Changer d'édition

Ce qui a pu provoquer l'explosion de Waldhof
Jeudi matin à Waldhof, l'explosion d'une vieille bombe de la guerre a tué deux démineurs et blessé deux autres militaires, dont un gravement.

Ce qui a pu provoquer l'explosion de Waldhof

Photo: Guy Jallay
Jeudi matin à Waldhof, l'explosion d'une vieille bombe de la guerre a tué deux démineurs et blessé deux autres militaires, dont un gravement.
Luxembourg 3 min. 17.02.2019

Ce qui a pu provoquer l'explosion de Waldhof

De nombreuses questions restent en suspens après l'explosion accidentelle d'un obus jeudi, qui a provoqué la mort de deux hommes. Les vieux explosifs sont très instables, nous explique un expert. Et il y en a beaucoup dans la région.

Jeudi matin, deux démineurs qui déplaçaient un obus de la Seconde Guerre mondiale ont été tués par son explosion. Une opération de routine, pourtant. Deux autres militaires ont été blessés, dont un gravement. Comment l'engin a-t-il pu exploser alors qu'il s'agissait d'une opération de routine?

Le Luxemburger Wort a posé des questions d'ordre général à un expert allemand en explosifs, Gerhard Schmitt, établi en Rhénanie-Palatinat. Histoire de tenter de comprendre ce qui a pu se passer, près du dépôt de munitions de l'armée à Waldhof, jeudi matin. «Selon leur composition, les propriétés physiques et chimiques des explosifs évoluent et par conséquent, les grenades et autres munitions deviennent plus sensibles aux chocs», explique Gerhard Schmitt.

Une charge plus lourde peut suffire à provoquer une explosion mortelle, même si la bombe n'a plus de détonateur, comme ce fut apparemment le cas avec cet obus.


Comment l'obus a-t-il pu exploser au dépôt de munitions du Waldhof alors qu'il n'y avait plus de détonateur? C'est une des questions-clefs auxquelles va tenter de répondre l'enquête.
La douleur et des questions après l'explosion du Waldhof
Après la terrible explosion au dépôt de munitions du Waldhof qui a coûté la vie à deux des siens, la famille de l'Armée luxembourgeoise est meurtrie. Tous ses drapeaux sont en berne. Les deux sous-officiers blessés sont toujours hospitalisés. L'enquête, elle, se poursuit.

Ces paramètres rendent leur transport ou leur neutralisation beaucoup plus risqués pour les démineurs. «Il n'existe pas de manipulation de routine de ces explosifs», prévient l'expert. Les exigences sur la qualité de la formation dans ce domaine sont de plus en plus élevées. 

Des vestiges de la guerre impossible à quantifier

Les milliers d'engins explosifs qui se trouvent encore dans le sol luxembourgeois représentent un danger mortel. Et les vestiges de la Seconde Guerre mondiale en matière d'explosifs sont hélas énormes: l'Allemagne récupère chaque année 65 à 150 tonnes d'obus, grenades ou mines, 73 ans après la fin des combats dans l'ouest du pays. Impossible d'évaluer ce qui reste encore à récolter. Au Luxembourg, le Sedal a lui aussi fort à faire puisqu'il intervient environ 250 fois par an pour désamorcer un explosif. 

La manipulation de ces engins réclame une grande précision et de solides connaissances. On procède d'abord à l'identification de la bombe avant d'établir une analyse des risques. C'est généralement assez rapide, poursuit Gerhard Schmitt. Mais même le démineur le plus expérimenté ne peut pas deviner ce qui se cache à l'intérieur de l'engin. En 2007, à Ressaincourt, près de Metz, un accident similaire à celui de Waldhof avait causé la mort de deux démineurs. Une grenade pourtant désarmée avait explosé lors d'un déplacement. (jt/trad. AF)


Sur le même sujet