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Bientôt des caméras dans tous les bus RGTR
Luxembourg 4 min. 14.03.2022 Cet article est archivé
Harcèlement dans les transports publics

Bientôt des caméras dans tous les bus RGTR

Le phénomène de harcèlement sexuel dans les transports publics au Luxembourg serait en baisse depuis ces cinq dernières années.
Harcèlement dans les transports publics

Bientôt des caméras dans tous les bus RGTR

Le phénomène de harcèlement sexuel dans les transports publics au Luxembourg serait en baisse depuis ces cinq dernières années.
Photo : Chris Karaba/LW
Luxembourg 4 min. 14.03.2022 Cet article est archivé
Harcèlement dans les transports publics

Bientôt des caméras dans tous les bus RGTR

Simon MARTIN
Simon MARTIN
Le nombre de cas de harcèlement sexuel dans les transports publics reste faible. Cela dit, il ne pourrait être que la partie visible de l'iceberg. Des solutions sont ou vont être déployées.

La question de l'insécurité dans les transports publics a déjà été largement relayée. Pas plus tard qu'il y a quelques jours, c'était les chauffeurs du TICE (Transport intercommunal de personnes dans le canton d'Esch-sur-Alzette) qui alertaient sur leurs conditions de travail délicates et sur l'escalade de violences dont ils sont victimes. Il est aujourd'hui question des cas de harcèlement sexuel au sein des transports publics luxembourgeois et de comment y remédier.


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C'est la jeune députée Jessie Thill (Déi Gréng) qui a voulu savoir ce qu'il en était du phénomène au Grand-Duché au regard des statistiques alarmantes du côté français. «Une étude de 2016 de la Fédération Nationale des Associations d'Usagers des Transports (FNAUT) montre qu'environ 87% de toutes les femmes en France ont déjà été harcelées sexuellement dans les transports publics. De plus, l'Observatoire national de la délinquance et de la responsabilité pénale (ONDRP) a rapporté en 2018 qu'environ 51% de toutes les femmes en France ne se sentent pas en sécurité lorsqu'elles voyagent en transports en commun.  ». 

Des solutions en place en France

De quoi pousser la députée à interroger le ministre de la Mobilité François Bausch (Déi Gréng) sur la question et ce, afin de savoir si des solutions sont mises en place pour garantir la sécurité des femmes dans les transports publics. «En réponse à ces études, les sociétés françaises de transport SNCF, Île-de-France Mobilités et RATP ont mis en place, entre autres, un téléphone d'urgence pour les personnes concernées. De plus, un programme de formation étendu a été mis en place pour leur personnel. L'étude de la FNAUT de 2016 montre que la sensibilisation à cette problématique auprès des acteurs du secteur des transports fait une plus grande différence pour les personnes concernées».


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A en croire les chiffres fournis par le ministre Bausch en réponse à la question parlementaire de Jessie Thill, le phénomène de harcèlement sexuel dans les transports publics au Luxembourg resterait très marginal et serait même en baisse depuis ces cinq dernières années. Ainsi, en 2021, 8 cas de harcèlement sexuel ont été recensés dans les transports publics: 3 sur des agents et 5 sur des tierces personnes (passagers, etc.). En 2017, près du double avait été recensé avec 14 cas.

Toutefois, ces chiffres restent à prendre avec des pincettes. En effet, il ne pourrait s'agir que de la partie visible de l'iceberg. En effet, comme le rappelle Jessie Thill, environ la moitié de tous les incidents «ne sont jamais signalés». De plus, il ne s'agit que des incidents déclarés via le formulaire CIS (Constat Incident Sûreté) par les agents des transports publics.

Du personnel formé et sensibilisé

Le ministre a également insisté sur le fait que le personnel des transports publics est parfaitement formé et sensibilisé afin de pouvoir réagir dans de pareils cas. «Le personnel des CFL reçoit deux formations où ce sujet est abordé : une formation initiale pour «gérer les conflits avec la clientèle» ainsi qu'une autre comprenant des retours d'expériences. Ces deux cours couvrent différents types d'incidents, tels que : les remarques à caractère sexuel, les avances des clients vis-à-vis des agents, les interactions des clients avec les agents ou encore les comportements disgracieux de client à client comme le nudisme ou des attouchements intrusifs.»


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François Bausch assure que tout est fait pour assurer la sécurité des voyageurs, que ce soit dans les trains ou dans les bus. «Chaque incident dans le domaine de la sécurité est signalé et analysé par le personnel des CFL. Sur la base de ces signalements, des actions concertées sont prévues avec la police et les douanes. Les équipes de sécurité privées ciblent également là où les besoins sont les plus grands. De plus, chaque train de voyageurs des CFL est équipé d'un accompagnateur. Le client a donc toujours un interlocuteur ou une personne de contact durant son trajet. Une grande partie des gares et des trains sont équipés de vidéosurveillance. Actuellement, les CFL disposent de plus ou moins 785 caméras installées dans les gares, 115 caméras dans les P&R CFL et environ 1.200 caméras dans les trains. Ce réseau est en constante expansion».

Des caméras pour la mi-juillet 2022

Malheureusement, notons que les bus régionaux RGTR n'ont pratiquement pas de vidéosurveillance à l'heure actuelle. «Toutefois, les bus RGTR seront équipés d'un système de vidéosurveillance dès le début des nouveaux contrats d'exploitation, vers la mi-juillet 2022», assure-t-il. «Par ailleurs, le ministère de la Mobilité, en collaboration avec l'Administration des Transports Publics, travaille sur une base légale pour la vidéosurveillance dans l'ensemble des transports publics. Des dispositions ont également été établies au préalable avec les exploitants de chaque réseau, afin de mieux encadrer le comportement des transports publics en général et d'établir un catalogue de sanctions. Il est prévu de lancer ces projets plus tard cette année». 

Rappelons également que le ministre de la Mobilité envisageait il y a peu l'installation d'habitacles dans les bus pour garantir la sécurité des conducteurs contre les agressions physiques.

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