Changer d'édition

Cargolux souffle ses 50 bougies

Cargolux souffle ses 50 bougies

Cargolux souffle ses 50 bougies

Cargolux souffle ses 50 bougies


04.03.2020

Un des 30 Jumbos de Cargolux affublé du logo spécial 50e anniversairePhoto: Gerry Huberty

La compagnie de fret aérien luxembourgeoise fête son demi-siècle d'existence ce mercredi 4 mars. Tout a commencé un mardi, avec une livraison de fraises et de laitues iceberg à destination de New York, via Stockholm.

(JFC, avec Marco Meng) - Mardi 10 mars 1970. Le Canadair CL-44 roule vers la piste d'envol, fait tourner ses turbopropulseurs à plein régime et décolle en direction de Stockholm, d'où il prendra à nouveau les airs vers New York. À son bord, principalement des fraises et de la laitue iceberg. Il s'agit du premier vol de Cargolux Airlines International S.A., compagnie aérienne portée sur les fonts baptismaux six jours plus tôt et qui fête mercredi son 50e anniversaire. Le 4 mars en effet, Luxair, Loftleidir Icelandic (qui deviendra plus tard Icelandair), la société de logistique Salen Shipping Group et des investisseurs privés avaient fondé Cargolux. Salen voulait vendre ses produits, Loftleidir Icelandic voulait se débarrasser de ses vieux avions à hélices et Luxair voulait dynamiser le commerce de fret au Findel. 

Depuis 1955 déjà, Loftleidir Icelandic assurait des liaisons transatlantiques depuis l'aéroport de Luxembourg. Une histoire qui durera 43 ans, jusqu'au début de l'année 1999, moment où Icelandair décide de cesser ses opérations à l'aéroport de Luxembourg.  


En un demi-siècle, le «bébé» Cargolux a bien grandi avec sa flotte de 14 Boeing 747-8 et 16 Boeing 747-400, mais tout en conservant une certaine «tradition familiale». En tout, la compagnie emploie plus de 2.000 personnes à travers le monde dans 85 bureaux et plus de 50 pays, dont 1.570 au Luxembourg. L'ancrage islandais est toujours bien réel, avec une soixantaine de salariés de cette nationalité présents au Grand-Duché.

Mais la compagnie de fret aérien n'était pas destinée à cette «success-story». En effet, quelques mois à peine après son lancement, un Canadair CL-44 effectuant la liaison Téhéran - Dacca s'est écrasé peu avant l'atterrissage le 2 décembre 1970, tuant les quatre membres d'équipage à bord et trois personnes au sol. Il s'agit du seul accident grave auquel Cargolux a eu à faire face à ce jour. Considérés comme peu sûrs, les Canadair ont progressivement été remplacés à partir de 1973 par des Douglas DC-8, plus gros. Et c'est en 1979 que le premier Boeing jumbo, un B747-200F, a rejoint la flotte. Là où le Canadair ne pouvait pas transporter plus de 30 tonnes de fret, le 747-8 affiche aujourd'hui une charge utile plus de quatre fois plus élevée et une plus longue portée.

Amende pour cartel

Si Cargolux enregistre des pertes élevées au début des années 1980 marquées par des crises économiques, son chiffre d'affaires dépasse pour la première fois la barre du milliard de dollars en 2004. Mais alors que la compagnie construit pour 70 millions d'euros un immense hangar au Findel, capable d'accueillir deux jumbos simultanément, la crise financière mondiale atteint son paroxysme en 2009. Elle n'épargne pas Cargolux, qui navigue d'ailleurs dans le rouge depuis 2007.

En 2011, Ulrich Ogiermann, qui dirige l'entreprise depuis 2003, quitte ses fonctions. Auparavant, Cargolux avait fait des aveux au ministère américain de la Justice concernant des accords de cartel, aveux qui ont donné lieu à une amende de quelque 105 millions d'euros. Le directeur financier, David Arendt prend alors la relève par intérim jusqu'à l'arrivée de Frank Reimen en janvier 2011, lequel s'en ira déjà l'année suivante. En 2014, Dirk Reich devient le nouveau directeur général. Cette même année, les Chinois de HNCA acquièrent 35% des actions de Cargolux.

Le Boeing 747-8 peut transporter plus de 100 tonnes de fret
Le Boeing 747-8 peut transporter plus de 100 tonnes de fret
Graphique Cargolux

Avec HNCA comme actionnaire, les vols vers la Chine ont été étendus. Lorsque Reich quitte son poste en 2016, Richard Forson prend le contrôle. En moins de quatre ans de mandat, il peut se targuer de deux exercices ponctués de bénéfices records. En 2018, l'excédent net s'est élevé à 189 millions d'euros. 

Aujourd'hui, les actionnaires principaux de la compagnie de fret sont Luxair (35,1 %), HNCA (35%), Spuerkeess (10,90%), la banque d'investissement d'État SNCI (10,67 %) et l'État luxembourgeois (8,32 %).


Sur le même sujet

Le gouvernement confirme être au courant du transport de matériels militaires par la compagnie de fret aérien. Deux ministres reconnaissent, ce mardi, la livraison de deux hélicoptères au Nigeria en janvier dernier.
WI,Cargolux Logo 50 anniversaire. Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
Que ce soit dans le transport aérien, le domaine bancaire ou le secteur industriel, les conséquences directes de l'épidémie restent légères au Luxembourg. Mais les entreprises suivent de près l'évolution de la situation. Tour d'horizon.
De nombreux appareils de la compagnie Cargolux sont cloués sur le tarmac du Findel depuis plusieurs jours
Les appareils de la compagnie aérienne célèbrent à leur façon les 50 ans de la firme luxembourgeoise. Ils disposeront d'une nouvelle livrée sur leur carlingue pour marquer ce demi-siècle.
WI,Cargolux Logo 50 anniversaire. Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
Si la compagnie n'exclut pas d'assurer des vols pour distribuer du matériel médical, elle vient de signifier la nette diminution de ses vols vers la Chine. En cause, le prolongement des festivités du Nouvel An chinois (en lien avec l'épidémie de coronavirus).
Cargolux Cargo,  Boeing 747-8F, LX-VCH, Aéroport du Findel, Luxembourg, le 11 Octobre 2018. Photo: Chris Karaba
Aéroport, Frachtflugzeug, Avion, Cargo, Cargolux, Boeing, 747, Aéroport, Frachtflugzeug, Flugzeug,
Le LCGB et l'OGBL ont à nouveau demandé à l'Office national de conciliation d'intervenir dans les négociations entre l'entreprise aérienne et ses employés, qui réclament depuis plus d'un an une nouvelle convention collective.
La majorité des vols de fret transporte des matières dangereuses. Plus question pour les salariés de voyager à bord.