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"C'est dur de survivre avec la bourse seulement", raconte Daniel (étudiant)
Vendredi 25 avril 2014 sur le parvis de la gare à Luxembourg. Daniel Waxweiler va défiler contre le projet de réforme des bourses d'études. Sur son panneau est écrit: "Cherche parents riches".

"C'est dur de survivre avec la bourse seulement", raconte Daniel (étudiant)

Photo: Maurice Fick
Vendredi 25 avril 2014 sur le parvis de la gare à Luxembourg. Daniel Waxweiler va défiler contre le projet de réforme des bourses d'études. Sur son panneau est écrit: "Cherche parents riches".
Luxembourg 3 min. 26.04.2014

"C'est dur de survivre avec la bourse seulement", raconte Daniel (étudiant)

"Avec la réforme des bourses d'études je devrais faire un prêt", a déjà calculé Daniel Waxweiler, 23 ans. Originaire de Brouch et étudiant à Sarrebruck, il nous raconte son quotidien en parlant de "survie".

"Je suis venu à la manif parce que la bourse ne va plus suffire à survivre pour celui qui étudie dans une université à l'étranger", pose Daniel Waxweiler, étudiant en master d'informatique des médias à l'Université de la Sarre. Lisez: lorsque le projet de réforme des bourses d'études entrera en vigueur à la Rentrée 2014-2015.

Et il rajoute aussitôt qu'étudier au Luxembourg peut s'avérer encore bien "plus dur, car c'est déjà difficile de trouver un logement, alors pensez donc pour un étudiant! Et puis il y a ceux qui ne veulent pas vivre chez leurs parents ou qui habitent loin de l'université, dans le Nord du pays".

Déjà, "en ce moment c'est dur de survivre avec la bourse seulement", estime Daniel qui reçoit une bourse d' "environ 6.500 euros par semestre" pour étudier à Sarrebruck. Et puis, "à Sarrebruck ce n'est pas aussi cher que dans beaucoup d'autres grandes villes universitaires comme à Paris ou en Suisse par exemple". Lui débourse 350 euros/mois pour se loger dans un 18 m2 au sein d'une "Wohngemeinschaft", traduisez: en colocation. Et c'est non meublé à ce prix-là.

A quoi s'ajoute une dépense millimétrée pour l'alimentation. Daniel y consacre "entre 150 et 200 euros/mois", pas plus. Et puis, "vient tout le reste: les livres, les habits, le téléphone portable" (pour des raisons d'économie, il a deux cartes SIM, une pour pour être connecté à Sarrebruck, l'autre pour le rester au Luxembourg), les trajets, voire les sorties, dont il ne parle pas mais avouera juste ne pas se sentir privé.

Le nouveau mode de distribution des bourses d'études, il "ne le trouve pas super juste. La plupart des étudiants toucheront moins au final. Et lui-même? "Pour moi, ils regarderont combien gagnent mes parents. Seul mon père travaille mais il ne me dit pas combien il gagne". Du coup, Daniel ne touchera sans doute pas la bourse sociale de 2.500 euros (maximum), dont le montant est calculé en fonction du revenu des parents justement. Si rien ne change, il touchera les 2.000 euros de la bourse de base et les 2.000 euros de la bourse de mobilité à la Rentrée. Soit 4.500 euros.

"Je devrais alors faire un prêt alors que pour l'heure, ça passe, sans prêt", glisse Daniel. Autre solution envisagée: "Il faudra peut-être que je déménage un peu plus loin de l'université" et du coup faire bien plus de 15 minutes de bus pour s'y rendre comme c'est le cas actuellement.

Que dirait Daniel au ministre de l'Enseignement supérieur s'il pouvait s'adresser directement à lui?

"Je lui demanderai: Avez-vous vraiment pensé à ce que signifie: sélectivité sociale? Je lui dirais aussi qu'il ne faut pas épargner sur l'éducation ce n'est pas une bonne chose pour l'avenir. L'avenir du Luxembourg".

Maurice Fick


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