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«Certains de mes comportements étaient excessifs»
Luxembourg 1 3 min. 12.02.2021 Cet article est archivé

«Certains de mes comportements étaient excessifs»

Après trois semaines de silence médiatique, Monica Semedo revient sur le devant de la scène en revenant, dans une lettre ouverte, sur sa «rude expérience».

«Certains de mes comportements étaient excessifs»

Après trois semaines de silence médiatique, Monica Semedo revient sur le devant de la scène en revenant, dans une lettre ouverte, sur sa «rude expérience».
Photo: Emilie Gomez
Luxembourg 1 3 min. 12.02.2021 Cet article est archivé

«Certains de mes comportements étaient excessifs»

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
Quelques jours après avoir réintégré le Parlement après une suspension de deux semaines, l'eurodéputée Monica Semedo revient sur cet épisode et son départ du DP dans une lettre ouverte. Un texte dans lequel elle confirme n'avoir l'intention «en aucun cas» de renoncer à son mandat.

Après trois semaines de silence complet, Monica Semedo revient sur le devant de la scène. Aussi bien dans ses fonctions politiques que sur le plan médiatique, après avoir purgé sa suspension de deux semaines du Parlement européen pour harcèlement moral. Mais particularité de cette communication publique, cette dernière ne se fait pas sous la forme d'une interview accordée à un média, mais via une lettre ouverte publiée vendredi par nos confrères de Paperjam. Autrement dit, la jeune femme de 36 ans a choisi de livrer sa version des faits plutôt que d'être confrontée à un interlocuteur qui ne se serait pas contenté du discours officiel.


Monica Semedo de retour au Parlement européen
Après deux semaines d'absence, l'eurodéputée luxembourgeoise participera lundi à une session du Parlement, marquant ainsi la reprise de ses fonctions.

Comme lors de son précédent communiqué, l'eurodéputée évoque sa volonté «de présenter une nouvelle fois publiquement ses excuses les plus sincères aux trois assistants concernés». Et de préciser ne «jamais avoir eu l’intention de les blesser ou de les humilier» et de s'être«rendu compte trop tard que mes messages musclés, mes exigences élevées, ma manière de m’exprimer et les critiques pouvaient les blesser.» Conséquence, selon elle, de son «zèle et dynamisme» pour mettre en oeuvre les «causes (sic) pour lesquelles les électeurs m’ont élue».

Si Monica Semedo assure qu'elle ne mérite «en rien le statut de victime», elle n'en fustige pas moins «les commentaires condescendants, populistes et partiellement racistes sur les réseaux sociaux» reçus à la suite de sa mise à pied du Parlement, estimant que cela met en avant «un côté du Luxembourg qui n’est pas le plus sympathique». Une avalanche de messages qui serait, selon elle, la conséquence des commentaires publiés dans la presse de «membres du comité consultatif du Parlement européen», mais aussi «des membres du cabinet du président du Parlement» qui ont pu consulter le rapport d'enquête, constitué d'une centaine de pages.


IPO , DP Europakongress , Europawahlen 2019 , Centre Culturel Walferdingen , Spitzenkandidatin Monica Semedo Foto:Guy Jallay/Luxemburger Wort
Semedo claque la porte du DP
Une semaine après avoir été sanctionnée pour harcèlement moral, l’eurodéputée libérale a annoncé mardi soir sur son compte Facebook qu’elle quittait le DP. La jeune élue regrette le manque de «soutien».

«Ce rapport est confidentiel pour protéger toutes les parties concernées. C’est inacceptable», indique-t-elle, sans préciser quelles suites elle envisageait mettre en oeuvre. Et l'eurodéputée d'estimer que ces commentaires publiés dans différents médias européens ont eu des conséquences sur sa carrière au Luxembourg, puisque «le DP – Demokratesch Partei – s’est laissé influencer par les critiques publiques». Ce qui aurait mené à sa démission du parti, s'estimant trahie par la direction qui lui avait «exprimé tout son soutien seulement la semaine précédente». 

Et cette dernière de cibler, sans les citer Corinne Cahen, présidente du DP, et Claude Lamberty, secrétaire général, accusés d'avoir «publié une vidéo, produite à l’avance» où le parti prenait ses distances avec l'élue. Et ce, «quelques instants après une réunion en visioconférence» où un accord avait été trouvé, assure-t-elle. Selon Monica Semedo, «toutes» les instances dirigeantes du DP «étaient informées des problèmes auxquels je faisais face et des reproches précis formulés à mon égard». Interrogé début février sur ce dossier, Xavier Bettel, assurait que «madame Semedo a décidé unilatéralement de quitter le parti démocratique».

Jugeant «modérée» la sanction émise par le Parlement européen, l'eurodéputée reconnaît que «certains» de ses comportements étaient «excessifs» et «critiquables» et affirme vouloir que «l’expérience que j’ai vécue puisse être partagée, qu’elle puisse servir de socle à une vraie réflexion.» Sans, encore une fois, en préciser pour l'heure, la forme ou la nature. Seule indication fournie, sa volonté affichée de poursuivre son mandat européen puisque «cette rude expérience» n'aurait «pas entamé [s]on enthousiasme politique». 


Rude diverse colleagues humiliating offending stressed upset young african woman leader suffering from gender racial discrimination during meeting or feeling exhausted tired of responsibility at work
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Raison pour laquelle elle assure qu'elle continuera à «défendre [s]es idéaux européens au sein du groupe Renew Europe». Indiquant «assumer [s]es erreurs», Monica Semedo précise n'avoir «aucune volonté de vengeance vis-à-vis de qui que ce soit» et ambitionne de «renouveler l’Union européenne, qui mérite plus que jamais toute notre attention.» 

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