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Bettel réagit face «au virus de la haine»
Luxembourg 3 min. 07.12.2021 Cet article est archivé
Intervention à la Chambre

Bettel réagit face «au virus de la haine»

«L'intolérance, la haine et la violence n'ont pas leur place au Luxembourg. Ensemble, nous sommes forts.» C'est par ces mots que le Premier ministre a conclu son intervention.
Intervention à la Chambre

Bettel réagit face «au virus de la haine»

«L'intolérance, la haine et la violence n'ont pas leur place au Luxembourg. Ensemble, nous sommes forts.» C'est par ces mots que le Premier ministre a conclu son intervention.
Photo : Gerry Huberty
Luxembourg 3 min. 07.12.2021 Cet article est archivé
Intervention à la Chambre

Bettel réagit face «au virus de la haine»

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Après les incidents qui ont émaillé la journée de samedi dans la capitale, le Premier ministre est intervenu à la Chambre. Face à la radicalisation des "anti", il souhaite que les élus adoptent un plan d'action.

C'est un silence glacial qui a accompagné, mardi à 14h30, le Premier ministre au pupitre de la Chambre des députés. Silence aussi pesant que le choc a été grand, samedi, lors des débordements de manifestants opposés aux choix de l'Etat luxembourgeois dans sa gestion de la crise sanitaire. Quelques instants avant la prise de parole du chef de gouvernement, c'est le président de la Chambre qui donnait le ton de la déclaration à suivre en parlant des «lignes rouges à ne pas dépasser dans nos démocraties».


Zum Abschluss der Demonstration versammelten sich die Protestierer vor der Chamber.
Cette émeute qui pourrait tout changer
Les 2.000 contestataires qui ont chahuté la capitale, samedi, ont surtout réussi à rassembler un front commun. A être trop radicaux et violents, pas sûr que les manifestants aient rallié beaucoup de soutiens à leur cause.

Et, voix grave, Xavier Bettel n'a pas tardé à rappeler «samedi dernier, des scènes que nous n'accepterons pas se sont déroulées dans la Ville. Nous n'acceptons pas que des personnes défilent sans être déclarées et sans accepter les règles du droit de manifester. Nous n'acceptons pas qu'un grand nombre de personnes ne respectent pas les lois covid. Nous n'acceptons pas non plus que la Gëlle Fra soit souillée par des messages minimisant l'holocauste!» 

Clairement, la bousculade venue bouleverser les festivités au Knuedler et place de la Constitution (mais aussi les regroupements haineux devant le domicile personnel du Premier) «cela ne doit plus se reproduire». Et si le droit d'expression sera encore respecté pour celles et ceux qui entendent manifester dans les jours prochains, ce sera «dans un périmètre délimité» au préalable.

Et, avant même que ne s'exprime le ministre de la Sécurité intérieure, un avertissement a été adressé aux possibles fauteurs de troubles : «Quitter ce périmètre, c'est entrer dans l'illégalité». Xavier Bettel invitant au passage chacun à bien veiller au cortège qu'il rejoignait, et à sa façon de revendiquer. «Ne vous laissez pas manipuler par des agitateurs. Ne participez pas à des manifestations pour lesquelles des appels à la haine et à la violence sont lancés à l'avance.»

La démocratie ne s'agenouillera jamais devant un groupe prêt à recourir à la violence

Xavier Bettel

Mais de cet épisode du 4 décembre, Xavier Bettel entend tirer des leçons autres que policières. A ses yeux, trop longtemps, la haine diffusée via les réseaux sociaux et les tchat n'a pas été suffisamment prise au sérieuse. Mais désormais c'est dans la rue qu'elle s'exprime. «Tout comme pour le virus du covid, nous ne pouvons combattre ce virus de la haine et de la radicalisation qu'ensemble, en tant que société», appelle-t-il.

Aussi, le chef de l'exécutif ne peut-il qu'encourager le Parlement à se pencher davantage sur les problèmes de radicalisation qui viendraient miner la société. Le Premier ministre souhaite un plan d'action pour lutter contre le phénomène. «Il n'est jamais trop tard pour bien faire.»

La ministre Corinne Cahen a reçu le réconfort notamment de son homologue Henri Kox. Samedi, sous la menace de manifestants, elle avait dû quitter son domicile.
La ministre Corinne Cahen a reçu le réconfort notamment de son homologue Henri Kox. Samedi, sous la menace de manifestants, elle avait dû quitter son domicile.
Photo : Gerry Huberty

Pour le Premier ministre, si la population a un rôle à jouer dans l'apaisement des tensions apparues au fil de ces 20 mois de crise, les élus (de la majorité comme de l'opposition) ont aussi un exemple à donner. Que ce soit dans leurs prises de parole en public comme sur les réseaux sociaux. Une référence directe au comportement ''douteux'' du député Roy Reding (ADR). 

Opposant déclaré à la vaccination anti-covid, refusant le port du masque et estimant que les non-vaccinés étaient victimes d'exclusion, il a appelé à la résistance face à cette politique covid du gouvernement. Un propos émis sur le réseau Telegram qu'a reproduit un journaliste dans son journal. Non seulement, le parlementaire a commenté l'article comme un «discours de la Gestapo» mais il a aussi diffusé les coordonnées téléphoniques du représentant de la presse au grand public. De quoi valoir au rédacteur une volée de messages haineux. Effectivement, il peut y avoir mieux comme attitude de sagesse dans des temps aussi agités.

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