Changer d'édition

«C'était mon ami et l'ami du Luxembourg»
Luxembourg 10 2 min. 26.09.2019 Cet article est archivé

«C'était mon ami et l'ami du Luxembourg»

Le 14 décembre 2000, le Président Jacques Chirac, Lydie Polfer, alors ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur du Premier ministre Jean-Claude Juncker (de dos à droite).

«C'était mon ami et l'ami du Luxembourg»

Le 14 décembre 2000, le Président Jacques Chirac, Lydie Polfer, alors ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur du Premier ministre Jean-Claude Juncker (de dos à droite).
Photo: Archives Luxemburger Wort
Luxembourg 10 2 min. 26.09.2019 Cet article est archivé

«C'était mon ami et l'ami du Luxembourg»

Maurice FICK
Maurice FICK
De Jacques Chirac, qu'elle a connu publiquement et en privé, Lydie Polfer, bourgmestre de Luxembourg et ancienne ministre des Affaires étrangères, gardera le souvenir d'un «grand homme qui respirait la chaleur humaine avec un respect profond pour l'autre». Elle raconte.

Jacques Chirac et Lydie Polfer, c'est une histoire d'amitié de trente-sept années. De leur première rencontre à Paris en 1982 à ses visites privées jusque peu avant la maladie du président de la République, la bourgmestre de Luxembourg (DP), livre un témoignage «très ému» avec de croustillantes et bienveillantes anecdotes. 

Qui était Jacques Chirac pour vous Madame Polfer ? 

«C'était pour moi, un ami extrêmement cher. C'était vraiment quelqu'un d'attentionné et plein de vie. Un grand homme qui respirait la chaleur humaine dans tout ce que cela signifie de positif. C'est-à-dire qu'il aimait sa vie mais aussi les autres. Il avait ce charisme de pouvoir approcher l'autre dans ce qu'il avait d'humanité. 

Jacques Chirac avait cette attitude de respect profond pour toute autre personne. Il avait la même chaleur humaine vis-à-vis d'un serveur dans un restaurant qu'envers toute autre personne. Moi, ça me bouleversait. Mais je me rappelle aussi de scènes, comme celle en Israël lors de l'incident avec la sécurité, où il s'emportait lorsque quelqu'un n'avait pas de respect vis-à-vis d'une autre personne. Il était comme ça dans la vie quotidienne». 

Vous souvenez-vous de votre rencontre ? 

«Lorsque je suis devenue bourgmestre de Luxembourg en 1982, j'ai rencontré Jacques Chirac à l'hôtel de ville de Paris, il était maire. Un courant d'amitié et d'affection est immédiatement passé entre nous. On s'est tout de suite entendu.

  En tant que président, il organisait l'assemblée générale de l'Association internationale des maires francophones à Paris cette année-là. J'étais conviée en 1983 mais n'ai pu m'y rendre car ma fille est née en septembre. Lors de l'assemblée générale Jacques Chirac a lancé: «J'ai une bonne nouvelle: nous avons eu une fille!» Il considérait qu'il était le parrain de ma fille. Et lorsqu'il est venu à Luxembourg-Ville en 1984 il a rapporté un grand panda à ma fille. Une peluche aussi grande qu'elle! J'ai toujours cette photo devant moi.»

C'est ce qui le caractérisait à vos yeux ? 

«Oui, ce n'était pas un ami superficiel. Il se rappelait. Quand il donnait son amitié, ce n'était pas une façade. Et j'ai eu la chance de compter parmi ceux-là. Cette amitié nous l'avions nouée en tant que maires mais elle a perduré lorsqu'il est devenu président de la République et que je suis devenue ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur en 1999. Il avait aussi une vraie amitié pour Jean-Claude Juncker, alors Premier ministre».

Quels étaient ses rapports avec le Luxembourg ?

«Je peux en témoigner: le Luxembourg doit beaucoup à Jacques Chirac! Sans lui, au Traité de Nice (signé le 26 février 2001),  nous n'aurions pas conservé les six membres européens. Nicolas Schmit peut le confirmer. C'était vraiment un ami du Luxembourg. Son amitié et sa bienveillance pour notre pays ont été constantes. Je suis très émue.»