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Bourses d'études: mobilité et revenu des parents font varier le montant
Luxembourg 3 min. 28.02.2014 Cet article est archivé

Bourses d'études: mobilité et revenu des parents font varier le montant

Bourses d'études: mobilité et revenu des parents font varier le montant

Photo: Shutterstock
Luxembourg 3 min. 28.02.2014 Cet article est archivé

Bourses d'études: mobilité et revenu des parents font varier le montant

La réforme des bourses d'étudiants au Luxembourg a été présentée vendredi en Conseil de gouvernement et "entrera en vigueur le 1er août 2014 au plus tard". Tous les étudiants ont droit à 8.500 euros. Le montant restant (4.500 euros) est réservé aux étudiants inscrits à l'étranger et dont les parents gagnent peu.

Contrairement à ce que l'on aurait pu croire, le Premier ministre Xavier Bettel n'a rien révélé concernant le budget de l'Etat 2014, si ce n'est qu'il est bel et bien "bouclé". Le projet de loi sera déposé ce mardi 5 mars à la Chambre des députés.

Un des points importants abordés au Conseil de gouvernement ce vendredi a été la réforme des bourses d'études.

L'objectif du gouvernement est de continuer à favoriser l'indépendance financière du jeune adulte qui démarre dans la vie et choisi de faire des études. Claude Meisch, ministre de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur, veut "déposer rapidement le projet de loi à la Chambre des députés" pour que "la réforme entre en vigueur le 1er août 2014 au plus tard".

Ce qui va changer:

Jusqu'à présent, l'Etat allouait deux fois 6.500 euros aux étudiants sous forme et de prêt remboursable et de bourse.

A l'avenir, tous les étudiants, résidents et frontaliers, recevront d'office un prêt étudiant de 6.500 euros. Le taux sera de 2% et le prêt devra être remboursé au bout de 10 ans.

A ce prêt s'ajoutera une bourse à "trois étages":

    1. une bourse de base de 2.000 euros qui sera allouée, sans conditions, à tous les étudiants.
    2. une bourse de mobilité de 2.000 euros qui doit encourager les jeunes à étudier ailleurs que dans leur pays.
    3. une bourse sociale de 2.500 euros maximum, dont le montant est calculé en fonction du revenu des parents.

      Qui touchera la bourse sociale?

      Le montant exact de cette bourse sociale sera calculé en fonction d'une grille allant de 500 à 2.500 euros. Pour que l'étudiant touche 2.500 euros, ses parents ne devront pas gagner plus que le revenu social minimum.

      En revanche, l'étudiant dont les  parents gagnent plus de 4,5 fois le salaire social minimum, ne touchera rien.

      La bourse sociale profitera davantage aux étudiants de parents frontaliers "car leurs revenus moyens sont inférieurs à ceux des parents des résidents", concède volontiers le ministre de l'Enseignement supérieur.

      Et la bourse de mobilité?

      A l'inverse, on peut d'ores et déjà remarquer qu'une grande partie des étudiants résidents profiteront de la bourse de mobilité mais seulement une minorité d'étudiants de parents frontaliers. Un étudiant de Metz dont un parent est travailleur frontalier et qui décide d'étudier à Paris ou Strasbourg, n'y aura donc pas droit.

      Plutôt satisfaite de la réforme prenant en compte l'autonomie de l'étudiant revendiquée, l'ACEL (Association des cercles d'étudiants luxembourgeois) note que "la mobilité est une caractéristique essentielle de la culture estudiantine luxembourgeoise, sachant que près de 80% des résidents partent à l’étranger pour suivre des études supérieures".

      Close anti-cumul pour les frontaliers

      Le nouveau projet de loi prévoit également le maintien du remboursement des frais d'inscription à hauteur de 3.700 euros maximum, la moitié sous forme de bourse, l'autre sous forme de prêt. Peuvent s'y ajouter 1.000 euros pour des situations spéciales.

      La réforme introduit également une close anti-cumul de sorte que l'ensemble des aides touchées par un étudiant "frontalier" dans son pays de résidence (bourse pour études supérieures, allocations familiales, etc.) seront défalquées du montant des bourses luxembourgeoises.

      Combien l'Etat prévoit-il d'économiser?

      "Nous avons calculé que si aujourd'hui nous distribuons 180 millions d'euros sous forme de bourses d'études, après cette réforme, l'Etat n'en distribuera plus que 110 millions. Il est donc vrai que des gens recevront moins", souligne Claude Meisch.

      Maurice Fick