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Carlo Back, l'Européen convaincu
Luxembourg 5 min. 18.01.2019

Carlo Back, l'Européen convaincu

Carlo Back a été élu en cinquième position de la circonscription centre avec 9.307 voix aux élections législatives.

Carlo Back, l'Européen convaincu

Carlo Back a été élu en cinquième position de la circonscription centre avec 9.307 voix aux élections législatives.
Photo: Matic Zorman
Luxembourg 5 min. 18.01.2019

Carlo Back, l'Européen convaincu

Virginie ORLANDI
Virginie ORLANDI
Carlo Back siège depuis quelques semaines en lieu et place de François Bausch à la Chambre des députés. Le conseiller communal de la Ville de Luxembourg voit son engagement politique des 20 dernières années couronné de succès.

Élu en cinquième position de la circonscription centre avec 9.307 voix aux élections législatives, le physicien a des airs d'Albert Einstein mais la comparaison s'arrête bien vite. L'homme est un scientifique tourné résolument vers l'humain et non féru de théories résumant le monde et son fonctionnement.

Le député déi gréng de 66 ans est engagé en politique depuis 1999, suite à la demande de François Bausch. «Nous nous connaissions car je m'intéressais déjà à la mobilité», se souvient-il, «C'est d'ailleurs pour ça que j'ai rejoint les Verts, pour leur conception de la mobilité. Ils étaient visionnaires».

En 2005, Carlo Back est élu conseiller communal. Il s'agit de sa première participation à une élection et depuis, il s'est présenté à toutes les élections communales et législatives qui ont eu lieu dans le pays.

Membre du LSAP

Si le député Vert s'est engagé tardivement pour le parti écologique, il a néanmoins toujours eu une conscience politique.

«Je suis né à Wiltz dans un milieu modeste et mes parents n'étaient absolument pas intéressés par la politique. Je ne me souviens même pas que mon père, qui était ouvrier, faisait partie d'un syndicat», raconte-t-il avant de poursuivre, «La seule politique dont on parlait était celle du passé, celle qui avait trait avec la Seconde Guerre mondiale car mes parents avaient subi les deux guerres et un de mes oncles avait été enrôlé de force par les Allemands. C'était un traumatisme dans ma famille. C'est pour ça que dans ma jeunesse, j'étais plutôt tourné vers la gauche et le parti socialiste. D'ailleurs, j'étais membre du LSAP à l'université mais la dimension écologique me manquait déjà».

Dans les années 70, Carlo Back part à Louvain pour y faire des études de physique et comme à cette époque-là, on parlait beaucoup du nucléaire, il s'est donc engagé dans cette voie.

«Je suis né sept ans après la guerre dans un milieu où on ne faisait pas d'études mais mon père m'a poussé à aller à l'université et à sortir du Luxembourg. Il faut imaginer qu'à cette époque-là, Wiltz était un monde fermé. On allait de temps en temps à Bastogne pour manger des frites et boire du coca-cola, mais pas plus. Et l'Europe était en train de se créer et cela avait une grande importance pour moi. Je suis un Européen convaincu et j'entends promouvoir les valeurs de l'Europe à une heure où nous nous apprêtons à voter et où elle pourrait être en danger».

«Je pensais que le nucléaire était la solution»

«Oui, c'est ce que je pensais à l'époque: que le nucléaire était la solution», raconte-t-il un brin de nostalgie dans la voix et le regard, «Alors j'ai fait des études en lien: un master en radioprotection et technologie nucléaire à Louvain qui était alors un véritable centre de l'énergie nucléaire. Puis je suis parti deux années à Paris pour travailler au Commissariat à l'énergie atomique et puis, il y a eu Harrisburg».

En 1979, un grave accident nucléaire se produit dans la centrale nucléaire de Three Mile Island, une île située sur la rivière Susquehanna, près de Harrisburg, aux États-Unis. Une chaîne d'événements accidentels ont fait fondre en partie le cœur du réacteur numéro 2 de la centrale, entraînant le relâchement dans l'environnement d'une faible quantité de radioactivité.

«L'accident nucléaire m'a perturbé et j'ai commencé à me poser des questions mais ce qui m'a le plus interrogé, c'est la manière dont les autorités américaines ont géré la situation par la suite...», se souvient-il,  «Quelques mois auparavant, il y avait déjà eu la panne générale en France due à une surcharge sur le réseau. On était en plein décembre et Paris se retrouvait sans électricité et sans chauffage... Alors je me suis demandé si le nucléaire était vraiment la solution et la réponse m'est apparue: non».

Retour à la case départ

C'est alors que Carlo Back, âgé alors d'une vingtaine d'années, décide d'opérer une reconversion et se lance dans un master en physique médicale à Gilford en Angleterre: «J'avais besoin de me sentir en accord avec mes idées et j'allais débuter un doctorat quand j'ai appris qu'un centre national de radiothérapie allait voir le jour au Luxembourg alors, j'ai postulé et je suis rentré au pays».

Mais le centre ne verra le jour que dans les années 2000 et en 1981, lorsque Carlo Back rentre pensant pouvoir travailler dans le domaine du traitement du cancer, il se retrouve face à un projet qui n'aboutit pas et, finalement, on lui propose d'intégrer le ministère de la Santé.

«Cela a été la déception professionnelle de ma vie», explique-t-il, ému,  «Et lorsque le centre a finalement été créé en 2000, je n'étais plus dans la course. L'ironie du sort a été le poste que l'on m'a proposé au ministère de la Santé: Cattenom venait juste d'activer ses réacteurs et comme j'étais physicien nucléaire, j'ai été engagé pour mettre en place un programme pour mesurer l'impact de la centrale sur l'environnement... Retour à la case départ». 

Carlo Back est à la retraite depuis 2014 et a fait toute sa carrière au ministère de la Santé. A partir de 1992, il s'est occupé pendant 20 ans d'un programme de dépistage du cancer du sein et a pu se servir de la physique pour apporter sa contribution dans la prise en charge des patients.





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