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Bettel défend la suppression de deux aides
Luxembourg 4 min. 14.10.2014 Cet article est archivé
Politique de la famille

Bettel défend la suppression de deux aides

Le Premier ministre, Xavier Bettel, présentant les grandes orientations politiques du gouvernement devant les députés, le 14 octobre
Politique de la famille

Bettel défend la suppression de deux aides

Le Premier ministre, Xavier Bettel, présentant les grandes orientations politiques du gouvernement devant les députés, le 14 octobre
Photo: Serge Waldbillig
Luxembourg 4 min. 14.10.2014 Cet article est archivé
Politique de la famille

Bettel défend la suppression de deux aides

Le Premier ministre a confirmé la suppression des allocations d'éducation et de maternité, estimant qu'elles vont à l'encontre de l'autonomie des femmes et de leur insertion dans le monde du travail.

(DN) - Le Premier ministre a confirmé la suppression des allocations d'éducation et de maternité, estimant qu'elles vont à l'encontre de l'autonomie des femmes et de leur insertion dans le monde du travail.

Xavier Bettel entend mettre sur pied une nouvelle politique de la famille, « qui fasse plus de sens, qui soit mieux ciblée et plus proche de la réalité ».

M. Bettel s'est défendu de définir une telle politique en fonction de l'argent qu'elle permettrait d'épargner à l'Etat. Il milite au contraire pour une politique efficace à destination des familles et en particulier des enfants.

De ce point de vue, son gouvernement refuse qu'un « risque de pauvreté extrêmement élevé » existe pour chaque parent. « La réalité, c'est qu'aujourd'hui plus d'un mariage sur deux se conclut par un divorce », a-t-il souligné.

Or, la moitié des ménages monoparentaux dispose de revenus qui se situent sous le seuil de pauvreté et près de 90% des familles monoparentales sont constitués de femmes.

20% des femmes qui élèvent seules leur(s) enfant(s) doivent s'en sortir avec le RMG. « Elles et leurs enfants vivent en permanence avec le risque de tomber dans la pauvreté », s'est ému le Premier ministre.

En faveur de la logique du congé parental

Ce dernier a dressé un comparatif entre l'allocation d'éducation, « dispensée pendant quelque vingt mois, peu élevée et limitée dans le temps », et le congé parental, un dispositif bien intégré au monde professionnel.

« Une véritable politique familiale doit offrir des perspectives d'avenir aux gens, aux femmes et avant tout aux enfants », a-t-il déclaré, prenant ainsi exemple sur le congé parental : « Chacun des deux partenaires peut en profiter, leurs droits sociaux ne s'interrompent pas, ni leur carrière. Contrairement à l'allocation d'éducation, le congé parental est garanti dans le monde du travail. C'est pourquoi nous avons décidé d'en finir avec l'allocation d'éducation et de maternité. Le congé parental demeure. »

L'allocation d’éducation est perçue par la femme qui donne naissance à un enfant et qui reste chez elle pour s'occuper du bébé, pendant 21 mois. Elle concerne aussi les familles qui se situent sous un certain seuil de revenus. Son montant est de 485 euros par mois. Une femme y a le droit après le congé de maternité jusqu'aux deux ans de l'enfant. A la seule condition... de renoncer au congé parental.

L'allocation de maternité, de l'ordre de 194 euros par semaine, est versée aux femmes qui ne travaillent pas, pendant huit semaines avant et après la naissance de l'enfant.

Ces deux mesures ne seront plus en vigueur pour les enfants nés à partir de 2015.

« Il est vrai que cela permet d'économiser quelque 75 millions d'euros sur le budget de l'Etat. Ce n'est pas une mesure isolée, mais fait partie intégrante de la politique familiale », a justifié le Premier ministre.

Le gouvernement entend renforcer l'indépendance financière de ces femmes. Le RMG sera remanié de telle sorte à mieux s'attaquer à la situation précaire des familles monoparentales.

« De nombreuses jeunes femmes restent à la maison avec le RMG parce qu'elles n'ont pas d'autre choix. Pour les sortir de la précarité, leur offrir de nouvelles perspectives, ces femmes doivent pouvoir aller travailler – c'est le chemin à trouver pour les sortir de la précarité. Le problème lors d'un divorce, c'est quasi toujours la dépendance de la femme, la situation financière et l'organisation à trouver avec l'enfant, lorsqu'elle se retrouve seule », a estimé M. Bettel, encourageant à aménager les conditions d'une « vie qu'elles puissent organiser avec leur propre argent et de leur propre arbitre ».

M. Bettel s'en est par ailleurs référé au porte-parole de Caritas, qui a récemment dressé un constat similaire : selon ce dernier, il ferait « sens aujourd'hui qu'une femme construise son avenir avec à l'esprit le développement de sa carrière et, à terme, ce que sa pension lui offrira, plutôt que d'obtenir de l'argent de l'Etat dans le but de rester à la maison ».

C'est dans ce sens d'ailleurs que M. Bettel a rappelé sa proposition de rendre la garde d'enfants de un à trois ans gratuite, pendant les heures d'ouverture de l'école publique. Le gouvernement entend de même réduire les coûts de cette garde que les jeunes parents règlent aujourd'hui par le biais de chèques services.


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