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Chacun peut participer à sauvegarder le patrimoine luxembourgeois
La Schueberfouer, qui dure depuis bientôt 700 ans, est déjà inscrite au patrimoine culturel immatériel du Luxembourg.

Chacun peut participer à sauvegarder le patrimoine luxembourgeois

Photo: Guy Jallay
La Schueberfouer, qui dure depuis bientôt 700 ans, est déjà inscrite au patrimoine culturel immatériel du Luxembourg.
Luxembourg 3 min. 11.09.2018

Chacun peut participer à sauvegarder le patrimoine luxembourgeois

Le ministère de la culture a dévoilé son plan d'action pour la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine culturel immatériel luxembourgeois. Avec une particularité: tout le monde peut désormais participer et proposer un événement ou une tradition, qui seront examinés par une commission.

(JV) - «Le patrimoine immatériel, c'est quelque chose de vivant. Il est donc normal que les gens qui sont sur le terrain puissent en parler, puisqu'ils en sont les plus proches». C'est ainsi que Guy Arendt, secrétaire d'État à la Culture, justifie la mise en place du plan d'action pour la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine culturel immatériel au Luxembourg. 

«Tout le monde peut faire une proposition» 

Grâce à ce dernier, il est désormais possible de déposer une candidature sur le site du patrimoine culturel immatériel luxembourgeois afin de soumettre à l'approbation de la commission une pratique, une connaissance, un savoir-faire, une tradition... qui fassent partie du patrimoine culturel du Grand-Duché, à condition que cette tradition, bien entendu, soit encore vivante et en activité de nos jours. 

Ce formulaire de huit pages est disponible à cette adresse, sur le site internet «Immateriellt Kulturlerwen» du ministère de la Culture. Une fois complété et envoyé, il passera entre les mains du ministère de la Culture puis sera examiné par une commission de l'Unesco, composée d'une vingtaine de personnes issues de la société civile et de nombreux horizons. Si la demande est acceptée, la tradition en question rejoindra l'inventaire national du patrimoine culturel immatériel. 

Le formulaire classe les éléments en cinq catégories: «arts du spectacle» d'une part, «pratiques sociales, rituels et événements festifs» d'une autre, mais également «connaissances et pratiques concernant la nature et l'univers», «savoir-faire liés à l'artisanat traditionnel» et, enfin, «traditions et expressions orales, y compris la langue comme vecteur du patrimoine culturel immatériel». 

Plusieurs acteurs de la culture se sont réunis ce lundi 10 septembre pour présenter le plan d'action, aux côtés de Lydie Polfer, bourgmestre de Luxembourg. Le rendez-vous était donné à la Schueberfouer, qui fait partie du patrimoine culturel immatériel du Grand-Duché.
Plusieurs acteurs de la culture se sont réunis ce lundi 10 septembre pour présenter le plan d'action, aux côtés de Lydie Polfer, bourgmestre de Luxembourg. Le rendez-vous était donné à la Schueberfouer, qui fait partie du patrimoine culturel immatériel du Grand-Duché.
Photo: Guy Jallay

«Tout le monde peut faire une proposition: associations, communes, particuliers... n'importe qui, pourvu qu'il estime qu'un événement, une tradition ou un usage valent le coup d'être mis en valeur» rappelle Guy Arendt. «Mais nous privilégions quand même les demandes des associations et des ONG», précise Simone Beck, présidente de la Commission nationale pour la coopération avec l'Unesco.   

«Le patrimoine est seulement menacé si on ne le pratique plus»

Quel est l'intérêt de déposer une candidature ? Selon l'Unesco au Luxembourg, le patrimoine culturel immatériel permet de maintenir une stabilité culturelle, au niveau local, face à une mondialisation croissante susceptible de tout digérer sur son passage. Ce «creuset de la diversité culturelle», comme l'appelle Simone Beck, «est indispensable au dialogue interculturel et encourage le respect d’autres modes de vie». 

Pour l'heure, selon les propos de Guy Arendt, quatre traditions luxembourgeoises font partie de l'inventaire national du patrimoine culturel immatériel: la Schueberfouer, la procession dansante d'Echternach, l'Octave et l'Éimaischen. Les vieux quartiers et fortifications de la capitale ont également rejoint le patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco en 1994: une liste des «biens et sites culturels et naturels d'une valeur universelle si exceptionnelle qu'ils font partie du patrimoine de toute l'humanité». 

Puisque la question de sa préservation se pose, le patrimoine luxembourgeois serait-il menacé par la mondialisation, lui qui n'existe qu'à l'intérieur des frontières d'un petit pays ? «Non, il n'est pas en danger», s'avance Guy Arendt, invoquant les effets de la marche du temps. «C'est vrai, la Schueberfouer n'est plus la Schueberfouer d'antan, par exemple. Mais les choses évoluent, elles ne disparaissent pas. J'ai même le sentiment que l'on a plus tendance à s'intéresser au passé qu'auparavant».

Pour Simone Beck, enfin, «le patrimoine est seulement menacé si on ne le pratique plus. Il y a beaucoup de choses que certaines personnes connaissent et dont d'autres personnes n'ont jamais entendu parler», conclut-elle. Permettre à tout le monde de mettre la main à la pâte n'est qu'un nouveau moyen de maintenir ce patrimoine en vie. 

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