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«C'est trop facile de râler contre 'ceux d'en haut'»
Luxembourg 4 min. 27.04.2021

«C'est trop facile de râler contre 'ceux d'en haut'»

Didier Lejeune participe depuis septembre 2019 au Conseil citoyen instauré dans la partie germanophone de la Belgique.

«C'est trop facile de râler contre 'ceux d'en haut'»

Didier Lejeune participe depuis septembre 2019 au Conseil citoyen instauré dans la partie germanophone de la Belgique.
Photo: Chris Karaba
Luxembourg 4 min. 27.04.2021

«C'est trop facile de râler contre 'ceux d'en haut'»

A 50 ans, Didier Lejeune, ouvrier du bâtiment, appartient depuis septembre 2019 au Conseil citoyen instauré au sein de la communauté germanophone de Belgique. Une instance composée de citoyens chargée de proposer des idées concrètes pour lutter contre «le désenchantement de la politique».

(Jmh avec Morgan Kurtzmann) - Depuis près de 18 mois, 24 citoyens se trouvent à la base des textes de loi qui régissent la vie dans la partie germanophone de la Belgique. Issus d'un tirage au sort au sein des listes électorales et sur base du volontariat, ces «messieurs et mesdames tout-le-monde» proposent des idées aux élus qui ont l’obligation de se justifier en cas de refus de suivre les demandes citoyennes. Rencontre avec l'un d'entre eux.

Vous êtes membre du Conseil citoyen depuis septembre 2019. Vous considérez-vous comme un homme politique?

Didier Lejeune - «Je ne suis pas un politicien. Le Conseil des citoyens est totalement apolitique et personne au sein du conseil ne possède de mandat politique. Il est très important pour moi qu'il soit apolitique. Je n'ai d'ailleurs jamais, à titre personnel, eu une carte de parti politique, ce qui ne m'empêche pas d'être actif politiquement sans avoir à faire campagne, via le Conseil citoyen. C'est ce qui m'a convaincu au début de participer.


Das Bauvorhaben auf dem Gelände Schoettermarial in Kirchberg/Weimerskirch ist eines von insgesamt 30 Großprojekten, bei denen die Bürger laut „Eis Stad“ mitentscheiden sollten.
Les citoyens veulent faire entendre leur voix
«Eis stad» prône pour davantage de participation citoyenne dans les aménagements urbains au Luxembourg. L'association veut même aller plus loin dans sa réflexion et souhaite l'institutionnaliser.

Cette nouvelle approche peut-elle, selon vous, lutter contre la méfiance actuelle envers les politiques?

«C'est trop facile de râler contre 'ceux d'en haut', tout le monde fait ça, surtout au cours de cette pandémie. Mais nous avons en Belgique la possibilité de faire quelque chose de mieux nous-mêmes ou d'agir par nous-mêmes. Cela peut donc contrer ce phénomène de désenchantement de la politique.

Le fait d'avoir une responsabilité a-t-il fait évoluer votre regard?

«Dans une certaine mesure, oui. Pas tellement sur la politique en elle-même, mais plutôt sur l'administration. Quand un politicien ou le Parlement décide de quelque chose, les effets ne se traduisent pas directement. Ce n'est pas comme à la maison. Il faut donc un certain temps avant que cela n'atteigne le citoyen, puisque cela doit passer plusieurs filtres, comme les commissions parlementaires par exemple. Même si je comprends ces obstacles administratifs, alors qu'ils alourdissent l'ensemble et entraînent  un manque de compréhension de la part des citoyens.


Bereits bei der Diskussion um die Zukunft der Nei Schmelz hatte die Stadt Erfahrungen mit Bürgerbe-
teiligung gesammelt. Damals in Workshops. Nun will man einen Schritt weiter gehen.
Dudelange ose la participation citoyenne
Le conseil des bourgmestre et échevins dudelangeois sera bientôt assisté de deux panels de citoyens pour l'accompagner dans certaines décisions ou fixer le budget. Le premier groupe sera formé dès cet automne 2019.

Quelle est, selon vous, la plus-value de ce conseil citoyen pour la vie locale?

«L'un des avantages tient dans le fait que nous pouvons avoir un impact jusqu'au Parlement, raison pour laquelle de nombreuses municipalités ont mis en place un tel dispositif. Car cela a un impact concret sur la société. 

Et le fait que des non-spécialistes traitent de sujets parfois ardus ne constitue-t-il pas un handicap?

«Je vois plutôt cela comme un avantage, car, à nous tous, nous représentons l'ensemble de la communauté puisque la composition de ce Conseil est non seulement paritaire, mais aussi représentatif des différents secteurs d'activité. Chacun aborde donc les sujets à sa manière puisque le point de vue sur un même sujet peut varier en fonction de la situation socioéconomique, de l'âge ou de sa situation familiale. Nous abordons aussi les choses de manière plus impartiale, raison pour laquelle nous produisons un travail neutre et honnête. Il faut aussi dire que les hommes politiques professionnels ne sont pas non plus des experts dans tous les domaines.

Au Luxembourg, ce qui se rapprocherait le plus de ce dispositif tient dans le droit de pétition. Quel regard portez-vous sur ce droit accordé aux citoyens?

« C'est un pas qui va dans la bonne direction. L'avantage repose surtout sur le fait que les idées parviennent très rapidement au Parlement et qu'une seule personne peut soumettre une ou plusieurs idées. Mais ce qui est un avantage constitue aussi un inconvénient puisque le pétitionnaire doit avoir une grande connaissance du sujet traité et être capable de bien formuler sa demande. 

Dans le Conseil citoyen, chacun d'entre nous peut soumettre au secrétariat permanent une question qui lui tient à cœur qui la transmet au Conseil pour être traitée, avant d'être soumise à une assemblée de citoyens. Ce n'est qu'une fois ces étapes réalisées - et donc la question agrémentée d'autres points de vue - qu'elle est transmise au Parlement. Ce qui peut vite arriver à des documents de plusieurs dizaines de pages.

Cela ne veut pas dire que les pétitions n'ont pas lieu d'être, puisque plusieurs d'entre elles ont déjà abouti au Luxembourg. Les deux procédures ont un potentiel. L'une est rapide, l'autre plus complète.

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