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Cannabis et stimulants, les drogues les plus répandues
Luxembourg 5 min. 11.05.2022
Au Luxembourg

Cannabis et stimulants, les drogues les plus répandues

Les données les plus récentes montrent que le cannabis est sans surprise la drogue contrôlée la plus consommée au niveau national, suivi de substances de la classe des stimulants.
Au Luxembourg

Cannabis et stimulants, les drogues les plus répandues

Les données les plus récentes montrent que le cannabis est sans surprise la drogue contrôlée la plus consommée au niveau national, suivi de substances de la classe des stimulants.
Crédit: D.R.
Luxembourg 5 min. 11.05.2022
Au Luxembourg

Cannabis et stimulants, les drogues les plus répandues

Simon MARTIN
Simon MARTIN
Le rapport RELIS 2021 met en exergue des données encourageantes mais également interpellantes, comme la hausse de la consommation de cocaïne et de mélanges contenant de la cocaïne en hausse.

Mis au point afin de juger l’état du phénomène des drogues et des toxicomanies au Luxembourg, le rapport RELIS 2021 a été rendu public ce mercredi.


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Il en ressort notamment qu'en matière de consommation de drogues au sein de la population générale, les données les plus récentes (qui datent de 2018) montrent que le cannabis est sans surprise la drogue contrôlée la plus consommée au niveau national, suivi de substances de la classe des stimulants (cocaïne, MDMA, amphétamines, etc.). Comparée à la situation en 2014, les prévalences d’usage au cours de la vie, des derniers 12 mois et des derniers 30 jours de cannabis et des stimulants contrôlés témoignent de légères hausses. «Qui ne sont toutefois pas significatives», précise le rapport. 

Plus de femmes qu'auparavant

À titre d’indicateur comparatif, la consommation récente de cannabis et de stimulants chez les jeunes adultes (15-34 ans) se situe en dessous du taux moyen respectif au sein de l’UE. Lorsqu’on se tourne vers les plus jeunes (15-18 ans), une augmentation modérée de la consommation de cannabis au cours du mois dernier a été observée entre 2006 et 2018. Toutefois, cette augmentation est statistiquement significative uniquement chez les filles. Les données sur les adolescents du Luxembourg ne diffèrent guère de la moyenne de tous les pays ayant participé à l’enquête internationale visée. De plus, l’usage d’héroïne reste marginal au sein de la population générale, tous âges confondus.


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Selon le rapport RELIS, on estime que le nombre de personnes qui présentent ce type d’usage au Luxembourg se situe autour de 2.160, ce qui équivaut à un taux de prévalence de 5,06 usagers par 1.000 habitants âgés entre 15 et 64 ans. «En 2000, ce même taux équivalait à 9 usagers sur 1.000 habitants et figurait alors parmi les plus élevés au sein de l’Union européenne. On observe par ailleurs une baisse de la prévalence au niveau de l’usage d’opiacés et une stabilisation de l’usage par injection», se réjouit l'organisme.

Davantage de mélanges dangereux

Si la consommation d'héroïne reste marginale au Grand-Duché, il n'empêche que les opioïdes (dont l'héroïne fait partie) restent les drogues les plus répandues dans la population d’usagers de drogues à haut risque. «Cependant, la consommation de premier choix d'opioïdes a tendance à diminuer, tandis que la consommation de cocaïne et de mélanges/cocktails contenant de la cocaïne accuse une hausse», contraste le rapport. «La polytoxicomanie, bien qu’affichant une certaine stabilité depuis les dernières années, demeure prépondérante au sein de cette même population».


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Au Luxembourg, il existe plusieurs salles de consommation supervisée de drogues, aussi appelées «salles de shoot». Parmi les usagers fréquentant ces établissements, le rapport explique que l'on y constate que l’usage par inhalation gagne toujours du terrain sur l’usage par injection. Une bonne nouvelle dans le sens où ce mode de consommation contribue ainsi à une réduction du risque de surdoses et de la transmission de certaines maladies infectieuses. «Grâce aux efforts communs en matière de réduction des risques, entre 52 et 69% des usagers des différentes salles de consommation supervisée de drogues et 59.7% (2013 : 37.4%) des usagers de drogues à haut risque en général consomment entretemps par voie d’inhalation.» 

Le VIH reste présent

Il y a peu, nous vous expliquions que les jeunes Luxembourgeois étaient plus exposés au VIH qu'auparavant. Pas loin d'une cinquantaine de nouveaux cas ont ainsi été recensés en 2021 au Luxembourg. On le sait, le VIH circule bien plus dans le milieu des stupéfiants.

Ainsi, entre 2014 et 2016, on observait à l’échelle nationale une hausse significative des nouvelles infections VIH parmi les injecteurs de drogues (21 cas en 2016), attribuable en partie à la disponibilité et l’usage par injection accrus de cocaïne. Toutefois, à en croire le rapport, les données des quatre dernières années témoignent d’une baisse marquée du nombre d’injecteurs de drogues parmi les cas de nouvelles infections au VIH. «En 2020, on dénombrait quatre nouveaux cas d’infection au VIH, comparés à 5 cas en 2018 et 3 cas en 2019.» 


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Notons que l’âge moyen des victimes de surdoses fatales continue à afficher une tendance à la hausse avec une moyenne de 41,5 ans. Le rapport ajoute que depuis le déploiement des plans d’action nationaux en matière de drogues et d’addictions associées, une tendance globale à la baisse des décès par surdosage s’observe au niveau national. Si en 2000, 26 victimes d’une surdose fatale ont dû être déplorées, 6 victimes ont été dénombrées en 2020.

Petite ombre au tableau: le nombre d’usagers de drogues en traitement qui suivait une tendance générale à la hausse, tout comme le nombre de contacts avec les structures nationales d’aide et de réduction des risques, affichent une baisse en 2020. «Ce dernier a atteint 146.000 épisodes de contacts (en 2019 : 164.000 et en 2016 : 150.937) et le nombre de personnes-contacts en traitement  était de 2.715 (nombre comparable à celui de 2014). On note par ailleurs une baisse en 2020 du nombre de seringues stériles distribuées dans le cadre du programme national d'échange de seringues.»

Majoritairement des hommes

De plus, l'âge moyen des usagers de drogues en traitement est en hausse depuis plusieurs années maintenant (36,8 ans en 2020 ; 28 ans en 1997). «Les demandeurs de traitement sont majoritairement des hommes (78,6%).»

Tout cela pour dire que le phénomène des stupéfiants reste une réalité toujours bien présente au Luxembourg malgré quelques signes d'amélioration. Sur le terrain, les différents organismes s'affairent à aider les personnes concernées tandis que la police s'affaire à démanteler ces réseaux. «Globalement, les saisies de cannabis ont représenté 67% du nombre total de saisies au Luxembourg en 2020. Le nombre et la quantité de cannabis saisi ont atteint un pic en 2019 (371 kg sur un total de 1.315 saisies). Pour ce qui est du nombre de saisies de cocaïne et d’héroïne, les tendances actuelles sont moins apparentes. Depuis 2014, la pureté de la cocaïne sur le marché avait tendance à augmenter, alors que 2019 et 2020 signent une première stagnation», conclut le rapport.

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