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Cap de venir au travail sans voiture? Ils ont tenté l'expérience
Luxembourg 8 min. 21.12.2018 Cet article est archivé

Cap de venir au travail sans voiture? Ils ont tenté l'expérience

Cap de venir au travail sans voiture? Ils ont tenté l'expérience

Photo: Anouk Antony
Luxembourg 8 min. 21.12.2018 Cet article est archivé

Cap de venir au travail sans voiture? Ils ont tenté l'expérience

Que faire face aux nombreux embouteillages qui paralysent le Luxembourg matin et soir? Quatre de nos journalistes ont fait le pari de venir au travail sans utiliser leur voiture. A vélo, en bus ou encore en train, ils racontent.

Marc, le conducteur endurci

Marc Hoscheid habite Marnach, tout au Nord du Luxembourg. Conducteur de voiture endurci, c'est avec un certain scepticisme qu'il a accepté de relever ce défi. «Mais je rassure tout le monde: je suis bien arrivé», plaisante le jeune homme. C'est en transport en commun qu'il a décidé de mener son périple.

«J'attendais le bus de la ligne 670, à l'arrêt de bus "Geschäftszenter" lorsque j'ai soudain remarqué un minibus blanc juste à côté, devant un ancien magasin de vêtements. En fait je pensais que ce serait un bus standard mais l'affichage lumineux du bus indiquait bien le numéro 670 et la gare d'arrivée "Clervaux Gare", donc je suis monté à bord», détaille notre journaliste.

Marc Hoscheid utilise très peu les transports en commun, il préfère largement sa voiture personnelle.
Marc Hoscheid utilise très peu les transports en commun, il préfère largement sa voiture personnelle.
Photo: Nico Muller

A l'intérieur, Marc se rend vite compte qu'il est le seul passager, pour à peu près 17 places disponibles. Un garçon de 15 ans le rejoindra plus tard, à Munhausen, avant que son bus n'arrive à la gare de Drauffelt, comme prévu, à 7h43 du matin. Il poursuit ensuite son voyage jusqu'à 08h43, heure à laquelle il arrive à la gare de Luxembourg-Ville, sans incident notable.

«Après une courte recherche, je me suis finalement retrouvé au quai de départ n°15 et j'ai attendu le bus de la ligne 205 pour Monnerich, qui s'arrête également à Gasperich». Après quelques minutes de retard, son bus est enfin apparu et donc Marc s'est engagé sereinement dans la dernière partie de son périple. A 09h07, soit sept minutes de plus que prévu, il a finalement atteint son but, l'arrêt "Plantin" en face de son lieu de travail.

«J'ai donc eu besoin d'un peu plus d'une heure et demie pour faire tout le voyage. Cela m'a pris plus de temps que si j'avais fait le trajet de Marnach à Gasperich en voiture. Aux heures de pointe normales, je suis sur la route pendant une heure et 20 minutes. Pendant les vacances d'été, je gère le tout en 50 minutes!», témoigne Marc.

Cette expérience a permis à Marc de se rendre compte que les transports publics sont une alternative un peu plus lente - pour les travailleurs venant du Nord du pays - que les transports privés. «En voiture, je n'ai pas besoin de faire de changement. Là j'ai dû en faire deux et attendre mes bus un certain temps, dehors. Mais les transports publics permettent de lire, de parler à d'autres passagers ou de dormir un peu. C'est une question de choix!», expose le journaliste.

«Personnellement, ma courte incursion dans le monde des transports publics ne m'a pas détourné de l'utilisation quotidienne de ma voiture bien-aimée, mais cela en dit peut-être plus sur moi que sur les transports publics...», ironise-t-il.

Anne, plus détendue mais en retard

Notre seconde journaliste, Anne Heintz, habite dans l'Est du pays, à Zittig. Tout comme Marc, elle ne prend jamais les transports en commun. «Je savais que ce serait une curieuse expérience! Et je connaissais le résultat d'avance. La pratique a confirmé mes hypothèses: il m'a fallu deux fois plus de temps en bus qu'en voiture...», se désole-t-elle. Anne a en effet dû quitter sa maison 45 minutes plus tôt que d'habitude et se lever une demi-heure plus tôt également.

Bien qu'elle soit arrivée au bureau plus détendue, elle ne compte pas réitérer cette aventure tous les jours. «Les jours normaux, je passe deux à trois heures dans la voiture. Voire un peu plus longtemps, quand le trafic est plus dense.»

Anne Heintz aimerait utiliser plus souvent les transports en commun, mais l'offre n'est malheureusement pas très attractive.
Anne Heintz aimerait utiliser plus souvent les transports en commun, mais l'offre n'est malheureusement pas très attractive.
Photo: Lex Kleren

Elle parcourt entre 80 et 110 kilomètres, en passant par la N11 (route d'Echternach), puis par les autoroutes A7, A1 et A4. «Je profite donc tous les jours des grands maux des routes luxembourgeoises et je n'habite même pas de l'autre côté de la frontière», ironise la jeune femme.

Son plus fidèle compagnon est la radio. «Je sais exactement à quelle heure la station annonce les informations routières», glisse-t-elle dans un sourire. Habituellement, il lui faut une quarantaine de minutes en voiture pour atteindre la rédaction à Gasperich. 

En bus, Anne a mis une heure et 20 minutes. «J'ai dû prendre trois bus différents. J'ai quitté mon domicile à 06h20, le bus est arrivé à 25. Il ne faut surtout pas le manquer, le prochain n'est qu'à 8 heures! Le trajet jusqu'à Junglinster a pris 20 minutes alors que ça ne dure que cinq minutes en voiture...», explique Anne. 

En cause, les multiples arrêts dans tous les villages alentour. Une fois à Junglinster, notre journaliste est montée dans un bus pour la gare centrale, à Luxembourg-Ville. Un voyage qui aura duré plus de 40 minutes et qui est le même qu'en voiture. «Mais j'étais beaucoup plus détendue en tant que passagère que conductrice».

A 07h30, elle est arrivée à la gare. De là, un dernier bus l'a conduite à Gasperich. «Je suis arrivée à mon bureau avant 8 heures, de bonne humeur et plus détendue que d'habitude mais tout de même avec 40 minutes de retard.

Jacques, le converti

Bien sûr, il pleuvait le matin où Jacques Ganser devait tester les transports en commun pour se rendre au travail. Habitant de Esch-Lallange, il parcourt en général ces 14km jusqu'à Gasperich en 40 minutes à vélo. En voiture, il ne lui faut que 14 minutes lorsque les conditions de circulation sont favorables mais avec des embouteillages, il peut facilement dépasser les 30 minutes. 

Jusqu'à présent, le train n'avait jamais été pour lui une véritable alternative: la faute au trajet en bus jusqu'à la gare d'Esch ou jusqu'à la gare de Schifflange, le train surchargé et ensuite les changements répétés à la gare de Luxembourg jusqu'à Gasperich.

Jacques Ganser considère les transports publics comme une alternative intéressante à la voiture chère.
Jacques Ganser considère les transports publics comme une alternative intéressante à la voiture chère.
Photo: Lex Kleren

Ce qui est le plus intéressant pour Jacques, c'est le bus direct 203, qui part de la Cité verte d'Esch à 09h01. Mais avant ça, il doit prendre la navette TICE-Line 7.

«Je quitte donc mon appartement à 08h50, marche 160 mètres et prends la ligne 7 qui m'amène à l'arrêt Cité Verte en quatre minutes. A 09h03, c'est-à-dire avec un retard de près de deux minutes, le bus de la ligne 203 du RGTR arrive. Avec un total de dix passagers à son bord, nous nous dirigeons immédiatement vers l'A4; tout droit dans l'embouteillage que je connais déjà pour l'avoir pratiqué en voiture. Bien sûr, le bus n'utilise pas de routes cachées, mais je peux m'asseoir et me détendre, consulter mes e-mails et avoir un premier aperçu de l'actualité», explique-t-il.

Arrivé sur le rond-point Kockelscheuer, le bus progresse plus rapidement, grâce à sa voie dédiée. «Il devrait d'ailleurs y en avoir beaucoup plus!», souligne Jacques. A 09h34, il descend de l'autobus et sera à son bureau à 09h43. «Certes, c'est déjà un peu en dehors de l'heure de pointe classique mais ça reste une alternative intéressante à une voiture chère».

Steve, le fou de vélo

Pas de voiture pour aller travailler? Pour Steve, ce n'est pas une expérience, c'est son quotidien depuis un certain temps. Et «c'est vraiment bon pour moi», assure le journaliste. «Comme je ne fais presque que du vélo, je suis beaucoup plus détendu au travail et après le travail. Parce que dans la voiture, j'emportais toujours avec moi le stress et le monde du travail», explique-t-il.

Maintenant, il a cette chance de pouvoir faire le vide en sortant du travail. Mais le fait de venir à vélo, sans vraiment être impacté par la circulation routière, ne fait pas de Steve quelqu'un de plus ponctuel qu'avant: «je garde mes mauvaises habitudes», plaisante-t-il.

Pour Steve Remesch, se passer d'une voiture n'est pas une expérience, mais son quotidien.
Pour Steve Remesch, se passer d'une voiture n'est pas une expérience, mais son quotidien.
Photo: Lex Kleren

Habitant la commune d'Hesperange, il conduit rarement plus de 30 kilomètres par jour. En général, c'est entre 15 et 20 kilomètres.

Etant donné que la piste cyclable le long de l'Alzette doublerait la distance parcourue et qu'il n'y a pas de place pour les cyclistes sur la route de Thionville en direction de Howald, «la rue de Gasperich d'Hesperange reste pratiquement la seule alternative possible»; et pas seulement pour se rendre au «Luxemburger Wort», mais également pour le centre-ville.

La voie de bus de la route de Thionville en direction du centre-ville n'est pas ouverte aux cyclistes, «mais elle est beaucoup plus sûre que la route normale ou le chemin qui traverse les zones résidentielles où les deux-roues sont trop souvent ignorés».

Les températures froides et la pluie ne réduisent en rien son bien-être sur le vélo et lui offre même une vraie alternative à la voiture, puisque la distance qu'il parcourt est relativement courte: entre 10 et 20 minutes. «Je suis rapide aussi. Le soir, avec la circulation, je n'arriverais jamais à Hesperange en 20 minutes!»

Pour lui c'est sûr, «le réseau cyclable actuellement en projet rendra bientôt le cyclisme dans et autour de la capitale très attrayant».

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