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Cars transfrontaliers et nationaux RGTR: François Bausch nous explique les changements prévus en 2019
Luxembourg 5 min. 12.01.2017

Cars transfrontaliers et nationaux RGTR: François Bausch nous explique les changements prévus en 2019

François Bausch, ministre des Transports, du Développement Durable et des Infrastructures.

Cars transfrontaliers et nationaux RGTR: François Bausch nous explique les changements prévus en 2019

François Bausch, ministre des Transports, du Développement Durable et des Infrastructures.
Pierre Matgé
Luxembourg 5 min. 12.01.2017

Cars transfrontaliers et nationaux RGTR: François Bausch nous explique les changements prévus en 2019

Anne FOURNEY
Anne FOURNEY
Le réseau de cars qui assure les liaisons régionales et transfrontalières va être réformé d'ici 2019. Le gouvernement s'apprête à lancer une vaste enquête sur la mobilité des résidents et frontaliers. Quels seront les changements sur ce réseau de transport? Le point avec le ministre François Bausch.

Le réseau de cars RGTR (Régime Général des Transports Routiers) qui assure les liaisons inter-régionales et transfrontalières va être totalement réformé d'ici 2019. Le Luxembourg, dont les routes sont toujours plus engorgées par le trafic, est très actif dans la recherche de solutions de mobilité. Le trafic frontalier est conséquent, et il s'ajoute au trafic des résidents, toujours plus nombreux, eux aussi.

Après des réunions avec les usagers des lignes RGTR, le gouvernement lance en mars 2017 une grande enquête sans précédent sur la mobilité. Interview avec François Bausch, ministre des Transports, du Développement durable et des Infrastructures (MDDI) et Alex Kies, chargé de direction des transports publics au MDDI. Le RGTR est un opérateur qui travaille avec 34 compagnies de transport.

Sur quoi les réunions avec les usagers des cars vont-elles déboucher ?

François Bausch: Suite à ces réunions, plusieurs groupes de travail vont être constitués avec des usagers. Nous sommes sur le point de lancer une grande enquête sur la mobilité, qui durera de mars à mai 2017. Une campagne va l'annoncer dès le mois de février. Cette enquête sera réalisée via téléphone et internet par l'Infas, un institut allemand spécialisé. 40.000 ménages résidant au Luxembourg et 45.000 frontaliers sont concernés par cette enquête. Le but étant d'obtenir un maximum d'informations sur la mobilité. Puis examiner aussi pourquoi les gens choisissent un mode de transport plutôt qu'un autre.

Le tracé des lignes de bus va être totalement revu d'ici à deux ans.
Le tracé des lignes de bus va être totalement revu d'ici à deux ans.
Archives LW/Marc Wilwert

Quels ont été les principaux points soulevés par les usagers lors de cette consultation?

F.B.: Nous constatons que le réseau des bus est assez bien développé, mais il existe un inconvénient : il est trop centré sur la capitale, il y a un manque de connexions avec les autres régions. Et les trajets sont trop longs. Un bus doit être complémentaire du train. D'autre part, les usagers qui vivent à la campagne n'ont pas les mêmes besoins que ceux qui vivent dans un secteur urbain. Depuis octobre 2016, nous procédons à un comptage des descentes et montées sur toutes les lignes au Luxembourg. Le problème des retards des bus a été évoqué à plusieurs reprises. Les bus sont trop axés sur des trajets domicile travail. Les gens ne peuvent pas prendre un bus pour sortir le soir. Le City Night Bus est principalement centré sur la capitale. C'est aussi un point dont nous devrons tenir compte.

À quelle fréquence ces rencontres sont-elles organisées?

F.B.: C'est la première fois que nous organisons ces rencontres avec des usagers. C'est le début d'un processus participatif avec les usagers pour réformer le réseau en 2019. Ce sont surtout des résidents qui participent à cette consultation du public, et peu de frontaliers malgré la traduction simultanée proposée. Il faut voir comment nous pouvons mieux intégrer les frontaliers à ces consultations. Nous aurions dû faire ces consultations du public depuis longtemps. Nous sommes en retard au Grand-Duché. Nous devrions faire une enquête comme celle-ci tous les cinq ans.

En plus des remarques des usagers et de la fréquentation des lignes, de quoi d'autre faut-il tenir compte pour repenser le réseau des bus régional?

F.B.: En parallèle des besoins des usagers, il faut considérer leur évolution. Il y a 20 ans, le nombre de non-résidents à circuler au Grand-Duché était d'environ 30%. Il s'élève aujourd'hui à 47 ou 48% de la population du Luxembourg. Comme l'augmentation du nombre de résidents est supérieure à la hausse du nombre de frontaliers, ça va coincer sur les routes ! Même si cela reste plus facile à gérer que l'inverse. D'autre part, il existe divers projets d'urbanisation, notamment à Luxembourg dans le quartier Kirchberg. Ce qui limitera par conséquent les problèmes de mobilité.

Alex Kies: Le réseau n'a pas été renouvelé depuis 30 ans. Il est donc nécessaire de repenser le réseau entier. Si l'on apportait que des changements ponctuels, il y aurait des conséquences sur d'autres lignes ou sur des connexions avec des trains. D'où l'intérêt de cette refonte totale.

Quelle sera la première étape dans cette réorganisation ?

F.B.: Fin 2017, une partie du réseau sera adaptée suite à la mise en service du tram entre Luxexpo et le Pont rouge et de l'ascenseur du Pfaffenthal. Nous devons aménager davantage de couloirs pour bus. Cela passera par des discussions avec les communes concernées afin de supprimer certains parkings pour pouvoir aménager des couloirs de bus. C'est aussi dans l'intérêt de ces communes de contribuer à diminuer le trafic automobile en permettant une meilleure circulation des bus. Enfin nous avons des discussions avec des communes françaises pour aménager plus de P+R. Ceux-ci devront se situer autant que possible à proximité des frontières pour éviter aux usagers un surcoût du ticket dû à un changement de zone. Développer les P+R est aussi un objectif pour 2020.  

Nous pensons aussi que permettre aux bus d'utiliser la bande d'arrêt d'urgence pour circuler sur les autoroutes, notamment l'A31, aux heures de pointe avec une vitesse limitée à, disons, 50 km/h, serait un avantage. Quel est l'intérêt de prendre le bus, s'il reste lui aussi coincé dans le trafic? Il faut qu'il y ait un maximum d'avantages.

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