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Bommeleeër: deux gendarmes jugés pour des attentats dans les années 1980

Bommeleeër: deux gendarmes jugés pour des attentats dans les années 1980

Photo: Gerry Huberty
Luxembourg 2 min. 25.02.2013

Bommeleeër: deux gendarmes jugés pour des attentats dans les années 1980

Le procès de deux gendarmes accusés d'une vague d'attentats contre des bâtiments publics qui firent cinq blessés au milieu des années 1980 au Luxembourg, s'est ouvert lundi, près de 30 ans après cette affaire qui reste un traumatisme pour le Grand-Duché.

Le Premier ministre, Jean-Claude Juncker, son prédécesseur et ancien président de la Commission européenne, Jacques Santer, ainsi que le prince Jean de Luxembourg, frère du grand-duc Henri et dont le nom fut mêlé à l'affaire, feront partie des quelque 90 témoins convoqués pour tenter de résoudre l'énigme dite du «Bommeleeër» (poseur de bombes en luxembourgeois). Le procès doit durer trois mois.

Deux hommes sont sur le banc des accusés, anciens membres de la Brigade mobile de la gendarmerie: Marc Scheer et Jos Wilmes, âgés aujourd'hui de 58 et 56 ans.

Inculpés en 2007 entre autres de tentative d'assassinat, ils ont toujours clamé leur innocence, affirmant être étrangers à la vingtaine d'attentats à la bombe, ignorant qui en avaient été les auteurs et les éventuels commanditaires.

Cette vague d'attentats avait eu lieu dans un contexte de violences politiques dans plusieurs pays européens, notamment en Italie et en Belgique.

Lors de perquisitions aux domiciles des prévenus, les enquêteurs avaient découvert des plans de sites visés, notamment des lignes à haute tension et des bâtiments administratifs. Parmi les cibles, figuraient l'aéroport de Luxembourg, des installations de la Poste, le palais de justice de la capitale, une piscine et le siège du quotidien «Luxemburger Wort».

Selon les éléments de l'enquête, les poseurs de bombes auraient été quatre, voire cinq, et étaient liés à la gendarmerie grand-ducale. Les enquêteurs n'ont toutefois jamais pu prouver l'implication d'autres auteurs. Ils n'ont pas non plus établi de lien, évoqué par certains, entre les attentats et les réseaux dits «stay-behind» mis en place par les services américains pendant la guerre froide pour contrer les Soviétiques.

Mais parmi les hypothèses examinées par la justice, figurait la volonté de créer un sentiment d'insécurité afin que les autorités renforcent les effectifs policiers.

Les enquêteurs ont rejeté la thèse de l'implication du prince Jean de Luxembourg. Plusieurs témoins avaient affirmé l'avoir vu à proximité de l'aéroport lors d'un des attentats en 1985. Le prince avait fourni un alibi. Mais Me Gaston Vögel, l'un des avocats de la défense, a relancé cette piste en émettant des doutes sur l'alibi du prince.

Ce procès intervient aussi alors que les députés se sont récemment intéressés au fonctionnement des services de renseignement de ce petit pays de 500.000 habitants.

En novembre, l'hebdomadaire Lëtzebuerger Land avait publié la transcription d'un entretien en 2008 entre M. Juncker et l'ancien chef des services de renseignement accusant le grand-duc Henri d'avoir des «contacts permanents» avec les services de renseignement britanniques.


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