une bonne adresse

En moyenne, les jeunes Luxembourgeois quittent le domicile familial vers 20 ans et un mois. Ils sont parmi les plus précoces d'Europe à sauter le pas.
Photo : Shutterstock
Luxembourg 3 min. 13.08.2020 Cet article est archivé

«Chez papa-maman» reste une bonne adresse

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Environ 20% des Luxembourgeois âgés de 25 à 34 ans vivent encore chez leurs parents, selon une récente enquête d'Eurostat. Un choix affectif, une habitude culturelle ou une nécessité financière?

En France, on les nomme les «Tanguy». En référence à un film évoquant justement ces jeunes adultes qui tardent à quitter le nid familial. Eurostat vient de leur consacrer une étude, et indique qu'en Europe la proportion de 25-34 ans vivant encore chez leurs parents est très variable. Au Grand-Duché, on parle d'une proportion d'un peu plus d'un jeune sur cinq de cette tranche d'âge n'ayant pas encore pris son envol. 

La situation au Luxembourg est proche de ce qui peut être constaté à l'échelle du continent. Ainsi, en Europe, environ 30% des 25-34 ans résident encore auprès de leurs parents. Un comportement éloigné des habitudes enregistrées au Danemark, en Finlande, en Suède ou aux Pays-Bas où à peine un jeune sur dix de cette catégorie d'âge habite encore avec sa famille. On est alors bien loin de l'attitude la plus courante en Slovaquie ou en Grèce où plus d'un adulte de moins de 35 ans sur deux est encore domicilié à l'adresse parentale. Au plus encore en Croatie, où le ratio est de 62%.

Illustration : Eurostat

Au-delà des coutumes des différents pays, incontestablement le contexte économique pèse énormément dans ce type d'attitude. Moins le climat socioéconomique de la société est favorable, moins les 25-34 ans sont enclins à quitter la protection du foyer familial. Au Luxembourg, la cause est aussi sans doute à trouver dans la difficulté à se loger avec, en poche, une bourse ou un premier revenu.

Mode de vie

Le ministère du Logement, et une étude de l'Observatoire de l'Habitat, avaient dernièrement apporté un éclairage tout particulier sur ce «taux d'effort» qui devenait insupportable pour de plus en plus de résidents, jeunes compris. Sans doute dans les années à venir, le développement du système de colocation, bientôt mieux codifié, devrait-il permettre une accession plus simple à un autre domicile. Ce mode d'habitat partagé étant apprécié des millennials. 


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Par contre, l'âge ne semble pas être le frein pour les jeunes Luxembourgeois quand vient l'heure de quitter la maison. Ainsi, c'est en moyenne à 20 ans que ce choix est fait au Grand-Duché, note Eurostat. De quoi placer le pays parmi les plus précoces pour ce genre d'attitude. 

Il est vrai que partir de chez soi, notamment pour suivre un cursus d'études à l'étranger, fait partie des nécessités propres au pays. Seuls les jeunes Suédois devancent d'ailleurs les Luxembourgeois sur ce terrain. Ainsi, du côté de Stockholm, c'est dès 17 ans que l'on laisse ses parents sur le pas de la porte pour mener sa vie.

Mais en moyenne, en 2019, les jeunes de l'UE n'ont pas quitté le ménage parental avant l'âge de 26 ans. Toutefois, cet âge varie considérablement d'un État membre à l'autre. Ainsi, selon les dernières données, en Croatie et en Slovaquie, les jeunes adultes restent longtemps auprès de leurs parents, quittant  respectivement le domicile familial en moyenne à l'âge de 31,8 et 30,9 ans respectivement. 

Il est aussi notable que les femmes restent plus longtemps au domicile parental que les hommes. Mais dans presque tous les États membres aussi, les demoiselles ont tendance à quitter le foyer parental plus tôt que les hommes. Et cette vérité ne connaît qu'une exception, au Luxembourg justement. Ainsi, c'est en moyenne à 20,3 ans que les jeunes Luxembourgeoises prennent leur envol, quand les garçons le font à 20 ans pile.

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