Changer d'édition

Centre de stockage de Bure: "Les risques pour le Luxembourg sont très petits"
Luxembourg 4 min. 24.05.2013 Cet article est archivé

Centre de stockage de Bure: "Les risques pour le Luxembourg sont très petits"

Ce n'est pas tant le stockage souterrain des déchets radioactifs mais "le risque industriel que des containers tombent et cassent" qui préoccupe aujourd'hui les spécialistes du dossier au Luxembourg. La phase opérationnelle débutera en 2025 à Bure et prendra une centaine d'années.

Centre de stockage de Bure: "Les risques pour le Luxembourg sont très petits"

Ce n'est pas tant le stockage souterrain des déchets radioactifs mais "le risque industriel que des containers tombent et cassent" qui préoccupe aujourd'hui les spécialistes du dossier au Luxembourg. La phase opérationnelle débutera en 2025 à Bure et prendra une centaine d'années.
Photo: Reuters
Luxembourg 4 min. 24.05.2013 Cet article est archivé

Centre de stockage de Bure: "Les risques pour le Luxembourg sont très petits"

Situé à 100 km de la frontière luxembourgeoise, le futur site de stockage de déchets nucléaires de Bure fait actuellement l'objet d'un débat public. Le Luxembourg y prend part mais "les risques pour le Luxembourg sont très petits", assure Patrick Majerus, ingénieur nucléaire à la Division de la radioprotection, spécialiste du dossier.

A l'horizon 2025, si l'Autorité de sûreté nucléaire donne son aval, le Centre industriel de stockage géologique des déchets radioactifs (Cigéo) doit être mis en service dans le sous-sol de Bure. Un village d'une centaine d'âmes situé en Meuse à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Nancy et à environ 100 km à vol d'oiseau du Luxembourg.

Vu la proximité géographique et la sensibilité du Grand-Duché à tout ce qui touche à l'énergie nucléaire, le site d'enfouissement de déchets radioactifs de Bure est "un sujet qui nous préoccupe depuis pas mal de temps" et la Division de la radioprotection du ministère de la Santé cherche à "avoir toutes les assurances que ce site ne pose pas de risques supplémentaires indésirables pour le Luxembourg", résume Patrick Majerus, ingénieur nucléaire.

"Cela ne doit pas faire peur"

Depuis le 15 mai et jusqu'au 15 octobre 2013 (une pause étant observé au mois d'août), le projet Cigéo fait l'objet d'un débat public. Durant cinq mois, quatorze réunions publiques se dérouleront dans les départements de la Meuse et la Haute-Marne.

Un débat public auquel le Luxembourg prend part en s'associant à ses voisins de Rhénanie-Palatinat et de la Sarre puisque les intérêts défendus sont les mêmes.

Tous trois ont mandaté l'Institut écologique de Darmstadt dont les experts des questions nucléaires sont chargés d'élucider toutes les questions encore ouvertes liées au stockage, à la sécurité des eaux souterraines, à la charge de radioactivité, etc.

"Tout ce qu'on sait pour l'instant (sur le futur Cigéo, ndlr) ne fait pas croire que le projet de Bure est dangereux", pose Patrick Majerus. L'ingénieur nucléaire en charge du suivi du dossier à la Division de la Radioprotection estime que "les risques pour le Luxembourg sont très petits. Cela ne doit pas faire peur".

Un contexte géologique favorable au Luxembourg

Maître d'ouvrage du projet, l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) "l'a très bien fait du point de vu technique et scientifique. Les questions qui restent sont liées à l'évolution du stockage des déchets radioactifs dans le temps, c'est-à-dire des centaines de millions d'années", explique Patrick Majerus.

Les "containers sont quand même très solides" mais "on ne peut pas tout exclure". Notamment des rejets radioactifs dans les eaux souterraines.

Dans les conclusions du rapport sur le projet français rédigé par le groupe interministériel luxembourgeois "Bure",  le groupe initié dès 2006 confirmait toutefois que "le contexte géologique du bassin de Paris est très bien connu et la région en question peut être considérée comme géologiquement très stable. L'inclinaison des couches géologiques, en général déterminante pour la direction d'écoulement des eaux souterraines, y est vers le Sud-Ouest, donc en direction opposée au Luxembourg".

Mais "il y a toujours un risque industriel"

Le risque du stockage à très long terme est lointain, contrairement à "l'autre risque sur lequel on travaille qui est plus immédiat: la sûreté de tous les transports qui se feront vers et sur le site" de Bure.

En surface, lors de la phase opérationnelle qui démarrera en 2025 et qui durera une centaine d'années, "il y a toujours un risque industriel que des containers tombent et cassent, laissant alors échapper la radioactivité", résume l'ingénieur nucléaire.

De façon générale, il importe selon lui d'"avoir le plus haut niveau de sûreté des déchets et pour le moment on a l'impression que ça va dans ce sens".

Le projet de construction, d'exploitation et de fermeture du stockage du Cigéo avaient été estimés en 2005 à un coût global s'élevant entre 13,5 et 16,5 milliards d’euros. Cette évaluation qui couvrait le stockage des déchets produits par les réacteurs nucléaires français pendant quarante ans, doit être revue cette année.

Maurice Fick


Sur le même sujet