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«Ce que nous recherchons, ce sont les compétences»
Luxembourg 4 min. 23.03.2021 Cet article est archivé

«Ce que nous recherchons, ce sont les compétences»

En 2019, les missions liées aux secours de personnes constituent la très grande majorité des interventions des personnels du CGDIS, puisqu'occupant 76,4% de leur temps. Loin devant l'assistance aux personnes (10,2%), les incendies (3,7%) et les accidents de la circulation (3,2%).

«Ce que nous recherchons, ce sont les compétences»

En 2019, les missions liées aux secours de personnes constituent la très grande majorité des interventions des personnels du CGDIS, puisqu'occupant 76,4% de leur temps. Loin devant l'assistance aux personnes (10,2%), les incendies (3,7%) et les accidents de la circulation (3,2%).
Photo: Gerry Huberty
Luxembourg 4 min. 23.03.2021 Cet article est archivé

«Ce que nous recherchons, ce sont les compétences»

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
D'ici à 2025, le CGDIS ambitionne d'améliorer son temps d'intervention via un processus de professionnalisation. Aussi bien avec des personnels administratifs supplémentaires que de nouveaux pompiers. Ces derniers devront toutefois maîtriser le luxembourgeois.

D'ici quatre ans, 90 à 95% des interventions devront être réalisées en moins de 15 minutes. Contre 78% à l'heure actuelle. Quels changements allez-vous devoir opérer pour atteindre cet objectif?

Raymond Guidat, directeur de la stratégie opérationnelle du CGDIS - «L'horizon est effectivement 2025, à condition que nous ayons les moyens pour y arriver. Cela va se traduire par différents plans d'actions qui vont se baser sur le classement obtenu par les centres d'incendie et de secours en ce qui concerne ce que nous appelons le potentiel opérationnel journalier. C'est-à-dire la capacité de ces centres à mettre en oeuvre les moyens dont ils disposent pour effectuer leurs missions. 

Le colonel Raymond Guidat, directeur de la stratégie opérationnelle du CGDIS
Le colonel Raymond Guidat, directeur de la stratégie opérationnelle du CGDIS
Photo: Chris Karaba

Et plus il y a de pompiers volontaires, plus la charge opérationnelle est grande, raison pour laquelle nous devons augmenter notre potentiel professionnel. Aussi bien en termes de pompiers professionnels, mais aussi de personnels administratifs ou techniques, pour assurer au mieux nos missions.

Les chiffres présentés début mars tablent sur plus d'un doublement du nombre de pompiers professionnels et le renfort de 500 personnels administratifs. Vous allez donc vous retrouver en compétition avec la police, mais aussi l'armée ou l'administration pénitentiaire, eux aussi en recherche de personnels...

«Ceci constitue effectivement un point de vigilance que nous devons avoir à l'esprit. Pour l'instant, nous n'avons pas remarqué de difficulté particulière, notamment du fait que nous recrutons de manière régulière, par petits contingents, avec une cinquantaine de pompiers par année en moyenne. Nous cherchons avant tout des personnes qui répondent aux critères médicaux et physiques, sachant que la carrière est ouverte à tous les citoyens de l'UE. 

Nous sommes donc prêts à accepter d'autres nationalités, tout en étant conscient que cela pose la question de la capacité d'intégration de ces personnes dans le monde des pompiers luxembourgeois et de l'acceptation des pompiers de ce genre de profil.

Vous faites ici clairement référence à la question de la maîtrise du luxembourgeois...

«Effectivement. Quand un camion part, il faut que les ordres soient compris et exécutés. Il n'est pas imaginable qu'un chef répète les consignes dans les trois langues officielles du pays pour se faire comprendre. Ce sont donc des choses sur lesquelles nous allons devoir être très attentifs et voir comment nous pouvons adapter les choses. Aujourd'hui, les pompiers parlent luxembourgeois, aussi bien en ce qui concerne la formation que dans les camions. Notre précédent ministre de tutelle - Dan Kersch (LSAP), ndlr - avait clairement fait la promesse que nous continuerons comme cela.

Autre spécificité des pompiers, la faible part de femmes dans les effectifs. Est-ce un point que vous souhaitez améliorer?

«Tout est ouvert. Ce que nous recherchons, ce sont les compétences. A savoir des compétences opérationnelles, physiques, médicales. Mais nous n'imposerons pas de quotas. 

Pour pouvoir améliorer le temps d'intervention, allez-vous également repenser le dispositif d'emplacement des centres d'incendie et de secours?

«Le principe des 15 minutes entre l'appel et l'arrivée du premier véhicule du CGDIS sur les lieux nous oblige à faire une analyse de la situation. Le déménagement à venir au Ban de Gasperich va, par exemple, compliquer la couverture du nord de la capitale. C'est pourquoi un détachement va rester le long de la route d'Arlon pour maintenir cette couverture, puisque la Ville nous a annoncé qu'elle allait maintenir les bâtiments existants - malgré la volonté de réaménager le quartier autour du stade Josy-Barthel, ndlr -. 

Cette mission sera ensuite assurée par la nouvelle caserne de l'aéroport, d'ici cinq ans. Sur le plan national, il est possible de devoir créer de nouveaux centres pour répondre à la nouvelle exigence, la loi de 2018 ne prévoyant pas de fermetures.

Une hausse moyenne annuelle de 8% du budget annuel du CGDIS est prévue d'ici 2025 pour concrétiser l'ambition. Soit 40 millions d'euros supplémentaires. Cela sera-t-il suffisant?

«Normalement, ça devrait l'être. Ca va se traduire par une hausse de la cotisation des communes et de l'Etat, il faut donc voir si les communes acceptent cette hausse également. La consultation a débuté le 1er mars et les communes ont trois mois pour donner leur avis. Il faut être conscient que sans cet argent, nous ne pourrons pas réaliser la professionnalisation de la profession et disposer des personnels en nombre suffisant là où c'est nécessaire. Notamment dans le sud du pays...»

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