Centre militaire de Diekirch

"Impressionnant": les lycéens au contact des soldats

Par Jean Vayssières

Ce jeudi 18 mai, le centre militaire de Diekirch ouvrait ses portes aux lycéens du Luxembourg. L'occasion pour ces futurs citoyens de découvrir le monde militaire à travers ateliers et démonstrations.

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Malheureusement, le soleil a boudé cette journée d'information. C'est sous un couvercle de ciel bas et lourd que les élèves d'une vingtaine de lycées luxembourgeois, soit 273 personnes, ont franchi les grilles de métal blanc de la caserne.

"Il y a une telle distance entre la vie civile et le monde militaire. Une journée comme celle-ci permet de rapprocher les deux" rappelle Tanja Raveane, conseillère en communication de l'armée, pendant que des élèves attendent la venue des véhicules militaires. Ces ATF Dingo de leur petit nom, massifs et blindés, déboulent dans la cour dans un vacarme monstre. Les jeunes, casque sur la tête, s'y engouffrent pour un petit tour sur les hauteurs de Diekirch et une démonstration des capacités tout-terrain de l'attelage.

Fille ou garçon, pour nous, un soldat est un soldat

Diekirch, c'est la caserne principale du Luxembourg, là où s'organisent les manœuvres et s’entraînent les recrues. "En gros, l’état-major à Luxembourg est la tête de l'armée, ici c'est les bras et tout le reste du corps" résume le capitaine Christophe Schaber, responsable du bureau d'information.

Sur la grand-place de la caserne, l'armée a procédé à plusieurs démonstrations tactiques
Sur la grand-place de la caserne, l'armée a procédé à plusieurs démonstrations tactiques
Photo: Ralph Hermes

L'armée luxembourgeoise recrute garçons et filles pour une durée de 4 ans. "On ne fait aucune distinction entre les sexes: pour nous, un soldat est un soldat". Christophe Schaber, décidément amateur de métaphores, compare cette formation à un Bamkuch: plusieurs strates de compétences s'additionnent petit à petit, pour former un tout cohérent.

La dernière année du contrat est dédiée à la reconversion professionnelle, car l'armée est "un tremplin pour de nombreuses disciplines étatiques ou para-étatiques", de la police à l'administration pénitentiaire, en passant par les CFL et les autobus.

Une journée pour "créer l'intérêt"

Une fine pluie se met à tomber sur les hauteurs de Diekirch. Dans la grande cour bétonnée qui sert de terrain d'exercice aux parades militaires, les élèves déambulent par groupes, de stand en stand, pendant que la brume se lève pour révéler la vallée en contrebas.

Une myriade de véhicules trône non loin et se laisse volontiers visiter: chacun s'y donne à cœur joie et joue avec les haut-parleurs des hummers pour raconter n'importe quoi, ce qui fait bien rire Tanja Raveane. "Pour eux, c'est une expérience particulière", confie-t-elle, amusée. "Ce n'est pas tous les jours qu'ils peuvent voir tout ça". 

Kelsen est plus que motivé pour devenir pilote. Pour cela, il devra rejoindre les rangs de l'armée une fois sa scolarité achevée
Kelsen est plus que motivé pour devenir pilote. Pour cela, il devra rejoindre les rangs de l'armée une fois sa scolarité achevée
Photo: Ralph Hermes

Avec sa grande taille, Kelsen n'a aucune difficulté à descendre la haute marche d'un Dingo. À 16 ans, amateur de sciences et d'Histoire, de fitness et de foot, il vient du lycée de garçons d'Esch-sur-Alzette. Mais ce qui importe pour lui, c'est l'avenir: il veut s'engager pour devenir pilote. Aujourd'hui, c'est l'occasion pour lui de visiter les lieux qu'il fréquentera s'il devient recrue.

Pendant ce temps, sous une grande tente, la section des démineurs expose bombes et mines rouillées, heureusement inoffensives. Là, des mitrailleuses et autres armes de guerre sont disposées. Depuis la large ouverture d'une tente à motif camouflage, des mannequins installés en situation réelle observent la scène de leurs yeux de plastique.

Dans la salle du simulateur de tir, une ribambelle de lycéens à plat ventre vise minutieusement un grand écran, l’œil dans la lunette, afin d'atteindre un maximum de cibles virtuelles. Les détentes claquent et les chargeurs se vident dans un grand boucan, puis chacun peste en comparant son score à celui du voisin.

À l'extérieur, une autre classe fait de son mieux pour reproduire une technique de self-defense enseignée par un soldat. Le résultat est plus proche de la bagarre générale que de l'entraînement discipliné, mais l'intention y est. Pour pousser l'expérience jusqu'au bout, la cantine des militaires ouvre ses portes aux civils.

"Voir à quoi ressemble la vie des militaires"

Albin a 16 ans et voudrait s'engager une fois majeur, mais ses parents "trouvent ça trop dangereux". Les démonstrations d'aujourd'hui, il les a trouvées "impressionnantes, surtout le matériel et les véhicules". "Mais on nous dit peu de choses qu'on ne pourrait apprendre seul sur internet".

"Il y a une volonté de recrutement, mais le but principal est d'informer", précise Christophe Schaber. "Les effectifs sont en roulement tous les quatre ans, donc on a toujours besoin de nouvelles personnes" poursuit Tanja Raveane ." Aujourd’hui, le but, c'est de montrer ce qu'est le métier de militaire. On veut créer l'intérêt".

À l'avenir, Lynn pourrait rejoindre la police. Elle est venue aujourd'hui se "faire une première impression"
À l'avenir, Lynn pourrait rejoindre la police. Elle est venue aujourd'hui se "faire une première impression"
Photo: Ralph Hermes

Cependant, certains sont moins venus par intérêt que par curiosité. Joyce étudie au lycée de Junglinster. À 20 ans, s'engager dans l'armée, ce n'est pas son truc : au lieu de ça, elle compte bien entamer une carrière de secrétaire dans un cabinet de psychologie. Elle est "juste venue pour voir à quoi ressemble la vie des militaires".

Lynn vient du lycée de garçons d'Esch-sur-Alzette, et est déjà plus attirée par la vie militaire que sa camarade. "Venir aujourd'hui me permet de me faire une première impression. Je pourrais m'inscrire dans la police, à l'avenir". Ce qu'elle a préféré ? L'atelier de self-defense et le simulateur de tir, "aussi impressionnants qu'intéressants."


Aux alentours de 15h, une fois les lycéens partis, les grilles de métal blanc se referment sur le centre militaire de Diekirch, qui retrouve son habituel calme rigoureux. Elles se rouvriront le 9 juillet, à l'occasion d'un double anniversaire: les 175 ans de la musique militaire, et les 50 ans du volontariat à l'armée. Engagez-vous, rengagez-vous qu'ils disaient...

Retrouvez le programme des événements 2017 au centre militaire de Diekirch.

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