Changer d'édition

Bâtiment Monnet: 1.900 employés de la Commission bientôt "dispersés"
Luxembourg 3 min. 19.02.2014

Bâtiment Monnet: 1.900 employés de la Commission bientôt "dispersés"

Bâtiment Monnet: 1.900 employés de la Commission bientôt "dispersés"

Photo: Maurice Fick
Luxembourg 3 min. 19.02.2014

Bâtiment Monnet: 1.900 employés de la Commission bientôt "dispersés"

L'annonce soudaine d'un départ d'ici fin 2014 inquiètent les 1.900 fonctionnaires logés dans le bâtiment Jean Monnet au Kirchberg. Rester coûtera trop cher à l'avenir mais il n'y a pas de risque pour la santé, assure-t-on à Bruxelles qui a "décidé de disperser le personnel dans des bâtiments plus appropriés".

Les près de 1.900 fonctionnaires et agents de la fonction publique européenne qui travaillent dans le bâtiment Jean Monnet à Luxembourg-Kirchberg devront tous être relogés ailleurs avant décembre. Mais personne ne sait encore où.

Tous les employés du Jean Monnet savent depuis belle lurette que le bâtiment livré en 1975 est en fin de vie mais tous ont été surpris par l'annonce subite, le 13 février, de la décision du vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic, de ne pas renouveler le contrat de bail avec l'Etat luxembourgeois qui arrive à échéance en décembre 2014.

"Nous aurions dû quitter ce bâtiment dès 2005. On a presque dix ans de retard! Ce type de bâtiment est prévu pour durer 25 ans, exceptionnellement 30 ans", résume Robert Klar, président du comité du personnel de la Commission à Luxembourg. Avant de rappeler que "les grands débats à ce sujet avaient été portés avant l'an 2000" et que "plusieurs services avaient même déjà été déplacés ailleurs" dans cette optique.

Alors pourquoi faut-il quitter les lieux maintenant? D'autant qu'un tout nouveau Jean Monnet 2 doit être livré en 2020. Le bâtiment s'est-il dégradé à ce point? L'administration a-t-elle caché un problème lié à  l'amiante? Des questions soulevées par l'Union syndicale Luxembourg lors d'une réunion extraordinaire organisée ce lundi en présence d'un responsable des Ressources humaines.

Le bâtiment a beau être truffé de détecteurs qui surveillent en permanence la qualité de l'air, la crainte d'une contamination à l'amiante a été nourrie par des incidents, dans le passé. Il est arrivé que "des ouvriers percent des trous dans des volumes contenant de l'amiante et que des fibres soient libérées dans l'air", raconte  Francisco Fernandez Fernandez, vice-président du comité local du personnel. C'est arrivé fin 2013 dans les locaux de l'imprimerie de la Commission "qui a été fermée plusieurs semaines pour être désamiantée", assure Robert Klar.

Mais "il n'y a pas de risque pour la santé. Nous avons pris toutes les mesures nécessaires pour protéger le personnel", assure clairement mardi Antonio Gravili, porte-parole de la Commission à Bruxelles, comme l'a fait la veille le responsable des Ressources humaines devant le personnel à Luxembourg.

"Le personnel va déménager au fur et à mesure"

La raison est financière. "Avec tous les problèmes que nous rencontrons dans le bâtiment devenu trop vieux (problèmes électriques, de fuites d'eau, de chauffage, etc.) et qui risquent de coûter très cher cela n'avait aucun sens de négocier un nouveau bail", résume Antonio Gravili.

A quoi l'Union syndicale Luxembourg -qui cherche toujours à comprendre les "vraies raisons" de cette décision-  rétorque que "l'arrivée sur le marché d'une telle demande risque de pousser fortement le marché immobilier local à la hausse et générer des surcoûts énormes" pour la Commission car "il n'y a de loin pas d'espace disponible à Luxembourg pour 1.900 employés".

"C'est clair!" atteste le porte-parole de la Commission à Bruxelles pour qui il est tout aussi clair qu'"il faut remplacer le bâtiment Jean Monnet par plusieurs bâtiments. Lesquels? Et quand?...On verra".

Fait est qu'à Bruxelles "on a décidé de disperser le personnel dans des bâtiments appropriés. Une étude de marché est en cours mais les recherches ne viennent que de commencer. Le personnel va déménager au fur et à mesure". A Luxembourg?

Maurice Fick