Changer d'édition

Chasseurs, le covid reste en embuscade
Luxembourg 3 min. 03.11.2020

Chasseurs, le covid reste en embuscade

A partir de 10 personnes, le masque s'imposera à tout participant à une battue. Les amendes pourront être adressées tant en forêt que dans la rue.

Chasseurs, le covid reste en embuscade

A partir de 10 personnes, le masque s'imposera à tout participant à une battue. Les amendes pourront être adressées tant en forêt que dans la rue.
Photo : Guy Wolff
Luxembourg 3 min. 03.11.2020

Chasseurs, le covid reste en embuscade

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
La saison des battues a débuté le 17 octobre dernier. Mais en pleine reprise du covid-19, les amateurs de gibier sont eux aussi prévenus par les autorités : même en forêt, ils doivent respecter les consignes sanitaires.

En Belgique, il est désormais interdit de chasser à plus de quatre. Non pour préserver la ressource en gibier, mais bien pour veiller à la santé des ''fines gâchettes''. Au Luxembourg, le gouvernement n'est pas allé si loin. Mais il vient lui aussi de dégainer des nouvelles consignes sanitaires s'appliquant aux simples citoyens comme aux tireurs fréquentant les 420 syndicats de chasse du pays. Car si les battues peuvent toujours se tenir, elles doivent désormais répondre aux mêmes règles que celles votées pour le restant de la société.

Ainsi, covid oblige, les chasses en battues doivent désormais être considérées comme «un rassemblement». Autrement dit, pour un groupe de chasseurs allant de 10 à 100 individus (interdiction au-delà de ce nombre), il est de rigueur pour les participants de «porter un masque, se voir assigner des places assises tout en observant une distance minimale de deux mètres». Et même en sous-bois, la règle ne saurait souffrir d'exception rappellent le ministère de l'Environnement, l'Administration de la nature et forêt et la Direction de la Santé. La même obligation de port d'une protection buccale est également valable «à tout moment» pour le personnel encadrant.


Pas encore de consensus sur les battues
Si aucune décision n'a été prise sur l'interdiction de cette pratique de chasse, la commission de l'Environnement a mis à profit sa première réunion pour défricher et baliser le terrain. En attendant de se retrouver début 2020.

Les chasseurs doivent aussi faire une croix sur leur traditionnel banquet de fin de battue. Là encore, comme pour tout un chacun «l'activité accessoire de restauration ou de débit de boissons à l’occasion d’un rassemblement» reste interdite. Et la mesure est valable aussi bien en plein air que pour un déjeuner partagé dans un chalet.

Par mesure préventive, et afin de faciliter un éventuel tracing de cas contacts, le gouvernement recommande aux chasseurs d'établir un registre des participants aux battues. Les noms et coordonnées des personnes pourront être relevés «sur base volontaire» uniquement. Tout comme, les données ne pourront être conservées plus de 14 jours (temps d’incubation maximal de l’infection).

Alors que le covid-19 a fait treize nouvelles victimes en une semaine et infecté 4.702 résidents supplémentaires en sept jours, il est précisé aux chasseurs que la législation actuelle reste susceptible de modification. A commencer par ce mercredi, date du prochain conseil de gouvernement. Après avoir fait voter une armada de nouvelles mesures, Xavier Bettel et ses ministres pourraient en effet décider de changer leur fusil d'épaule et de viser plus de restrictions encore.

Tout dépendra de l'évolution des indicateurs dans la ligne de mire des autorités sanitaires : niveau d'infection des seniors, taux de positivité des tests pratiqués ou présence résiduelle du virus dans les eaux usées, par exemple. Alors que beaucoup évoquent la possibilité d'un possible retour au confinement, la ministre de la Santé a toutefois semblé écarter cette hypothèse. Mais le covid est comme le gibier : bien malin qui peut en deviner la trajectoire.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Le CSV opposé au retour de l'état de crise
Mercredi 4 novembre, le conseil de gouvernement luxembourgeois s'annonce délicat. Il s'agira pour Xavier Bettel et ses ministres de mesurer l'impact des nouveaux dispositifs sanitaires décidés la semaine passée.
Politik, Parlament, Corona, Martine Hansen ( CSV ) betritt den Cercle Cité  zur Bekanntgebung des Staatsminiszters zur Lockerung der Quarantänebestimmungen, mit Maske, Foto: Guy Wolff/Luxemburger Wort
L'Europe fait le plein de tests rapides
L'Union européenne a décidé de consacrer 100 millions d'euros à l'achat de ces dépistages antigéniques. L'idée étant ensuite de les mettre à disposition des Etats membres fragilisés par la nouvelle vague de covid-19.
A boy undergoes a swab test for Covid-19 (novel coronavirus) at a drive-through testing site on October 26, 2020 in Zagreb, Croatia. (Photo by DENIS LOVROVIC / AFP)
Face au covid, la sévérité monte d'un cran
Pas plus de dix invités chez soi, des contrôles de police ou de l'Inspection du travail plus nombreux, le non-respect du confinement sanctionné, des bars-restaurants qui risquent gros en cas de faux pas : telles sont les principales annonces faites dimanche pour contrer la reprise des infections au coronavirus.
(de g. à dr.) Xavier Bettel, Premier ministre, ministre d'État ; Paulette Lenert, ministre de la Protection des consommateurs, ministre de la Santé